Les Français épargnent 5 650 € en moyenne par an, soit environ 213 € par mois

Les Français épargnent 5 650 € en moyenne par an, mais l’écart entre métropoles et ruralité dépasse les 70%.

lundi 12 janvier 2026, par Denis Lapalus

Face à l’incertitude économique, les Français renforcent leur épargne de précaution, portant le taux d’épargne à des niveaux historiquement élevés, davantage par réflexe de protection que par réelle capacité à consommer. Ce réflexe se traduit dans les chiffres macroéconomiques : l’épargne financière des ménages français atteint désormais 6 477 milliards d’euros, un niveau jamais observé jusqu’ici, presque deux fois supérieur au montant de la dette publique.

Derrière cette moyenne nationale se cachent toutefois de fortes disparités territoriales. D’après la dernière analyse de Green-Got, les Français épargnent en moyenne 5 650 €, mais un écart de plus de 70 % sépare les montants épargnés dans les métropoles de ceux des zones rurales, révélant une fracture face à l’impact de l’inflation selon les territoires.

Une moyenne nationale solide : 5 650 € épargnés et une discipline financière installée

En moyenne, les Français épargnent 5 650 €, soit environ 213 € par mois. Cette dynamique repose sur des comportements bien ancrés puisque 67 % des utilisateurs sont des épargnants réguliers, 77 % ont automatisé leur épargne, et 18 % épargnent plus de 500 € par mois. Ces chiffres témoignent d’une maturité financière élevée et d’une installation durable des pratiques d’épargne, renforcée par une ancienneté moyenne de 17 mois sur les comptes.

Certaines régions se distinguent par une ancienneté encore plus forte, notamment la Bourgogne-Franche-Comté (21 mois), le Centre-Val de Loire (22 mois) et les DOM-TOM (24 mois), ce qui reflète un engagement plus long et souvent une meilleure stabilité de l’épargne. Les volumes cumulés par région confirment aussi la profondeur de la dynamique. L’Île-de-France atteint 1 950 M€ d’épargne totale, l’Auvergne–Rhône-Alpes 950 M€, et la région PACA 520 M€, positionnant ces territoires parmi les plus épargnants du pays. «  Les données montrent une France capable d’épargner régulièrement, mais avec des dynamiques très différentes selon les territoires  », explique Andréa Ganovelli, Directeur Général Green-Got.

Métropoles vs ruralité : un écart d’épargne de plus de 70 %

L’étude met en lumière un écart d’épargne massif entre les grandes métropoles et les zones rurales. Les habitants des métropoles épargnent plus de 70 % de plus, un ratio qui reste stable aussi bien sur l’épargne totale que sur l’épargne mensuelle.

IndicateurMétropolesRuralitéEcart
Épargne totale moyenne 7 173€ 4 155€ +73%
Épargne mensuelle moyenne 267€ 151€ +72%

Ces écarts ne s’expliquent pas seulement par les niveaux de revenus, mais aussi par les comportements financiers. Les régions urbaines adoptent davantage les outils numériques et les pratiques d’épargne régulières, tandis que les zones rurales présentent des comportements plus irréguliers et des montants plus faibles.

Les disparités se retrouvent aussi au niveau régional.

Les régions les plus performantes sont :

  • Île-de-France : 7 500 €
  • Auvergne–Rhône-Alpes : 6 800 €
  • PACA : 5 500 €

À l’inverse, les régions à dominante rurale restent significativement en dessous de la moyenne nationale de 5 650 € :

  • Centre-Val de Loire : 4 200 €,
  • Bourgogne-Franche-Comté : 4 300 €,
  • Normandie : 4 600 €.

L’étude révèle aussi une saisonnalité différenciée selon les territoires. En Île-de-France et en Occitanie, janvier arrive en tête, porté par le versement des primes et les bonnes résolutions financières. En Bretagne, dans les Pays de la Loire et en PACA, le véritable temps fort se situe plutôt entre avril et juin, au moment de l’intéressement et de la participation. En Auvergne–Rhône-Alpes, c’est septembre qui domine, avec l’effet de la reprise après l’été. Enfin, dans les Hauts-de-France, décembre concentre le plus haut niveau d’épargne, juste avant les fêtes.

L’automatisation, le levier déterminant pour réduire les écarts d’épargne

Le facteur qui influence le plus fortement le niveau d’épargne est le taux d’automatisation des versements. L’étude montre une corrélation directe entre automatisation élevée, régularité et montants épargnés.

Taux d’épargne automatisée :

  • Métropoles : 81,65 %
  • Moyenne nationale : 77 %
  • Ruralité : 51,15 %

L’écart de 30 points entre métropoles et ruralité suffit à expliquer la majorité des différences observées. Là où l’automatisation est plus forte, l’épargne est plus élevée, plus régulière et moins soumise aux fluctuations saisonnières. “Ce levier apparaît comme essentiel pour réduire la fracture territoriale et démocratiser l’automatisation dans les zones rurales permettrait non seulement d’augmenter les montants épargnés, mais aussi d’installer une discipline financière durable.”, conclut Andréa Ganovelli, Directeur Général Green-Got.

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