Assurance vie sur ces huit dernières années : la prise de risques reste faiblement rémunérée
Sur ces huit dernières années, la performance moyenne cumulée des unités de compte dépasse de peu celle des fonds euros, 23 % pour les UC, contre 17.52% pour les fonds euros. Prise de risques ne rime pas toujours avec rendements élevés.
jeudi 25 juin 2026, par Denis Lapalus
Prendre des risques pour aller chercher du rendement ? Vraiment ? De nouveau en 2025, les unités de compte ont rapporté en moyenne seulement 4.7%, tandis que le rendement moyen des fonds euros affiche 2.6%, sans prise de risque. Ces chiffres sont issus du rapport Rapport annuel de l’Observatoire des produits d’épargne financière, édition 2026, publié par le CCSF. Si l’écart entre les deux types d’actifs financiers est certes proche du double, exposer son capital aux risques de perte en capital pour un rendement supplémentaire de 2.1% brut par rapport aux fonds euros semble bien peu attractif. Sur ces huit dernières années, le constat est encore plus édifiant, les unités de compte, ayant subi deux années noires (2018 et 2022), les UC arrivent à peine à surclasser les fonds euros.
La prise de risque n’apparaît pas comme étant rémunérée de façon satisfaisante. Il convient toutefois de pondérer ce constat, car ces performances publiées ne sont que des moyennes, englobant aussi bien les secteurs en pertes financières (immobilier), que les secteurs porteurs (actions américaines, marchés émergents). En clair, bien peu d’épargnants avertis ou conseillés, se retrouvent dans cette situation après huit années de placement. Que ce soit aussi bien au niveau de leurs unités de compte, les seuls fonds actions ont servi une performance 2025 estimée à +8,05%, qu’au niveau du rendement du fonds euros, les meilleurs fonds euros ont publié des rendements au-delà des 3.5%, sans bonus, ou autre attrape marketing.
Les UC peinent toujours autant à servir un rendement attractif
Ce rapport du CCSF concerne évidemment une moyenne des rendements de l’ensemble des unités de compte, tout comme pour les fonds euros. En, mélangeant, aussi bien les contrats obsolètes, dénués de tout intérêt, des nouveaux contrats bien plus rémunérateurs et moins chargés en frais. Tandis que les médias nationaux titrent que les unités de compte rapportent le double des fonds euros en 2025, il conviendrait de faire remarquer que les fonds euros garantissent le capital, alors que les UC ne procurent aucune garantie. Comparer deux actifs financiers ne présentant pas les mêmes garanties en capital, c’est pêché dirait le régulateur, et pourtant, ce rapport n’hésite pas à avancer ce lien.
Le rapport indique par ailleurs : "Les meilleures performances en 2025 ont été enregistrées par les UC actions (+ 8,05%) et allocation d’actifs (+ 5,35%), suivies par les « autres placements » (+ 2,73%), les UC obligataires (+ 2,24%) et monétaires (+ 2,02%). À l’inverse, les UC en immobilier ont affiché une performance négative (- 2,93%). Il convient de noter que les UC actions ont une allocation géographique majoritairement orientée vers la France (41%) et l’Europe hors France (31%)."
L’OPEF, placé sous l’égide du Comité consultatif du secteur financier (CCSF), a pour vocation de mettre à la disposition du public une information claire, objective et transparente sur les produits d’épargne financière commercialisés en France, accessible aussi bien aux épargnants novices qu’aux investisseurs avertis.