Inflation de nouveau en forte hausse en France à +1.7%, sur fond de guerre au Moyen-Orient

L’inflation mesurée par l’INSEE est de nouveau en forte hausse au mois de mars, sans surprise, avec l’envolée des prix de l’énergie. Détails.

mardi 31 mars 2026, par Denis Lapalus

Selon les données provisoires publiées ce mardi par l’Insee, les prix à la consommation ont augmenté de 1,7% sur un an en mars – contre 0,9% en février. Sur les trente derniers jours, l’inflation est de 0,9%, après la hausse de 0,6% du mois précédent. Après des hausses de 4,9% en 2023 et 5,2% en 2022, l’inflation a assez largement décru en France ces deux dernières années et est revenue à des niveaux plus communs : 2% en 2024 et 0,9% en 2025.

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Cette hausse de l’inflation s’expliquerait par le fort rebond des prix de l’énergie (+7,3 % sur un an après -2,9 % en février), en particulier de ceux des produits pétroliers. Les prix des services accéléreraient légèrement sur un an, comme les prix du tabac. À l’inverse, les prix des produits manufacturés baisseraient plus vite qu’en février et ceux de l’alimentation décéléreraient légèrement sur un an.

© INSEE

Sur un mois, les prix à la consommation augmenteraient de 0,9 % en mars, après +0,6 % en février. Cette hausse des prix s’expliquerait par la forte hausse des prix de l’énergie, tirés par les prix des produits pétroliers (gazole, essence et combustibles liquides). Les prix de l’alimentation augmenteraient légèrement sur un mois, comme ceux du tabac. Les prix des produits manufacturés ralentiraient par rapport à février, comme ceux des services.

Sur un an, l’indice des prix à la consommation harmonisé augmenterait de 1,9 % en mars 2026, après +1,1 % en février. Sur un mois, il augmenterait de 1,1 %, après +0,7 % le mois précédent.

Entre 1,7% et 3,3% d’inflation en 2026 ?

« Choc pétrolier » ou non, les économistes anticipent une accélération de l’inflation sous l’effet de la guerre au Moyen-Orient, qui continue de faire grimper les cours des hydrocarbures. Dans sa note de conjoncture du 24 mars, l’Insee rappelle « qu’une hausse de 5 dollars du baril de Brent entraîne une augmentation d’environ 0,1 point de l’inflation d’ensemble, toutes choses égales par ailleurs ». Dans ce contexte, l’inflation pourrait dépasser le seuil des 2% et atteindre 2,1% en mai.

Une analyse partagée par la Banque de France, qui, face à l’incertitude entourant la durée du conflit, prévoit un scénario central dans lequel la flambée des prix des hydrocarbures resterait temporaire, avec une fin assez rapide des hostilités. Dans cette hypothèse, l’inflation atteindrait 1,7% en 2026, avant de refluer à 1,4% l’année suivante. En revanche, dans des scénarios plus défavorables, causés par une réduction des flux d’hydrocarbures transitant par le détroit d’Ormuz à hauteur de 40% ou 60%, la hausse des prix serait plus marquée. L’inflation s’établirait alors à 2,5% en 2026 dans le scénario défavorable, et pourrait grimper à 3,3% dans le scénario très défavorable.

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