Rentier : combien faut-il au minimum pour le devenir ?

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Vous rêvez de ne plus travailler et devenir rentier ? Quel capital faut-il au minimum ? Quels placements effectuer ?

Rentier : combien me faut-il pour gagner ma vie sans travailler ?

Qui n’a jamais rêvé d’arrêter de travailler pour devenir rentier ? Passer ses journées à se faire dorer la pilule et à boire des mojitos sur le bord d’une piscine est attirant, mais cela a un prix !

- Etre rentier : c’est quoi pour vous ?

Etre rentier, par définition, c’est vivre de ses rentes, de façon perpétuelle. Le capital est placé, et seul son rendement, permet de percevoir des revenus suffisants pour ne pas avoir à travailler. Il est donc important que le capital soit placé sans risque, sans quoi, en cas de mauvaise fortune (chute de l’immobilier, chute de la bourse, etc.), il n’y aura plus de rentier...

De même, la fiscalité ou l’inflation ne doivent jamais venir réduire le capital placé. Dans la négative, la situation de rentier ne serait pas perpétuelle.

- Rentier et rentier : Modeste rentier, c’est gagner combien par mois ?

Restons modeste. Dans notre imaginaire, un rentier est une personne très riche qui ne sait que faire de son argent. Partons plutôt dans l’idée, que nous devenons rentier.

Restez réaliste pour placer votre exigence de revenus : il vous faudra gagner au minimum l’équivalent de 2 SMIC net par mois, soit 2240 € net par mois. Cela peut ne pas paraître beaucoup, mais vous verrez déjà que pour obtenir ce revenu "modeste", il faut un capital conséquent.

Sur un an il vous faudra donc engranger au minimum 12 x 2240 = 26 880€.

devenir rentierDevenir rentier : Simulations

Combien faut-il pour devenir rentier ?
capital
parts fiscales
capital %
rendement %
Revenus bruts issus du placement
Application de la fiscalité 2018 sur le capital et les revenus
Prélèvements sociaux
Impôts sur les revenus
ISF
Augmentation de capital (lutte contre la dépréciation)
rendement
Total des charges
revenus
Taux de taxation global %
Revenus du rentier
revenus

Rentier, des impôts à payer à tous les niveaux !

Avec les changements de fiscalité, les revenus du capital et les revenus du travail sont désormais taxés à l’identique, vos intérêts ou vos dividendes seront donc taxés selon le barème de l’impôt sur le revenu.

Pour obtenir ce revenu net, il vous faudra payer tour à tour :

- ISF,
- Prélèvements sociaux,
- impôt sur le revenu.

Pour obtenir vos 26 880 € net par an, vous devrez donc gagner 45 251 € bruts sur lesquels vous paierez :

- 9218 € d’ISF
- 5585 € de prélèvement sociaux
- 3568 € d’impôts sur le revenu

Rentier sans risque à partir de 2 262 550 € !

Pour obtenir cette somme, vous devrez placer votre argent. Il existe de nombreux placements qui peuvent faire l’affaire en fonction de votre aversion au risque :

- Fonds en euros (choisir les meilleurs, plus de 4% de rendement),
- Livret épargne,
- Compte à termes,
- Immobilier,
- Obligations,
- Actions,
- SCPI.

Selon le placement que vous aurez choisi vous obtiendrez un rendement qui devra être au minimum de 2% net d’inflation. Ce n’est pas si évident que cela à trouver ! Il faut opter pour des fonds en euros de bonne qualité par exemple (rendement de plus de 4% nets).

Certains seront sans doute tentés de céder aux sirènes des placements à risques sur une petite partie de leur capital, afin de booster le rendement. Le calcul de l’exposition aux risques devra être alors finement effectué pour être certain de ne pas impacter le capital durablement, sinon, le rêve d’être rentier sera terminé.

Prenons l’exemple d’un placement sans risque à 2% net d’inflation. Pour obtenir vos 45 251 € brut il vous faudra donc un capital de :

45 251 x 1/0,02 = 2 262 550 €.

