Produits structurés misant sur une seule action en bourse : pertes financières récurrentes, plus de 2 milliards d’euros pour la seule Stellantis

Les investisseurs doivent avoir conscience qu’investir sur des périodes de près de dix années sur un seul sous-jacent, une action en bourse, tient davantage du pari que de l’investissement rationnel. Retour sur une chronique de pertes financières annoncée.

lundi 11 mai 2026, par Denis Lapalus

Produit structuré sur une seule action en bourse : Stellantis, Casino, Rallye, Atos, Orpea, Worldline...

Le schéma est récurrent, et les investisseurs ne semblent toujours pas avoir bien compris le mécanisme. Les produits structurés, sous couvert d’un coupon optionnel élevé, le plus souvent supérieur à 10% brut, n’en restent pas moins des produits financiers à risques élevés de perte en capital. La récente chute de l’action Stellantis en bourse, comme dans le passé pour ses consœurs Casino, Rallye, Atos, Orpea, Worldline..., a envoyé au tapis les valorisations de ces produits structurés. Les investisseurs vont perdre tout ou partie de leur capital. Certains ne s’en plaignent pas, c’est un jeu dangereux accepté, l’on ne peut pas toujours gagner. D’autres, et certains médias financiers, s’en émeuvent, comprenant trop tardivement les règles du jeu.

Perte de 2,5 milliards d’euros

Selon Les Échos, environ 2,5 milliards d’euros d’épargne se sont envolés sur des produits structurés indexés sur l’action Stellantis. Une partie de ces produits affiche aujourd’hui des valorisations de rachat inférieures à 10 % du nominal. Le 6 février 2026, l’action Stellantis a perdu 25 % en une séance, après l’annonce de 22,2 milliards d’euros de charges exceptionnelles, d’une perte nette annuelle massive et de la suppression complète du dividende. Le titre, qui valait 27 euros au printemps 2024, en valait 6,27 euros à la clôture du 6 février 2026, soit une baisse de 75 % en moins de deux ans. Les détenteurs d’actions en direct ont été touchés. Mais la perte la plus profonde, celle que Les Échos ont qualifiée de 2,5 milliards d’euros envolés dans leur édition de février 2026, concerne les épargnants exposés via des produits structurés. Selon les estimations de la presse spécialisée, dont les sources convergent autour des données des plateformes professionnelles EAVEST et SRP (Structured Retail Products), la collecte sur les produits structurés indexés sur Stellantis émis entre 2022 et 2024 dépasserait 2,5 milliards d’euros. Une fraction significative affiche désormais des valorisations de rachat sous la barre des 10 % du nominal.

Pour les investisseurs souhaitant connaître des exemples concrets, le site Club Patrimoine examine en détails cette chronique de pertes financières annoncées. L’examen du produit structuré Valoris Privilège Stellantis est très détaillé, et l’analyse semble claire, le fiasco était largement évitable.

Comment éviter de tomber dans ces pièges ?

Indicateur de risques : Le marqueur le plus fort est évidemment le SRI. Un indicateur de risque élevé (6 ou 7), pour un coupon plafonné (de 10% à 15%), c’est déjà mal parti. Autant investir en direct sur des actions.

Garantie du capital à l’échéance : Un produit structuré ne garantissant pas le capital à l’échéance n’est pas attractif. Un investisseur ne peut pas accepter que ses gains soient plafonnés tandis que sa perte en capital peut être totale.

Sous-jacent mono actif : Le sous-jacent du produit structuré, ne misant directement ou indirectement, via un indice spécifique, que sur une seule valeur, par exemple Stellantis, cela constitue une prise de risques supplémentaire.

Horizon de placement : Par ailleurs, la durée du produit structuré est également un facteur de risque. Un horizon de placement à 10 ans, c’est irrationnel, personne ne peut anticiper l’évolution du sous-jacent à aussi long terme (surtout si ce dernier est focalisé sur une seule valeur).

Coût d’opportunité : Par ailleurs, bloquer son capital sur une durée de 10 années induit un coût d’opportunité conséquent. Si les particuliers investisseurs calculaient le rendement potentiel, en déduisant ce coût d’opportunité, ils n’investiraient clairement pas sur ce type de produit financier, car le rendement potentiel serait trop faible par rapport aux risques pris.

Mais évidemment, compte-tenu des commissions perçues par les banques, pour la commercialisation de ce type de produit, les banques et courtiers mettent largement en avant ce type de produits financiers. Comme toujours, l’investisseur doit être très sélectif, tous les produits structurés ne sont pas mauvais, loin de là.

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