Déficit budgétaire : Il faut sabrer d’urgence dans les dépenses publiques !

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Pour réduire le déficit, augmenter les impôts est une piste, mais réduire les dépenses publiques pourrait en être une autre, bien plus efficace pour préserver l’économie. Mais ce n’est pas chose facile...

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A trop vouloir jouer la réduction du déficit sur les hausses d’impôts, l’économie française pourrait sombrer plus rapidement que prévu. Si les économistes ont depuis longtemps tiré le signal d’alarme, de son côté, le Medef réagit également vigoureusement : "il faut sabrer d’urgence dans les dépenses".

Sabrer d’urgence les dépenses de l’Etat

Le Medef a appelé mardi le gouvernement à tailler dans les dépenses publiques plus fermement qu’annoncé dans le projet de budget 2013, faisant part de son "effroi" face aux risques pour la compétitivité et la réindustrialisation.

"Nous regardons ce qui est envisagé avec effroi", a lancé la présidente de la plus grande organisation patronale de France, Laurence Parisot, ajoutant : "nous estimons qu’en agissant ainsi, le gouvernement prend le risque de créer un choc de non compétitivité".

En annonçant 20 milliards de hausses d’impôts supplémentaires répartis à égalité entre entreprises et ménages pour 2013 et en confirmant un effort de 10 milliards sur les dépenses publiques, l’exécutif ne s’attaque "toujours pas au cœur du problème", a-t-elle estimé lors de sa conférence de presse mensuelle.

Le projet de budget doit être présenté le 28 septembre.

Tout en jugeant "essentiel pour la crédibilité de la France sur les marchés" d’atteindre l’objectif affiché par Paris d’un déficit public réduit à 3% du produit intérieur brut fin 2013, Mme Parisot a estimé qu’il y avait "plusieurs façons d’atteindre un tel objectif".

Pour elle, il conviendrait de présenter un budget qui "réduise deux fois plus la dépense publique qu’il n’augmente les impôts : c’est le choix de la plupart des pays confrontés à des difficultés budgétaires".

Présidente du MEDEF, Laurence Parisot
Présidente du MEDEF, Laurence Parisot © stock.adobe.com

"Nous craignons que les agents économiques que sont à la fois les ménages et les entreprises adoptent des comportements dès la présentation du budget, des comportements qui ne seront pas favorables à la consommation et à l’investissement et donc à la stimulation de la croissance", a-t-elle déclaré.

Le gouvernement a décidé de procéder en deux tempset envisage ultérieurement une loi de finances rectificative porteuse de mesures en faveur de la compétitivité des entreprises et fondée sur un rapport du commissaire général à l’investissement Louis Gallois attendu en octobre.

Mais, avertit Mme Parisot, "ce qui se prépare dans la foulée de la mission Gallois peut arriver trop tard". "Nous pensons qu’il est encore temps de résoudre ce qui apparaît aujourd’hui comme manquant de cohérence", a-t-elle enchaîné, alors que le projet de budget doit être présenté dans dix jours.

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault avait promis le 11 septembre de présenter d’ici la fin de l’année des propositions donnant lieu à un "vrai choc de compétitivité" après la remise du rapport Gallois.

François Hollande avait promis avant l’élection présidentielle de limiter à 1,1% en volume, c’est-à-dire à prix constants, la progression des dépenses publiques dans leur globalité (Etat, collectivités locales et sécurité sociale), face à une hausse tendancielle annuelle de 2%.

"Je ne dis pas que le gouvernement est anti-entreprises", s’est expliquée Mme Parisot. "Nous constatons que le gouvernement nous écoute", a-t-elle concédé, dans une allusion notamment au maintien du dispositif permettant de réduire son impôt de solidarité sur la fortune (ISF) en cas d’investissement dans une PME ou de la réduction plutôt que l’élimination pour les entreprises de la possibilité de déduire leurs intérêts d’emprunt pour réduire leur impôt.

"Mais il reste des points qui sont totalement effrayants et c’est l’équilibre général que nous regardons avec effroi", a-t-elle insisté, ajoutant : "ce travail sur les dépenses publiques, il est fondamental".

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