Pour un placement plus risqué au global, mais avec un rendement net d’inflation de 3 % il vous faudra :

45 251 x 1/0,03 = 1 508 367 €

Vous aurez noté que vous êtes multi-millionnaires et pourtant ne percevez que 2 SMIC par mois. Certains ne le sont pas, et toucheront plus que vous tous les mois !

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10 commentaires

  • Bonjour,

    Imaginons une personne qui gagne au loto 3 millions d’Euros, elle décide de capitaliser 2 600 000€, en ayant l’assurance de ne pas rogner son capital, avec une part fiscal et de bon placements peut-elle espérer un revenu de 4500-5000€ mensuel ?

    Je sais qu’il faut diversifier ses placements mais, pour une sécurité maximal il est possible d’avoir des rendements de 4 ou 5% avec les SCPI, SCI, PEA et autres assurances vie qui permettront d’avoir une défiscalisation par rapport à l’ISF et autres ?

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    • Rentier : combien faut-il au minimum pour le devenir ?

      Bonjour,

      Un revenu récurrent de 4.500/5.000€ mensuels semble bien trop élevé pour un capital de 3.000.000€. C’est plutôt de l’ordre de 2.500€/3.000€ mensuels, même avec des rendements sensiblement plus élevés, comme sur les SCPI. Vous aurez noté que les SCPI sont des placements à risques, un retournement du marché de l’immobilier, et adieu rendements sensiblement plus élevés, et bonjour la perte en capital... Le drame devient alors que le rentier ne l’est plus du tout... Et devra se remettre au travail :) Les SCPI doivent représenter 5 à 10% du capital placé tout au plus. Ne jamais oublier les crises précédentes, c’est comme en bourse. C’est seulement une fois que l’on a tout perdu que l’on sait que l’impensable peut toujours arriver.

      Bien à vous

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      • Bonjour,

        Donc tout ces placements même sans risque ne permettent pas réduire ses impôts ? L’ISF par exemple s’applique sur le capital ou selon la valeur de ses biens immobiliers ?

        Sans tenir compte de l’inflation avec 3 000 000€ à 4% on arrive à 15.670,01€ d’ISF sur un revenu brut de 120 000€ c’est environ 13,1% si on ajoute 25% d’impôts sur le revenu ainsi que 15,5% de prélèvements sociaux on arrive à 54% de taxes et impôts.

        Les personnes riches n’ont-elles pas affaire à des banques privé qui gèrent cela pour réduire le coût des impôts ?

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        • Rentier : combien faut-il au minimum pour le devenir ?

          L’ISF porte sur tous les avoirs, y compris l’immobilier... Les banques privées ne peuvent pas faire des miracles, un capital de 3 millions d’euros ne permet pas en France de percevoir 5.000€ de revenus/mois de façon perpétuelle. L’inflation en rythme annuel est de 1.30% en France, alors que les rendements sans risque sont sous les 1%. L’équation devient donc rapidement insoluble.

          Il faut prendre des risques et donc accepter de pouvoir perdre une partie de son capital pour pouvoir tenter d’atteindre ce niveau de revenus, en passant par de l’immobilier par exemple, soit dans des investissements boursiers avisés. C’est sur ces points que les banques privées tentent de conseiller au mieux leurs clients.

          Bien à vous

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        • On peut facilement arriver à 5000€ net de fiscalité avec 2 millions en utilisant une simple assurance vie et un rendement moyen très conservateur de 4% annuel.

          Avec 2 000 000 on obtient 80K d’intérêts annuels, si on les retire la fiscalité s’applique uniquement sur la part d’intérêts du retrait qui est de 3076€ pour 80K retirés. Même si la personne est célibataire, elle a droit chaque année à un abattement de 4600€.

          Donc au final il n’y a pas d’imposition pour un retrait de 80 000 euros. Il pourrait même retirer environ 120 000 tous les ans sans payer d’impôts. D’autant plus avec la fin de l’ISF.

