Coronavirus : les médias n’alimentent-ils pas artificiellement la psychose ?

Coronavirus : les médias n’alimentent-ils pas artificiellement la psychose ? © FranceTransactions.com/stock.adobe.com
La peur fait vendre du papier et gonfler l’audience des médias. Alors que le Covid-19 est une maladie bénigne dans plus de 80% des cas, la majorité des Français (61%) confient leurs craintes pour cette pandémie. Une peur totalement irrationnelle à la lecture des chiffres. Mais des médias aux sujets les plus anxiogènes, entre questions sur les pénuries dans les magasins d’alimentation et autres fausses informations diffusées sur les réseaux sociaux, orchestrent, au nom de cette pandémie, une véritable psychose. C’est bien de cette dernière dont il faudrait avoir peur et non du virus en lui-même...

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Jusqu’à 50 personnes par jour en France meurent de la grippe saisonnière durant les moins d’hiver...

Si le taux de mortalité du Covid-19 est sensiblement plus élevé que celui de la grippe saisonnière (de l’ordre de 3.4% pour le Covid-19 contre seulement 0.1% pour la grippe saisonnière), le nombre de personnes décédées suite à la contamination par le virus de la grippe est sans commune mesure. Le nombre de personnes contaminées n’étant pas de la même grandeur d’échelle, plus de 2.5 millions de Français sont actuellement porteurs du virus de la grippe. Et pourtant, les Français découvrent les gestes utiles pour limiter la propagation des virus que récemment. Annulation des concerts, d’épreuves sportives, salons... Pourquoi de telles réactions ? Tout contribue à la psychose. Les médias s’en donnent à cœur joie. Pénurie dans les magasins, hausse des prix, tout y passe. Plus les sujets seront racoleurs, plus forte l’audience sera. Alors que...

Taux de mortalité du virus Ebola 83%, du SRAS 9.55% et 3.43% pour le Covid-19 au 4 mars 2020

Selon les derniers chiffres de l’OMS, 3.198 décès ont été recensés sur 93.158 cas confirmés dans le monde au 4 mars 2020, ce qui donne un taux de mortalité théorique de 3,43% pour le Covid-19. "En prenant en compte les cas asymptomatiques, le taux de mortalité du nouveau coronavirus serait bien plus proche de celui de la grippe saisonnière que du Sras !" analyse Samira Fafi-Kremer, cheffe du laboratoire de virologie au CHU de Strasbourg (propos recueillis sur France Info). Le Sras, un coronavirus très proche du Covid-19, avait en 2002-2003 contaminé 8 098 personnes dans une trentaine de pays et fait 774 morts.

Selon les chiffres officiels, la grippe saisonnière aurait été la cause de 6.800 décès en France durant l’année 2019. De son côté l’OMS a rappelé récemment, que cette même grippe saisonnière a tué 60.000 personnes en Europe chaque année.

Covid-19 : une maladie bénigne dans plus de 80% des cas

Nombre de personnes ont été contaminées et ne l’ont probablement pas remarqué. Le Centre chinois de contrôle et prévention des maladies a publié la semaine passée une étude portant sur 72 314 cas confirmés, suspects, diagnostiqués cliniquement et asymptomatiques de la pneumonie virale, constatés en date du 11 février. Il s’agit là de la plus importante enquête menée depuis le début de l’épidémie. Selon ses résultats, la maladie est bénigne dans 80,9% des cas, "grave" dans 13,8% des cas et "critique" dans 4,7% des cas.

Il n’existe ni vaccin ni médicament contre le coronavirus, et la prise en charge consiste à traiter les symptômes. Certains patients se voient malgré tout administrer des antiviraux ou d’autres traitements expérimentaux, dont l’efficacité est en cours d’évaluation.

Plus qu’un gros rhume...

"Cela ressemble à un gros rhume", précise Astrid Vabret, cheffe du service de virologie du CHU de Caen sur France Info. "Vous pouvez avoir un petit écoulement nasal, des signes cliniques objectifs, mais qui sont juste gênants et ne mettent pas en péril votre survie." Une légère fièvre peut également apparaître, avec des températures pouvant aller jusqu’à 38,5 °C".

"De mon point de vue, c’est un aspect rassurant, d’autant que de nombreux autres personnes peuvent avoir été infectées et ne pas présenter de symptômes – et donc passer sous le radar des médecins", confirme Samira Fafi-Kremer, cheffe du laboratoire de virologie au CHU de Strasbourg. Ce qui augmenterait singulièrement la proportion des cas bénins de la maladie.

Le coronavirus est connu depuis 2012, rien de nouveau

Pourtant un tel effet loupe sur le coronavirus ? De nombreux Français pensent encore qu’il s’agit d’un nouveau virus, dont on ne connaît rien. Le coronavirus n’a rien de récent. Identifié depuis 2012, le coronavirus est une famille de virus d’origine animale, découvert en septembre 2012 en Arabie saoudite. Cela explique notamment pourquoi de nombreux gels hydroalcooliques mentionnent le coronavirus dans la liste des virus visés pour la lutte de sa propagation. Afin de couper court aux fausses infirmations diffusées sur les réseaux sociaux, la pandémie de 2019, d’où le nom de Covid-19, n’était de fait pas attendue.

Et pourtant, le Covid-19 inquiète les Français bien plus que la grippe A/H1N1

Le Covid-19 inquiète près de deux tiers des Français sondés. C’est plus que d’autres épidémies comme la grippe A/H1N1 de 2009, selon un sondage Ifop pour le site d’information santé llicomed.com, publié vendredi 28 février. A cette date, 61% des personnes interrogées font part de leurs inquiétudes pour elles et leur famille, selon cette enquête réalisée au lendemain de l’annonce du premier décès français de la maladie, le 26 février. Il s’agit d’un niveau record comparé à d’autres crises sanitaires comme la grippe aviaire de 2005-2006 (environ 35% de Français inquiets), la grippe A/H1N1 de 2009 (35%) et le virus Ebola (55% en 2014), détaille le sondage.

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