Dette : la France devrait payer près de 77 milliards d’euros d’intérêts en 2026

La France va payer plus de 1 130 euros par habitant pour le remboursement de sa dette en 2026, un record en zone euro. Le pire étant que ce montant ne fera que grimper encore sur les prochaines années.

vendredi 26 juin 2026, par Denis Lapalus

La Cour des Comptes a publié le 25 juin 2026 son rapport sur la situation et les perspectives des finances publiques. Le constat est, comme chaque année, catastrophique. Les événements internationaux, le changement climatique, etc. s’ajoutent à cette situation critique, repoussant ainsi la croissance tant espérée pour combler ce déficit, dans le futur. L’idée serait d’arrêter de compter sur une croissance à venir pour inverser cette situation.

Dette de la France, au-delà des 3 500 milliards d’euros

À la fin du premier trimestre 2026, la dette publique au sens de Maastricht s’établit à 3 536,1 Md€, soit une augmentation de 75,6 Md€, après -23,6 Md€ au trimestre précédent. Exprimée en pourcentage du produit intérieur brut (PIB), elle s’établit à 117,5 %, après 115,7 % au quatrième trimestre 2025. La hausse de la dette publique s’accompagne d’une hausse de la trésorerie des administrations publiques (+21,3 Md€ après -31,1 Md€), si bien que la dette nette augmente moins que la dette brute (+55,6 Md€) et s’établit à 109,7 % du PIB, après 108,5 % au quatrième trimestre 2025.

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77 milliards d’euros d’intérêts à verser en 2026

Le montant des intérêts à régler dépasse désormais le budget de plusieurs ministères, dont celui de l’Education ou encore celui des Armées. Le montant estimé des intérêts à payer serait de 77 milliards d’euros en 2026, après 55 milliards d’euros en 2025.

Dette de la France au 31 mars 2026

Dette de la FranceDette totale au 31 mars 2026Variation vs Trimestre précédent
Montant total (en milliards d’euros)
3536.10 M€
+2,18 %

Montant en % du PIB (%)
117.50 %
+1,56 %

(Source des chiffres de base INSEE, données calculées FranceTransactions.com)

Répartition de la dette de la France au 31 mars 2026

SecteursMontant en milliards €Part de la dette du secteur en % de la dette totale
État
2889.00 M€
81,70 %
Organismes divers d’administration centrale
69.30 M€
1,96 %
Administrations publiques locales
276.50 M€
7,82 %
Administrations de sécurité sociale
301.20 M€
8,52 %
TOTAL
3536.10 M€
100%

Coût annuel de la dette de la France

Montant total (en milliards d’euros)
3536.10 Milliards d’€
Taux moyen d’emprunt de la dette de la France (en %)
3.35 %
TOTAL COÛT ANNUEL DE LA DETTE (*)
118,46 Milliards d’€
((*) Estimation FranceTransactions.com basée sur le montant total de la dette publiée par l’INSEE et le taux moyen historique des emprunts français).

La faute aux perspectives macroéconomiques assombries

La réduction plus importante que prévu du déficit public en 2025, constatée en mars 2026, aurait pu inciter à retenir une cible de déficit plus basse cette année. Mais cette « bonne surprise » a été assombrie par la dégradation de la conjoncture économique et par une nouvelle poussée inflationniste énergétique résultant du conflit au Moyen-Orient. Le Gouvernement a ainsi maintenu la cible de déficit de 5,0 points de PIB inscrite dans la LFI pour 2026. Si, à l’inverse de 2025, la maîtrise de la dépense publique primaire (c’est-à-dire hors charge d’intérêts) est supposée participer à la réduction du déficit en 2026 à hauteur de 7 Md€, de nouvelles hausses d’impôts ont été décidées pour 14 Md€. Ces efforts compenseront à peine la hausse de près de 12 Md€ de la charge de la dette. Pour peu ambitieuse qu’elle soit, la légère diminution du déficit public en 2026 est loin d’être acquise du fait d’une croissance plus faible que prévu et de la hausse des taux d’intérêt. Cette quasi-stabilité du déficit entraînerait une nouvelle hausse de près de 3 points du ratio de dette publique, qui atteindrait 118,5 points de PIB.

Malgré la révision à la baisse de ses prévisions de croissance pour les années 2026-2029, le Gouvernement n’a pas communiqué de nouvelle trajectoire de finances publiques au-delà de 2026, tout en rappelant son engagement de revenir sous 3 % de déficit en 2029 – ce qui constitue une obligation liée à la procédure de déficit excessif ouverte contre la France. Respecter cette échéance impérative suppose une accélération de l’effort budgétaire jusqu’en 2029, qu’aucun plan d’ensemble ni aucune trajectoire solide ne vient encore étayer. Alors que la charge de la dette est devenue le premier budget de l’État et que toute défiance des marchés risquerait de mener à un point de bascule qui rendrait la charge de la dette insoutenable, il y a urgence à ce que le Gouvernement précise ses objectifs pluriannuels de finances publiques et étaye solidement la trajectoire du retour du déficit public sous le seuil de 3 %. Ce dernier ne constitue en outre qu’une première étape avant un excédent primaire suffisamment important, condition sine qua non pour infléchir durablement le ratio de dette dans un contexte de chocs macroéconomiques récurrents. Cette trajectoire exigerait de diminuer la dépense publique primaire de 0,5 % par an en volume, alors qu’elle a progressé de 1,0 % par an pendant les cinq années pré-crise sanitaire.

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