IPO de KNDS (canons CAESAR) : date incertaine, 20% du flottant proposés aux investisseurs
L’IPO de KNDS (frabriquant des canons CAESAR) attire les investisseurs, alors que les conflits guerriers ne cessent de se multiplier. Détails.
lundi 22 juin 2026, par Denis Lapalus
Introduction en bourse de KNDS
KNDS fournit aux armées des chars de combat (dont les canons Caesar), des véhicules blindés de transport de troupes, des ponts portables et des véhicules robotisés. KNDS a annoncé son intention d’entrer en bourse en 2026 avec une double cotation à Paris et à Francfort, dans le but de profiter de l’intérêt du marché pour les groupes de défense et d’élargir son actionnariat. L’accord entre Paris et Berlin ouvre la voie à KNDS, dont le siège est à Amsterdam, pour réaliser ce qui sera l’une des plus importantes introductions en bourse en Europe ces dernières années.
L’actionnariat du groupe de défense franco-allemand KNDS -au cœur du projet de char du futur MGCS - sera paritaire entre les deux pays, après un accord sur la stratégie et la gouvernance entre Paris et Berlin annoncé lundi 22 juin. "La France et l’Allemagne ont conclu un accord sur la stratégie et la gouvernance de KNDS, dont elles ont l’intention de devenir co-actionnaires, à travers des transactions visant à un actionnariat paritaire entre les deux pays" , ont affirmé les gouvernements allemand et français dans un communiqué commun.
Créé en 2015 par la fusion du français Nexter, alors détenu par l’État français, et de l’allemand KMW, propriété de la famille Bode-Wegmann, KNDS est l’un des acteurs clé de l’industrie européenne de défense terrestre face à la concurrence américaine (General Dynamics/GDLS).
L’État français détient actuellement 50% du capital tandis que Berlin va monter à 40% , les deux gouvernements futurs co-actionnaires visant à terme "un actionnariat paritaire", selon le communiqué. Cette participation dans KNDS va permettre de "sécuriser des technologies clés, de la valeur industrielle et des emplois en Allemagne" , a commenté dans un communiqué séparé la ministre allemande de l’Economie Katherina Reiche.
L’Allemagne souhaite prendre une part dans KNDS, spécialisé dans les systèmes de défense terrestre, notamment les blindés tels que le char Leopard, afin de défendre ses intérêts de sécurité nationale et de préserver son influence face à la France. Berlin a investi des milliards dans la reconstruction de son arsenal militaire après des décennies de sous-investissements. Le ministère allemand de l’Economie gérera la partie de la transaction relevant du gouvernement, en coordination avec le ministère de la Défense, a déclaré le responsable allemand.
IPO - Introduction en bourse
La question du prix d’entrée en bourse
Les négociations entre l’État allemand et Wegmann & Co., la holding regroupant les propriétaires familiaux de KNDS, avaient auparavant achoppé sur la question du prix d’entrée en bourse après que la hausse des valeurs de défense cotées en Europe, observée en début d’année, s’est inversée. Des dissensions internes ont également eu lieu au sein du gouvernement concernant la taille de la participation, certains plaidant pour un investissement plus modeste, à hauteur de 30%.
L’aspect budgétaire de l’accord reste soumis à l’approbation du Bundestag, la chambre basse du Parlement allemand. L’opération valoriserait KNDS entre 15 et 18 milliards d’euros , écrit Bloomberg , avec une cotation envisagée à Paris et Francfort. Outre KNDS, l’Allemand Rheinmetall et le groupe français Thales participent au projet MGCS, censé succéder au Leopard 2 allemand et au Leclerc à l’horizon 2040.
IPO KNDS : Quand ?
L’introduction en Bourse de KNDS, le fabricant franco-allemand du canon Caesar et du char Leopard, pourrait être reportée. Selon le Financial Times, le groupe peine pour l’instant à convaincre les investisseurs de lui accorder une valorisation supérieure à 12 milliards d’euros. Un niveau bien inférieur aux 18 à 20 milliards d’euros évoqués il y a encore quelques semaines, et loin des 25 milliards initialement espérés.
Le calendrier de l’opération dépendra désormais des prochaines négociations avec les investisseurs. Les actionnaires actuels ne souhaiteraient pas aller sous 12,5 milliards d’euros, alors que le prix d’introduction doit aussi servir de référence pour la montée de l’État allemand au capital. KNDS reste pourtant un acteur solide de la défense européenne, avec 4,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2025, en hausse de 15,9%, et une marge opérationnelle de 15%.
Le contexte boursier s’est toutefois nettement dégradé pour les valeurs de défense depuis février. L’indice européen du secteur recule de 22,4%, tandis que Rheinmetall, souvent considéré comme le principal point de comparaison pour KNDS, perd près de 30% sur trois mois. Après plusieurs introductions réussies dans l’armement, les investisseurs semblent de nouveau plus prudents sur les valorisations. La décision de KNDS donnera un premier signal sur la capacité du secteur de la défense à conserver des valorisations élevées après l’euphorie des derniers mois.