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Analyses des marchés Publié le

Marchés actions américains : les craintes s’accumulent, taux en hausse, consommation en baisse

Craintes de chute des marchés actions US : un investisseur scrute la hausse des taux d’intérêts et la baisse de consommation © Illustration générée par IA

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Alors que les indices actions américains sont toujours à des niveaux élevés, les craintes d’un fort repli s’accumulent sur fond de hausse des taux de marché et de baisse de la consommation.

Correction en vue sur les marchés US

La hausse continue des taux d’intérêt de marché américain (taux de la dette notamment), combinée à la baisse de la consommation constatée en juillet dernier, sont deux facteurs inquiétants pour de nombreux investisseurs sur les marchés actions. Ces derniers sont toujours à des niveaux anormalement élevés compte-tenu de la situation. Certains experts rappellent que les risques sont colossaux, compte-tenu des effets de levier sur les produits dérivés largement commercialisés depuis ces derniers mois. La question n’est plus de savoir si une sévère correction des marchés actions américains va se produire, mais de savoir quand ce krach va se produire.

Taux d’intérêt de marchés (10 ans USA)
Taux d’intérêt de marchés (10 ans USA) © FranceTransactions.com

Taux d’intérêts américains en hausse

Si les analystes estiment que la menace d’un resserrement immédiat de la Réserve fédérale s’apaise, les derniers chiffres d’inflation stable et de recul de la consommation ont ramené autour de 32 % la probabilité d’une hausse des taux en septembre. Toutefois les taux directeurs de la FED ne font pas le marché des taux d’intérêts de marché. Les investisseurs ne se focalisent pas sur les taux de la FED, mais bien sur les taux d’intérêts de marché, ceux qui concernent l’économie réelle. Et de ce côté-ci, les craintes des investisseurs étant que les taux à 10 ans continuent de grimper. L’économie américaine souffre depuis de nombreux mois de taux de marché trop élevés. La passage du seuil psychologique des 5% serait un signe fort de repli des marchés actions. Un investisseur ayant avantager à placer sur l’obligataire que sur le marché actions.
Craintes également du côté de l’immobilier. Le secteur de l’immobilier américain plie encore, mais ne rompt pas, pour pour le moment. Une nouvelle vague de hausse pourrait cependant conduire vers de nouvelles vagues de faillites de promoteurs immobiliers. Les taux de crédits immobiliers avoisinent désormais les 8% pour les particuliers américains. Devenir propriétaire à crédit est prohibitif.

Baisse de la consommation

Les ventes au détail de juillet ont enregistré une forte déception à la baisse. Bret Kenwell, analyste des marchés américains pour etoro nous livre son analyse. Les dépenses ont reculé de manière inattendue, affichant leur plus faible niveau depuis plus d’un an et l’écart négatif le plus important par rapport aux prévisions depuis février 2023.

Un seul mois de baisse des dépenses ne signifie pas nécessairement que l’économie est au bord du précipice, mais il devient plus difficile d’écarter ce signal lorsqu’on le met en parallèle avec les données décevantes sur le PIB et l’emploi. Combinées à une inflation conforme aux attentes, ces données plus faibles devraient réduire la pression sur la Fed pour relever ses taux. Les investisseurs doivent toutefois faire attention à ce qu’ils souhaitent : une faiblesse économique est un prix élevé à payer pour éviter une hausse de taux de 25 points de base, d’autant que les marchés ont largement écarté cette inquiétude et que les bénéfices des entreprises restent solides. Pour que l’économie reste résiliente, les consommateurs devront eux aussi le rester.

Le chiffre global du mois dernier avait été pénalisé par une forte baisse des recettes des stations-service, une évolution positive pour les consommateurs, puisque les prix de l’énergie avaient diminué. Les ventes des stations-service ont de nouveau reculé en juillet, mais ce soulagement n’a pas entraîné une hausse des dépenses dans les autres secteurs. Les achats en ligne et les ventes automobiles ont tous deux diminué par rapport au mois précédent, ce qui constitue un revers notable puisque ces deux catégories représentent ensemble plus d’un tiers du rapport.

Les ventes du « groupe de contrôle », c’est-à-dire la composante du rapport qui entre dans le calcul du PIB, ont également constitué une mauvaise surprise, renforçant les inquiétudes après la publication récente d’un PIB inférieur aux attentes. Alors que la déception concernant le chiffre principal du rapport sur l’emploi avait retenu l’essentiel de l’attention, la faiblesse décevante de la croissance des salaires avait peut-être déjà annoncé cette lecture plus faible des ventes au détail.

Marchés US actions : il est temps d’enlever ses lunettes roses

Des analystes, à l’instar d’Alexandre Baradez d’IG, soulignent que la remontée des taux souverains et l’optimisme excessif sur les marchés créent un décalage. Les indices américains affichent des valorisations élevées et des niveaux records malgré une dette sur marge historique et l’inflation persistante. La hausse des rendements obligataires (le taux à 10 ou 30 ans) pèse sur les valorisations boursières. L’utilisation massive d’un effet de levier (options, ETF à effet de levier) amplifie artificiellement la hausse. Les marchés restent trop optimistes face aux risques géopolitiques et énergétiques. Une baisse des marchés actions US serait rationnelle.

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