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Retraites • Publié le

Loi de finances 2027 : les pensions de retraite supérieures à 1 260 euros ne seront plus pleinement indexées

Les retraités pourraient être directement mis à contribution dans le cadre du budget 2027.
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Le gouvernement cherche à réaliser 54 milliards d’économies. L’indexation partielle sur l’inflation des pensions de retraite serait une source d’économies. Détails.

Budget 2027 : les pensions de retraite supérieures à 1 260 euros dans le viseur de la sous-indexation

Les retraités pourraient être directement mis à contribution dans le cadre du budget 2027. Présentés ce jeudi 1er octobre, le projet de loi de finances (PLF) et le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) prévoient de limiter la revalorisation de certaines pensions de retraite. Selon les éléments présentés par le gouvernement et rapportés par France Télévisions, seules les pensions inférieures ou égales à 85 % du Smic, soit 1 260 euros, conserveraient une indexation intégrale sur l’inflation. Au-delà de ce seuil, les pensions seraient sous-indexées ou désindexées selon les modalités finalement retenues. Le gouvernement chiffre à 4,1 milliards d’euros l’économie recherchée grâce à cette mesure. À ce stade, il s’agit bien d’une proposition budgétaire : le PLFSS 2027 doit encore être examiné et éventuellement modifié par le Parlement cet automne. L’Assemblée nationale a déjà désigné ses rapporteurs pour l’examen du texte, dont Sandrine Runel pour la branche vieillesse. Assemblée nationale

1 260 euros : le seuil à retenir

Le mécanisme présenté rompt avec une sous-indexation uniforme de toutes les pensions. Le gouvernement entend préserver l’indexation complète des pensions jusqu’à 85 % du Smic, soit 1 260 euros selon les chiffres communiqués lors de la présentation du budget. Les pensions dépassant ce niveau ne bénéficieraient plus intégralement de la hausse correspondant à l’inflation. Le détail du mécanisme sera déterminant : une pension de 1 261 euros sera-t-elle sous-indexée dans son intégralité ou seulement pour sa fraction dépassant 1 260 euros ? Quel coefficient de revalorisation sera appliqué ? Les éléments communiqués dans l’actualité fournie ne permettent pas encore de trancher précisément ces questions. Il faudra donc regarder la rédaction du PLFSS et son évolution parlementaire avant de calculer la perte exacte pour chaque retraité.

Pourquoi les pensions sont-elles normalement revalorisées ?

La revalorisation des retraites vise à éviter que l’inflation ne réduise progressivement le pouvoir d’achat des pensions. Une pension de 2 000 euros conservée au même montant alors que les prix augmentent de 2 % permet mécaniquement d’acheter moins de biens et de services l’année suivante. L’indexation ne constitue donc pas un gain de pouvoir d’achat : elle vise essentiellement à en limiter l’érosion. Sous-indexer une pension revient, à l’inverse, à accepter une diminution de son pouvoir d’achat en euros constants.

Sous-indexation ne signifie pas forcément gel des pensions

La distinction est importante. Une pension peut continuer à augmenter tout en étant sous-indexée. Si l’inflation retenue était par exemple de 2 % et qu’une pension n’était revalorisée que de 1 %, son montant en euros progresserait bien de 1 %, mais son pouvoir d’achat diminuerait d’environ 1 % par rapport à l’évolution générale des prix. Une désindexation complète pourrait quant à elle conduire à une règle différente de l’inflation, voire à un gel selon les modalités retenues. Le texte définitif devra donc être examiné avant de parler d’un gel généralisé des retraites supérieures à 1 260 euros.

4,1 milliards d’euros d’économies attendues

L’enjeu financier est considérable. Selon les éléments communiqués par le gouvernement et repris par France Télévisions, l’exécutif souhaite économiser 5,5 milliards d’euros en freinant la progression mécanique des dépenses de retraite. Sur cette somme, 4,1 milliards proviendraient de la désindexation ou de la sous-indexation des pensions supérieures à 1 260 euros. Cette mesure s’inscrit dans un effort budgétaire beaucoup plus large : le gouvernement affiche 43 milliards d’euros de nouvelles mesures de redressement et 54 milliards d’euros d’efforts au total pour 2027, avec l’objectif annoncé de ramener le déficit public à 5 % du PIB.

Combien pourrait perdre un retraité ?

Tout dépendra évidemment du taux d’inflation retenu et surtout de la formule exacte de sous-indexation. Prenons uniquement un exemple pédagogique, qui ne constitue pas le barème annoncé par le gouvernement. Avec une inflation de 2 %, une pension de 2 000 euros intégralement indexée passerait théoriquement à 2 040 euros par mois. Si sa revalorisation était limitée à 1 %, elle atteindrait 2 020 euros. La différence serait alors de 20 euros par mois, soit 240 euros sur la première année. Et l’effet ne s’arrête pas nécessairement là, puisque les revalorisations ultérieures sont calculées à partir d’une pension devenue plus faible.

