Bourse : le tsunami de liquidités déversées par les banques centrales dope artificiellement les indices

Ce n’est plus une bulle, c’est une montgolfière boursière ! Décidés à croire à la reprise, surtout après l’annonce d’un plan européen de 750 milliards d’euros, les marchés européens ont engrangé de nettes progressions mercredi.
CAC40
Bourse, une bulle ? Non, une montgolfière boursière © FranceTransactions.com/stock.adobe.com

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Décidés à croire à la reprise, les marchés européens vont de l’avant

Paris a pris 1,79%, Francfort 1,33% et Londres 1,26%. Le vert était de mise aussi à Milan et Madrid (+2,44%). "Les indices européens ont enchaîné les bonnes séances depuis lundi. Globalement il y a de l’optimisme autour des infections en baisse malgré les processus de déconfinement et le spectre d’une deuxième vague s’éloigne un peu", a estimé auprès de l’AFP Andrea Tuéni, un analyste de Saxo Banque. "L’afflux de liquidités assuré par les banques centrales y est pour beaucoup", a-t-il complété, "tout comme le plan de relance européen de 750 milliards d’euros qui est un important facteur de soutien".

Avec un fonds de relance de 750 milliards d’eurospour soutenir l’économie européenne mise à mal par le coronavirus, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a dévoilé mercredi un plan d’aide exceptionnel, et appelé les 27 à "mettre de côté les vieux préjugés" pour la soutenir.

"C’est pour cela que les tensions géopolitiques entre les deux premières économies mondiales sont ignorées depuis lundi en Europe, mais la situation reste compliquée", a souligné M. Tuéni. Les places européennes "n’ont d’ailleurs pas été complètement insensibles au recul du secteur technologique américain qui est souvent le plus réactif sur ce dossier" et le dynamisme a été un peu affaibli en deuxième partie de séance, a nuancé l’expert.

Donald Trump a en effet promis mardi d’annoncer d’ici à la fin de la semaine sa riposte au projet de loi controversé que la Chine veut imposer àHong Kong, prévenant qu’il risquait de faire perdre au territoire son statut de place financière internationale. Le marché de la dette européen a lui aussi largement profité de l’annonce du plan européen, enregistrant une nette détente, Italie en tête, ce qui a permis au pays de réduire l’écart (spread) entre son taux d’emprunt à dix ans et celui de l’Allemagne qui fait référence sur le marché. Le spread italien a touché un plus bas depuis fin mars à 186 points de base au cours de la séance avant de finir à 191.

Le secteur automobile a profité à plein du contexte porteur, à commencer par Renault à Paris qui a décollé de 17,47% à 22,50 euros.
A Francfort, Daimler (+8,85% à 35,55 euros) et BMW (+4,86% à 54,39 euros ont également été recherchés.
Le retour de l’optimisme a aidé aussi les banques à rebondir. Société Générale a progressé de 7,67% à 14,45 euros, BNP Paribas de 9,52% à 33,95 euros et Crédit Agricole de 5,48% à 8,01 euros.
Le secteur technologique a en revanche souffert dans le sillage de ses homologues américains. A Paris STMicroelectronics a perdu 5,06% à 21,76 euros et Worldline 5,42% à 62,88 euros. A Londres, Aveva a reculé de 3,68% à 3.821,00 pence.

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