Retraites : poussée de tension en commission, toujours au ralenti

Remballez vos leçons de démocratie ! : les débats en commission sur la réforme des retraites ont été marqués mercredi soir par une poussée de tension entre les députés Insoumis et la majorité, après des heures de discussions au ralenti.
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Retraites : poussée de tension en commission, toujours au ralenti

Au troisième jour d’examen en commission spéciale, les élus LFI qui portent l’essentiel des milliers d’amendements en discussion —ils en ont déposé quelque 19.000 sur un total de 22.000— ont continué à chercher inlassablement à "dépecer" le texte, selon les termes de Clémentine Autain.

En face des Insoumis présents en nombre, OlivierVéran a notamment souligné qu’ils avaient choisi "l’arme d’obstruction massive", ajoutant : "Nous encaissons sans coup férir depuis maintenant trois jours".

Le co-rapporteur Nicolas Turquois (MoDem) a fait valoir qu’il était "plus facile de détruire que de construire", tançantdes amendements qui visent à supprimer les dispositions du texte "ligne à ligne" et y voyant "le degré zéro du travail parlementaire".

Après de nouvelles critiques dans la majorité sur la qualité du débat, Adrien Quatennens (LFI) a haussé le ton : "nous ne faisons que relayer une colère majoritaire dans le pays", "de grâce remballez définitivement vos leçons de démocratie !".

"Tout le monde se calme", a alors lancé dans le brouhaha Brigitte Bourguignon, présidente de la commission, avant de suspendre la séance.

A la reprise, la tension restait palpable, Mme Bourguignon invitant les députés à cesser les "invectives" et à revenir au débat, ajoutant que siéger, ce n’est pas "assiéger une commission".

"Nous allons de pire en pire, je ne vois pas comment on peut sortir la tête haute de cette commission", a commenté Eric Woerth (LR). "On voit bien qu’on arrivera pas au bout" de l’examen du texte et "il faudra faire un choix sur le fait de continuer ou pas cette mascarade", a-t-il ajouté.

Comme d’autres à gauche, Boris Vallaud (PS) a jugé lui aussi "vraisemblable" que la commission n’arrive pas au bout, ce qui implique que l’examen en séance à partir du 17 février se fera à partir des versions déposées par le gouvernement.

Les communistes ont réclamé de leur côté dans un courrier adressé par leur chef de file André Chassaigne à Richard Ferrand un "report de l’examen" dans l’hémicycle, Sébastien Jumel affirmant que cela permettrait à la commission de siéger "jusqu’à ce que mort s’ensuive"...

Malgré des débats nourris sur le caractère universel ou non de la réforme, la situation des fonctionnaires ou encore des avocats, pas un seul amendement n’a été adopté ni dans l’après-midi ni dans la soirée.

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