Assurance-vie 2017 : des provisions impressionantes sur les fonds euros les plus moribonds

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Les fonds en euros les plus largement choisis par les épargnants sont les plus mauvais du marché. Ces premiers servent des rendements en bas de classement d’année en année. Le paradoxe est que ces piètres placements sont ceux qui ont effectué le plus de provisions financières, qu’ils ne pourront pas distribuer, les autorités de contrôle veillent.

Contrats d’assurance-vie vendus par les banques, les pires du marché

Ce n’est un secret pour personne. Plus les épargnants sont nombreux à choisir le même placement, plus le rendement s’écroule, dès lors que les conditions de marché ne sont plus favorables. Et cela fait maintenant quelques années que la situation se dégrade...

Les contrats les plus souscrits sont de fait les contrats vendus par les banques. Ces dernières étant les mieux placées, au contact de leurs clients. Ces contrats sont principalement assurés par CNP (Caisse d’épargne, Banque Postale), Predica (Crédit Agricole, LCL) ou encore Cardif Vie (Bnp Paribas).

Des provisions pour participation aux bénéfices importants

Les provisions pour participation aux bénéfices sont impressionnantes, compte-tenu de la faiblesse des rendements servis. Un point qui devrait agacer un peu plus les épargnants... UFC que Choisir se fait ainsi l’écho des chiffres avancés par la société Good Value for Money en la matière, dans sa dernière lettre d’information.

Les PPB (Provisions pour Participation aux Bénéfices) sont des réserves financières alimentées par les surplus de bénéfices financiers engrangés lorsque les marchés sont bien orientés et redistribuées aux assurés dans les huit années qui suivent leur constitution. Les provisions pour participation aux bénéfices représentaient fin 2015 l’équivalent de 2,62 % de rendement mis en réserve. Soit, en d’autres termes, 2,62 % des encours sous gestion.

La raison du « saut », non pas à 2,40 % de PPB fin 2015, mais à 2,62 % est simplement due aux
très fortes dotations réalisées par les « poids lourds » du secteur en termes d’encours :

  • Prédica (199 Md€ d’encours en euros fin 2015) a désormais une PPB de 5,39 M€ fin
    2015, en croissance de + 2,36 Md€ par rapport à fin 2014.
  • CNP Assurances (254 Md€ d’encours en euros fin 2015) a désormais une PPB de 7,24
    Md€ fin 2015, en croissance de + 1,45 Md€ par rapport à fin 2014.
  • Cardif Vie (90 Md€ d’encours en euros fin 2015) a désormais une PPB de 2,67 Md€ fin
    2015, en croissance de + 0,62 Md€ par rapport à fin 2014.

(source chiffrée : Good Value for Money)

La progression est nettement moins spectaculaire pour la réserve de capitalisation : 1,23 % de réserve de rendement fin 2015, contre 1,17 % quatre ans plus tôt. Elle est en revanche bien marquée pour les plus-values latentes immobilières (15,4 milliards d’euros enregistrés fin 2015, soit une réserve de rendement de 1,17 % en hausse de 19 % par rapport à 2012) et les plus-values latentes actions (27,7 milliards d’euros, soit un taux de 2,10 % contre… 0,30 % en 2012).

« Si l’on cumule ces quatre postes, on constate que depuis 2012, les provisions globales des assureurs ont pratiquement doublé, passant de 3,87 % à 7,1 % de réserve de rendement », conclut Cyrille Chartier-Kastler.

Des provisions qui ne pourront pas être utilisées...

Avoir des provisions c’est bien, les conserver, c’est essentiel. Voici le point de vue des autorités de contrôle. Les assureurs ne sont donc pas incité à puiser dans leurs provisions, bien au contraire. L’ACPR a affirmé à multiples reprises veiller à ce que les assureurs jouent la carte de la pérennité. Les dernières mesures prises dans le cadre de la loi sapin II permet notamment d’intervenir sur les rendements servis sur les fonds en euros. Le paradoxe étant que tout cela est pour la protection des épargnants... Difficile à croire.

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