          Si il se contente de 5000€ par mois, il lui reste 20000€ à réinvestir dans le contrat pour continuer à le faire croître.

          Vos hypothèses sont justes mais ne tiennent pas compte des nombreuses possibilités d’optimisation de la fiscalité.

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          • Rentier : combien faut-il au minimum pour le devenir ?

            Oui, vous avez raison, le calcul ne tient pas compte des nombreuses possibilités d’optimisation fiscales, car justement, personne ne peut compter dessus. De fait, ces réductions fiscales sont liées à des décisions politiques et peuvent varier au fil des quinquennats. Or pour un projet long terme, tenir compte des optimisations fiscales c’est prendre le risque d’un échec majeur de non atteinte de son objectif. D’ailleurs les conseillers financiers avisés ne tiennent jamais compte des optimisations fiscales dans leurs recommandations, l’incertitude étant le maillon faible de tout projet financier.
            Bien à vous

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            • Tous les gestionnaires de patrimoine de France, qu’ils soient indépendants ou dans les banques privées tiennent compte des possibilités d’optimisations fiscales... C’est même la base de leur métier !

              Si vous préparez une succession, n’importe quel professionnel un minimum compétent vous conseillera de contracter une assurance vie pour bénéficier de l’abattement du droit des assurances combiné à l’abattement légal. Pour placer de l’argent dans des fonds, une assurance vie.

              Si, hypothèse aussi plausible que l’effondrement du système, un politique à un jour la témérité d’affronter le lobby des assureurs et les 15 millions de détenteurs d’une assurance vie pour en supprimer totalement ses avantages fiscaux et bien il suffira de s’adapter et de passer sur un autre dispositif.

              En attendant, vous aurez bénéficier le temps que ça aura duré des avantages au lieu de se dire "non je ne le fais pas parce que hypothétiquement ça peut changer un jour". Si on va par là , on ne fait plus rien et on subit au lieu tirer parti du système.

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              • Rentier : combien faut-il au minimum pour le devenir ?

                Oui, évidemment vous avez raison. Ne rien faire car tout peut changer est absurde. Les conseillers en gestion de patrimoine de mon entourage ne se basent jamais sur la fiscalité pour définir une stratégie de placement, c’est leur base de travail :) Alors que leurs clients ne leur parlent que d’optimisation fiscale :)...

                L’assurance-vie est effectivement un outil pertinent pour optimiser une transmission de capital, mais pour devenir rentier cela n’est d’aucune utilité, car l’idée est bien d’être rentier, de son vivant.

                Par ailleurs, l’abattement de 4.600€ sur les produits des contrats est largement insuffisant pour couvrir les revenus d’un rentier (30.000€ de produits / an). Le rentier devant vivre de ses rentes et non grignoter son capital... Ce n’est donc pas si simple. Mais vous avez raison, des optimisations fiscales sont toujours possibles, mais si la stratégie fonctionne sans, avec, sera d’autant plus aisé. Y’a plus ka :)

                Vous voyez bien, déjà la fiscalité des produits sur l’AV a grimpé de 23.5% à 30%... Le rentier avec 2 millions d’euros de capital est dans la cible...

                Bien à vous

                Répondre à ce message

                • Pardon, mon intention n’est pas d’être désagréable, mais le problème c’est qu’en fait vous ne connaissez pas du tout l’assurance vie, ni peut être du coup la fiscalité ou la gestion de patrimoine.

                  italique"L’assurance-vie pour devenir rentier cela n’est d’aucune utilité, car l’idée est bien d’être rentier, de son vivant."italique

                  L’assurance vie en France n’est pas une "assurance décès" comme dans les films anglo-saxons. L’assurance vie française est un pur produit d’épargne avec une fiscalité privilégiée. C’est une enveloppe, comme l’est un compte titres, qui permet d’investir de son vivant dans des fonds/trackers/SCPI/parfois des titres vifs, tout en bénéficiant d’avantages fiscaux sur les retraits.

