Démission de François Hollande : la fête de son 60ième anniversaire ravive le spectre d’une démission

La droite française fantasme sur l’idée d’une démission de François Hollande, le président le plus impopulaire de la Ve République confronté à des difficultés économiques qui devraient apparaître jeudi dans toute leur ampleur.

lundi 11 août 2014, par FranceTransactions.com (avec Reuters)

Le Figaro publie cet été une série de politique-fiction intitulée "Hollande s’en va" qui raconte comment le chef de l’Etat quittera l’Elysée 18 mois avant la fin de son mandat.

Lundi, la septième livraison évoque ce jour de décembre 2015 où François Hollande passe le relais à Jean-Pierre Raffarin, président du Sénat passé à droite aux élections de septembre 2014, pour un intérim en attendant le scrutin présidentiel qui, dans cette fiction, aura lieu en janvier et février 2016. Le quotidien y décrit un homme qui est loin d’avoir perdu son sens de l’humour -* il plaisante en donnant à son éphémère successeur le code de l’arme nucléaire qui n’est autre que sa propre date de naissance -* mais qui juge la situation trop "catastrophique" pour qu’il puisse la redresser.

Chômage en hausse, croissance en berne, dette record, manifestations en tous genres, majorité déchirée entre réformistes et aile gauche, situation pré-révolutionnaire : "Je n’ai pas été bon, et puis c’est tout", lui fait dire Le Figaro. Dans la vie réelle, les prévisions de croissance qui seront publiés jeudi risquent d’apporter de l’eau au moulin de cette fiction.

LA FICTION BIENTÔT RÉALITÉ ?

Le Premier ministre, Manuel Valls, a préparé le terrain à de mauvaises nouvelles lors de la dernière réunion du gouvernement le 1er août en promettant, très sombre, de dire "la vérité aux Français", à savoir que la France ne devrait pas tenir sa promesse de ramener les déficits sous la barre des 3% du PIB en 2015 et que de nouvelles réformes seront indispensables. "Beaucoup de gens n’y croient plus", a d’ailleurs reconnu le chef de l’Etat le 21 juillet devant la presse présidentielle, dans un accès de pessimisme inédit depuis son élection. Dans un sondage Ifop pour Marianne publié le 31 juillet, Marine Le Pen est en effet donnée en tête du premier tour de l’élection présidentielle de 2017 et le candidat socialiste, quel qu’il soit, ne serait pas au second tour. Si François Hollande se représentait, la dirigeante du Front national remporterait 26% des suffrages, contre 25% pour Nicolas Sarkozy et 17% à peine pour l’actuel président. Pour une partie de la classe politique française, la fiction du Figaro pourrait -* ou devrait -* devenir réalité.

Marine Le Pen martèle à chacune de ses interventions sa demande d’une dissolution de l’Assemblée nationale qui, dans les conditions actuelles, entraînerait le retour de la droite au pouvoir. François Hollande serait alors confronté au choix entre cohabiter avec un Premier ministre de droite ou s’en aller.

Le président du MoDem, François Bayrou, "troisième homme" de la présidentielle de 2012, avait déjà estimé le 28 mai sur BFM TV qu’il s’agissait de la seule issue.

"François Hollande n’ira pas au bout de son mandat. Il va y avoir un coup de foudre d’ici là. On ne peut pas durer trois ans dans la situation où on se trouve", avait-il dit.

Le député UMP Georges Fenech avait jugé dès janvier dernier que la question de sa démission devait "être posée" et le président du conseil national de l’UDI, Hervé Morin, avait été parmi les premiers à sortir l’artillerie lourde.

"La vraie question, s’il voulait rendre service à son pays, c’est qu’il parte", avait dit l’ancien ministre centriste de la Défense dès novembre 2013, un souhait réitéré en mai dernier, après la déroute du Parti socialiste aux européennes.

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