Stripe se met au crédit

Publié le  à 22 h 12

Stripe Capital
Le motif devient récurrent dans le secteur des paiements (et au-delà) : à l’instar de PayPal, Square, Amazon…, Stripe capitalise désormais sur sa connaissance intime des entreprises qui recourent à ses services pour leur offrir les solutions de crédit qu’elles ont fréquemment des difficultés à obtenir auprès des institutions financières.
Comme s’il s’agissait d’une évolution naturelle de l’activité d’origine de la startup, Stripe Capital reprend à l’identique les principes développés par ses aînées depuis plusieurs années : les commerçants utilisant son module d’encaissement en ligne, directement ou non (via des places de marché, notamment), peuvent solliciter une avance de trésorerie (généralement de l’ordre de 10 000 à 20 000 dollars), obtenir une réponse en quelques secondes et, le cas échéant, recevoir les fonds sur leur compte dans les 24 heures.
La décision d’accorder le prêt, ainsi que ses conditions (montant maximal et coût), repose entièrement sur une analyse des ventes du demandeur, déterminées à partir de ses rentrées financières. En outre, il n’est pas question d’échéance, d’intérêts ou encore de pénalités de retard : seule est facturée une commission fixe (de l’ordre de 10% dans les exemples donnés) et les remboursements sont prélevés directement sur les flux quotidiens, sur la base d’une fraction prédéterminée de ces derniers.
Entre besoins non ou mal satisfaits, opportunité commerciale et capacité technologique, une telle intrusion des spécialistes des paiements dans le crédit aux PME n’a rien d’étonnant. Du côté des entreprises, ce sont non seulement les réticences des banques mais également la lourdeur de leurs démarches administratives qui constituent des frictions majeures dans leur quotidien et une menace permanente pour leur survie.


Stripe Capital


Du point de vue de Stripe (comme de ses pairs), il est tentant d’apporter des réponses à ces inefficacités flagrantes. En effet, elles représentent pour lui à la fois une occasion de diversifier ses sources de revenus et un moyen de fidéliser ses clients existants. Et, finalement, l’exercice n’est pas si difficile pour un acteur technologique qui a accumulé de puissantes compétences analytiques et d’intelligence artificielle, mises en œuvre, jusqu’à maintenant, principalement dans le domaine de la lutte contre la fraude.
Les établissements de crédit traditionnels devraient sérieusement prendre garde à cette concurrence émergente, d’autant plus qu’elle va certainement se sophistiquer au fil du temps. Il est, par exemple, facile d’imaginer une évolution des facultés prédictives des algorithmes développés (déjà entamée par Square), grâce à laquelle les entreprises se verraient spontanément suggérer d’emprunter au moment opportun (selon leur stratégie, leurs projets, leur environnement…), sans avoir à lever le petit doigt.
La situation ne manque pas d’ironie… car, qui, mieux que les banques, est en mesure (théoriquement) de connaître ses clients, à travers une relation commerciale élargie et l’accès à des données bien plus riches que celles qu’exploitent les nouveaux entrants, et, par conséquent, de leur proposer les solutions optimales pour leurs besoins ? Si elles persistent à ne pas aligner leurs pratiques sur l’état de l’art, elles ne devront pas s’étonner de perdre la confiance des entreprises qu’elles auront de la sorte abandonnées.

Voir en ligne : http://cestpasmonidee.blogspot.com/...

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