                  C’est donc parfaitement adapté et extrêmement recommandable pour un rentier. Le petit plus en cas de transmission est juste un bonus.

                  italiquePar ailleurs, l’abattement de 4.600€ sur les produits des contrats est largement insuffisant pour couvrir les revenus d’un rentier (30.000€ de produits / an)italique

                  Encore une fois, c’est faux. Lors d’un retrait sur une assurance vie, fiscalement on considère que vous retirez une part de capital et une part d’intérêts. Cette distinction est majeure car vous n’êtes fiscalisé que sur la part d’intérêts.

                  Si on reprend l’exemple des 2 millions à 4%. A la fin de l’année vous avec donc 2 080 000 euros. Si vous retirez les 80 000€ de plus-value, l’administration fiscale considérera que vous avez retiré 76 924€ de capital et 3076€ d’intérêts. Vous ne serez fiscalisé que sur cette part d’intérêts et c’est sur elle que vient se défalquer l’abattement de 4600€.

                  Donc au final vous prenez vos 80 000 € de plus-value et vous ne payez aucun impôt.

                  Pourtant dans le faits, après votre retrait de 80K, votre contrat affichera 2 millions comme au début, vous ne vous appauvrissez pas, vous ne "grignotez pas le capital". Et si vous avez besoin que 30 000, et bien votre contrat en n+1 sera même à 2 050 000.

                  Pour finir, j’ai un master 2 en gestion de patrimoine, j ai fait ce métier quelques temps et même si aujourd’hui je ne pratique plus je travaille encore au quotidien avec des CGPI. Lorsqu’ils disent que la fiscalité ne doit pas être la raison de l’investissement ils parlent des avantages fiscaux liés à certains produits totalement dénués d’intérêts autrement : FIP, FCPI, SOFICA, Outre-mer, Pinel ...

                  Ça ne s’applique pas à l’assurance vie qui n’est pas un produit en soi mais juste une enveloppe fiscale dans laquelle viennent se placer des fonds/tracker/SCPI que vous pourriez très bien vouloir acheté dans le cadre de votre CTO.

                  Cordialement,

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                  • Rentier : combien faut-il au minimum pour le devenir ?

                    Aucun souci :). Vos remarques sont pertinentes et la richesse est dans la différence, aussi bien dans les solutions proposées que dans les points de vue. Et je vous remercie vivement de votre participation.

                    D’ailleurs je pense que nous sommes d’accord sur une grande majorité des points, juste une légère incompréhension dans la façon de les énoncer.

                    Ma remarque concernant le décès du rentier faisait suite à la votre sur la fiscalité avantageuse en termes de transmission de capital dans le cadre d’un contrat d’assurance-vie (succession). Ces avantages ne sont pas à considérer dans le cadre d’une simulation d’un rentier, car il est en vie, et sa dévolution successorale n’est donc pas à prendre en compte :)

                    Vous avez raison, et je suis 100% d’accord avec vous. L’assurance-vie est un excellent placement et d’ailleurs, les Français le plébiscitent.

                    Les épargnants ne sont effectivement imposés que sur les produits (que l’on nomme improprement intérêts ou plus-values), par sur le capital retiré. Donc comme vous l’indiquez si vous effectuez un rachat de 80.000€ de PRODUITS, soit un capital de forcément beaucoup plus élevé (300K, 400k), car vous ne pouvez pas indiquer que vous souhaitez racheter que des produits, vous serez imposé sur 80.000 - 4.600 € de produits... Chaque année seulement 4.600€ de produits sont abattus fiscalement. Et comme nous ne souhaitons pas toucher au capital, donc vous devez replacer le solde de capital sur le contrat, vous ne pourrez percevoir, hors fiscalité que 4.600€ de produits par an, soit largement insuffisant pour être rentier en capital. C’était le sens de ma remarque. C’est l’assureur qui vous indique le montant de votre produit lors de vos rachats.

                    Bien à vous

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