La perte peut devenir cumulative

C’est l’une des conséquences les moins visibles de la sous-indexation. Une année de moindre revalorisation crée un écart qui peut persister les années suivantes. Supposons toujours, à titre d’illustration, deux pensions initialement identiques de 2 000 euros. Si l’une bénéficie d’une hausse de 2 % et l’autre de seulement 1 %, elles passent respectivement à 2 040 et 2 020 euros. Si elles sont ensuite toutes deux revalorisées de 2 %, elles atteignent environ 2 080,80 et 2 060,40 euros. L’écart créé la première année n’a donc pas disparu. Une sous-indexation ponctuelle peut ainsi produire un effet durable sur le montant cumulé de retraite perçu.

Les petites retraites seraient préservées

La nouveauté essentielle du dispositif présenté pour 2027 réside précisément dans ce seuil de 1 260 euros. Contrairement à une sous-indexation identique pour tous, le mécanisme annoncé vise à préserver les pensions les moins élevées en maintenant leur indexation sur l’inflation. Il faut cependant attendre le texte détaillé pour savoir comment le seuil sera apprécié : pension de base seule, ensemble des pensions obligatoires, montant brut ou autre référence. Ces détails techniques peuvent changer considérablement le nombre de retraités effectivement concernés.

Attention également à la retraite complémentaire

Il faudra aussi distinguer retraite de base et retraite complémentaire. Les précédents projets de sous-indexation examinés par le Parlement concernaient les régimes obligatoires de base, tandis que les complémentaires conservaient leurs propres règles de revalorisation. Le rapport parlementaire consacré au PLFSS 2026 rappelait explicitement cette distinction. Assemblée nationale Le dispositif annoncé pour 2027 devra donc être lu précisément avant d’en déduire que l’ensemble de la retraite d’un ancien salarié du privé sera soumis à la même règle.

La sous-indexation des retraites était déjà dans les débats budgétaires

L’idée n’est pas nouvelle. Lors des débats budgétaires précédents, le PLFSS 2026 avait envisagé une sous-indexation des pensions de retraite de base à compter de 2027. Le projet initial prévoyait notamment une minoration de 0,4 point par rapport à l’inflation, ensuite portée dans une version du texte à 0,9 point pour 2027. Cette mesure avait été vivement débattue puis supprimée au cours de l’examen parlementaire. Assemblée nationale Le nouveau dispositif présenté pour le budget 2027 reprend donc la question de la maîtrise de la dépense de retraite, mais avec un mécanisme annoncé comme davantage ciblé sur le niveau des pensions.

Pourquoi les retraites représentent-elles un tel enjeu budgétaire ?

Les pensions constituent une dépense suffisamment importante pour qu’une variation même limitée de leur revalorisation produise rapidement plusieurs milliards d’euros d’économies. C’est précisément ce qui rend la mesure budgétairement efficace, mais également très sensible pour les retraités concernés. Le débat oppose traditionnellement plusieurs considérations : maîtrise des comptes sociaux, financement du système de retraite et répartition de l’effort budgétaire d’un côté ; préservation du pouvoir d’achat des retraités de l’autre. Une question écrite publiée à l’Assemblée nationale le 22 septembre 2026 témoignait déjà des inquiétudes concernant une éventuelle désindexation des pensions dans le budget 2027.

Une mesure proposée, pas encore une mesure applicable

C’est probablement le point le plus important à retenir à ce stade. La sous-indexation des pensions supérieures à 1 260 euros figure dans les orientations présentées par le gouvernement pour le budget 2027, mais les textes vont maintenant entrer dans leur phase parlementaire. Députés et sénateurs pourront adopter des amendements, modifier le seuil, changer le mécanisme de revalorisation ou supprimer la mesure. Les débats sur le budget précédent montrent précisément que les dispositions concernant l’indexation des retraites peuvent évoluer sensiblement entre le projet initial et le texte finalement applicable.

Budget 2027 : au-dessus de 1 260 euros, l’inflation pourrait donc coûter davantage aux retraités

Si la mesure était adoptée dans les termes annoncés, deux retraités ne seraient plus nécessairement protégés de la même manière contre l’inflation. Jusqu’à 1 260 euros de pension, la revalorisation suivrait intégralement la hausse des prix. Au-dessus de ce seuil, elle serait moins favorable. L’enjeu dépasse la seule revalorisation de janvier 2027 : toute hausse inférieure à l’inflation réduit le pouvoir d’achat réel et peut créer un retard qui se répercute ensuite sur les pensions futures. Avec 4,1 milliards d’euros d’économies recherchées sur cette seule mesure, le sujet devrait logiquement constituer l’un des points importants des débats sur le PLFSS 2027 cet automne.

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