Trafic d’influence : 3 ans ferme requis contre l’ex-sénateur Joseph Castelli

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C’est de ces comportements que meurt la démocratie : le procureur a requis mardi à Bastia 4 ans de prison dont un avec sursis contre l’ex-sénateur PRG Joseph Castelli, soupçonné d’avoir octroyé des marchés publics à des entrepreneurs contre la réalisation de travaux dans sa villa.

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Trafic d’influence : 3 ans ferme requis contre l’ex-sénateur Joseph Castelli

"Un parfum entêtant de corruption systémique" plane sur ce dossier, a estimé le procureur de Bastia Arnaud Viornery, qui a également requis 200.000 euros d’amende contre l’ex-sénateur de Haute-Corse, 72 ans, et la saisie de la ville au cœur de l’affaire.

Poursuivi devant le tribunal correctionnel de Bastia pour trafic d’influence passif, recel de biens provenant d’un délit, blanchiment aggravé et faux en écriture, M. Castelli —qui nie les faits qui lui sont reprochés— a bénéficié de "subventions aimables d’entrepreneurs" pour près de "200.000 euros" pour compléter le financement de sa villa "via des faussesfactures", a tancé le magistrat. "On soupçonne que ce financement ait été fait en échange d’attribution de marchés publics par M. Castelli" estimés à 10 millions d’euros, avait indiqué lundi le président du tribunal correctionnel de Bastia, Jean-Bastien Risson. Cependant, pour le procureur, seul le marché public de la médiathèque de Folelli, pour un montant de 1,7 million d’euros, peut être retenu pour les poursuites.

Pacte de corruption

Sur l’existence d’un "pacte de corruption" dans l’attribution de ce marché, le tribunal a "tous les éléments pour condamner M. Castelli", aassuré M. Viornery. Il a également assuré que les accusations de faux en écriture étaient "parfaitement établies" mais a demandé au tribunal de relaxer M. Castelli pour le blanchiment de fraude fiscale.

Pour le procureur, la mécanique des malversations est claire : une société gérée par un entrepreneur décédé et jamais entendu dans l’enquête était en charge de la construction de la villa de M. Castelli. Des factures lui ont été réglées par trois autres sociétés pour des travaux fictifs de sous-traitance sur d’autre chantiers, et ces sommes finançaient des travaux sur la villa de l’ex-sénateur. En échange, ces entreprises obtenaient ensuite des marchés publics octroyés par M. Castelli. Aux yeux du procureur, M. Castelli devait, en tant qu’élu, "incarner une stricte probité" et a trahi ses électeurs : "C’est de ces comportements que meurt la démocratie".

"Je n’ai jamais perdu une élection. Je me demande ce que je fais dans cette galère. Si j’étais si pourri que ça, vous pensez que ces gens-là ne s’en seraient pas rendus compte", avait assuré lundi M. Castelli. A l’encontre des trois entrepreneurs jugés aux côtés de M. Castelli —dont un avait reconnu les faits de corruption—, le procureur a requis des peines allant jusqu’à deux ans de prison et 200.000 euros d’amende. Tous les avocats de la défense de l’ex-sénateur et des trois entrepreneurs devaient plaider la relaxe pour leurs clients.

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