Crédit immobilier : les défauts de paiement pourraient exploser dès début 2021

Hausse attendue en 2021 des défauts de paiement sur les crédtis immobiliers © FranceTransactions.com/stock.adobe.com
Sans surprise, avec la crise et une forte progression du chômage, les banques s’attendent à une forte augmentation des impayés des mensualités des crédits immobiliers en 2021. Les banques ont provisionné des montants colossaux pour tenter de parer cette vague de défauts de paiement, et ainsi, préserver leur solvabilité.

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Le coût du risque de crédit explose pour les banques

Des provisions pour défauts de paiements en hausse de +40% à +80% par rapport à 2019, selon les banques. Cela fait déjà 3 trimestres que les banques accumulent des millions d’euros de provisions afin de parer aux défauts de paiements attendus, dès 2021. Chez BNP Paribas, le montant mis de côté est de 1,245 milliard d’euros. Et les provisions devraient encore croître au 4e trimestre 2020, devant l’ampleur de la crise économique qui se profile pour 2021.

Peu d’impayés à ce jour

À ce jour, le taux d’impayés des particuliers n’a pas véritablement augmenté, d’après plusieurs sources bancaires. Nombre d’emprunteurs ont d’ores et déjà pris contact avec leur banque afin d’activer une solution de report d’une partie de leur mensualité, quand l’offre de prêt le permet. Tout semble donc être géré pour le moment. Mais les banquiers s’attendent à une vague d’impayés à partir du second trimestre 2021, l’explosion du chômage en ligne de mire. La fin des conditions d’application du chômage partiel, reportées jusqu’à la fin 2020, sera un facteur accélérateur du mouvement. Le principal facteur de surendettement des Français reste le chômage.

Les Français deviennent surendettés, souvent, dès leur perte d’emploi

Les Français se sont pas des dépensiers insouciants. Ils deviennent surendettés lors de faits majeurs de la vie : séparation et essentiellement perte de leur emploi. Peu d’emprunteurs optent pour des assurances perte d’emploi avec leur crédit immobilier, à juste titre. Ces assurances sont hors de prix et sont truffées de clauses peu enclines à sauver l’emprunteur durant plusieurs années. Avec la crise, et une potentielle baisse des prix de l’immobilier, ce serait donc la double peine pour ces emprunteurs. Parfois, la meilleure des solutions étant de redevenir locataire, en attendant meilleure fortune. Mais la baisse attendue des prix de l’immobilier pourrait rapidement condamner cette option. Peu d’acheteurs, ou à de tels prix, que la perte serait colossale, et ne permettrait pas de rembourser le capital restant. Une situation noire à laquelle il convient d’échapper rapidement. Rencontrer son banquier, le plus tôt possible, est impératif. Ne laissez jamais votre situation financière devenir intenable avant d’alerter votre banquier. Il a tout intérêt à ce que tout se passe bien.

Prix de l’immobilier

Selon vous, les prix de l’immobilier devraient...

Baisser fortement (baisse au-delà de -5%)44.45
Baisser légèrement (entre -2% et -5%)19.25
Rester stable ou presque (entre 0% et -2%)19.04
Augmenter de nouveau légèrement (jusqu’à +2%)9.32
Grimper de nouveau en flèche (+ de 2%)3.25
Je n’ai aucun avis, aucune anticipation4.68
Sondage en ligne effectué du 14 octobre 2020 au 30 juillet 2021, 2306 réponses exprimées.

Dossier de surendettement, cela ne résout pas grand chose...

Déposer un dossier de surendettement ne permet pas de faire rembourser votre crédit à votre place. Cela vous permet tout de même d’obtenir un sursis de deux années afin de rembourser votre dette, en évitant, durant cette période, que votre bien immobilier, mis en garantie, ne soit saisi.

En attendant, les banques réduisent les octrois de crédits immobiliers

En septembre et octobre, le taux de refus des dossiers de crédit immobilier (part des dossiers de crédit envoyée aux banques qui n’obtient aucun accord de crédit) a continué à augmenter, mais dans une moindre mesure. Sur 2 mois, il atteint 15 % des dossiers, portant ainsi le taux de refus sur l’ensemble de l’année 2020, à 11,5 % des dossiers, contre 10,7 % à fin aout. Pour rappel, en 2019, le taux de refus était de 5,5 %.

PériodesTaux de refus par les banques des dossiers de prêts
septembre/octobre 2020
15.0%
août 2020
10.7%
juin 2020
9.8%
mai 2020
6.6%
Moyenne en 2019
5.5%
Source VousFinancer

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