Posté le: 09/07/2011 17:32 par cbcompta Sujet du message: Attention au thermomètre ! |
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En ignorant l’avertissement de Moody’s sur la dette Portugaise, et en décidant de continuer d’en acheter, la BCE se comporte comme un fonds spéculatif. Cette réaction, éminemment politique, doit inspirer beaucoup de méfiance aux investisseurs, et particulièrement aux petits épargnants qui ne sont pas bien informés de la situation réelle des finances publiques. En deux mots, Moody’s vient de classer la dette Portugaise au niveau spéculatif, équivalant à « dette pourrie ». Elle a de même dégradé les banques du pays.
L’UE emboîte le pas de la BCE et veut sanctionner les agences pour avoir fait leur travail correctement. En effet, les années précédant le début de la crise financière, les agences ont eu tendance à ignorer les risques qui pesaient sur la dette souveraine, avec pour conséquence que les États se sont endettés à bon compte, bénéficiant d'une notation surévaluée. Les agences prenant acte de leurs carences ont décidé de coller au plus près de la réalité, sous l’œil réprobateur des gouvernements qui voient désormais les inconvénients d’un ajustement plus réaliste de la note. Les critiques qui émanent de ces gouvernements n’expriment rien de plus que la volonté de casser le thermomètre. Certes, ces ajustements tombent mal, alors que certains États se débattent dans un entrelacs de difficultés inextricables, mais faut-il désinformer les investisseurs sur la crise de solvabilité auquel est confronté un État ? C'est justement le travail de ces agences que d'alerter sur l'incapacité des États à faire face à leurs obligations, et c'est ce que fait Moody's. On aurait donc tort d’être contre Moody’s, à moins que l’on n’ait aucune épargne et que l’on se moque de la santé des finances publiques.
Quel est le problème pour l’épargnant, et particulièrement celui qui détient une assurance-vie ? C’est que bien souvent il ignore que dans son assurance-vie, il y a de la dette Grecque, Portugaise, Irlandaise, Espagnole, etc. Et que ces dettes sont pour une bonne part « pourries » ou pas loin de l’être. La Grèce ne remboursera jamais, et les autres prennent le même chemin.
Peut-on croire aujourd’hui que l’AV est un placement sûr lorsqu’elle regorge de dettes souveraines et que les finances publiques battent de l’aile ?
Un grand gestionnaire parisien vient d’annoncer qu’il n’achètera plus que de la dette Allemande. Pourquoi le particulier devrait accepter certaines dettes dans son fonds en Euros si les grands investisseurs n’en veulent plus parce qu’elles ne sont pas sûres ?
Il est particulièrement injuste de demander aux plus modestes de faire ce sacrifice, au motif qu’il faudrait sauver les banques et les assureurs. S’ils ont commis des erreurs, c’est leur problème, et l’épargnant ne devrait pas avoir à en faire les frais, d’autant qu’il est déjà mis à contribution en tant que contribuable, ce qui revient à le faire payer deux fois. En conséquence, le premier conseil que l’on devrait donner à tout détenteur d’un fonds en Euros, et d’aller regarder le reporting du fonds, pour voir s’il y a de la dette douteuse, et d’agir dans son intérêt propre si tel est le cas. Mais il faut dire que la gestion de certains fonds est encore bien opaque, il est parfois difficile de savoir ce qu’il y a dans ces fonds. Alors dans le doute, et parce que l’opacité cache toujours quelque chose de malsain, le mieux est encore de prendre ses dispositions pour mettre son épargne en sécurité, dans une assurance –vie, oui, mais pas n’importe laquelle.
La prudence est d’éviter soigneusement les fonds en Euros qui détiennent de la dette Grecque, Portugaise, Irlandaise, Espagnole, Italienne …
On peut, dans la même veine, inciter à une grande prudence vis-à-vis des produits bancaires, car ceux-ci détiennent beaucoup de ces dettes pourries dans leur portefeuille, et qu’ils sont certainement animés du désir de s’en débarrasser auprès de leur clientèle, en les diluant dans des produits « maison », créés à cet effet. |
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