Loi de finances 2026 : ce qui change pour les particuliers
La loi de finances 2026 devrait être adoptée avant la mi-février, sketch politique oblige. Détails des impacts fiscaux pour les particuliers.
mercredi 29 octobre 2025, par Denis Lapalus
Loi de finances 2026 : Le Premier ministre a annoncé, ce vendredi 16 janvier 2025, une hausse de la prime d’activité, tout en assurant qu’il n’y aura "aucune augmentation de la fiscalité sur les ménages".
Pensions de retraite : l’abattement fiscal de 10% reste en place : Annoncée depuis plusieurs mois, cette mesure consistant à remplacer l’abattement de 10% portant sur les pensions de retraite par un abattement forfaitaire de 2000€ par personne retraitée est finalement annulée.
Indexation barème IR
Alors qu’une année blanche était annoncée, les députés ont acté de l’indexation sur l’inflation de la première tranche du barème de l’IR. Le taux d’inflation annuel pour 2025 est de 0.9%. les tranches du barème de l’IR 2026 seront donc revalorisées.
Flat tax à 31,4%
Une hausse de la CSG de 1,4 points (adoptée dans la loi de financement de la Sécurité Sociale) pousse la flat tax à 31,4%. Le total des prélèvements sociaux passeraient donc de 17,2% à 18,6%. Avec l’ajout de la fiscalité de 12,8%, cela ferait un total de 31,4%. Tous les placements épargne sont concernés, à l’exception de l’assurance vie. Les PER, même assurantiels, n’échappent pas à la hausse de la CSG.
Imposition immobilière
Imposition des plus-values immobilières issues de la vente de la résidence principale : là encore, il s’agit d’une petite révolution. Jusqu’alors les plus-values réalisées sur la résidence principale échappait à toute fiscalité. Les plus-values immobilières réalisées lors de la vente d’une résidence principale, achetée moins de 5 ans de cela, seront désormais soumis à imposition. Cette mesure vise à limiter les fraudes de spéculateurs effectuant de multiples achats/reventes avec plus-values hors imposition, en déclarant chaque bien comme étant leur résidence principale.
LMNP 2026
Les avantages fiscaux pour les bailleurs LMNP (AirBnb, Abritel, etc.) en micro-BIC, ce sera terminé en 2026. Le régime réel s’imposera de fait dès lors que le plafond de 15.000€ de loyers sera perçu. Le plafond de chiffre d’affaires en vigueur en 2025 est de 77.700€ (loyers 2024). Dans le même temps, l’abattement forfaitaire passe de 50% à 30 %.
Contribution exceptionnelle
La contribution exceptionnelle sur les hauts revenus ne le sera plus, exceptionnelle. En effet, cette contribution "exceptionnelle" sera de nouveau reportée en 2026. La contribution exceptionnelle s’ajoute à l’impôt sur le revenu. Elle concerne les contribuables qui perçoivent de hauts revenus. Vous devez la payer si votre foyer fiscal est soumis à l’impôt sur le revenu et que votre revenu fiscal de référence (RFR) dépasse l’un des montants suivants :
- 250 000 € si vous êtes célibataire, veuf, séparé ou divorcé
- 500 000 € si vous êtes marié ou pacsé, soumis à imposition commune. Le taux appliqué est de 3% aux contribuables concernés et de 4% au-delà de 500k€ / personne.
Taxation des holdings
Taxation des holdings : Comme déjà largement évoqué par le passé, les holdings "impures" (ie, optimisée pour la détention d’actifs non directement liés à l’activité des sociétés filles) seront taxées à hauteur de 15%. Les holdings visées dépassent les 5 millions d’euros d’actifs. L’Assemblée nationale a largement adopté une taxe sur les holdings, vendredi 31 octobre. Cette mesure était proposée par le gouvernement, mais a été limitée par l’adoption d’amendements portés par la droite, au grand dam de la gauche. Elle a été adoptée par 224 voix, contre 10. Le chef des députés Les Républicains (LR), Laurent Wauquiez, s’est réjoui "d’arrêter la folie fiscale et la taxe mania" du projet de budget. Les groupes de gauche se sont abstenus, dénonçant une taxe vidée de sa substance.
Heures supplémentaires
Bonne nouvelle, les heures supplémentaires seront totalement défiscalisées. Peu de Français en profiteront puisque les heures supplémentaires sont d’ores et déjà défiscalisées jusqu’à 7.500 euros par an. La mesure supprime ce plafond de 7.500 euros par an.
PTZ 2026
Le Prêt à taux zéro (PTZ) sera encore plus avantageux en 2026. Deux amendements ont été adoptésdans le cadre du projet de loi de finances 2026. Le premier revalorise les montants accordés : pour une personne seule, le plafond passerait de 156 000 euros à 195 000 euros, et le minimum de 79 000 euros à 99 000 euros. Le second amendement ouvre l’accès au PTZ aux primo-accédants successifs dans le cadre du bail réel solidaire (BRS). Jusqu’à présent, seul le premier acheteur d’un logement en BRS pouvait bénéficier du PTZ. Cette évolution vise à fluidifier le marché et éviter le blocage de la revente dans ce type de dispositif.
Pourboires nets
Exonération fiscale des pourboires : Les députés ont voté ce lundi pour défiscaliser les pourboires jusqu’en 2028, en prolongeant, lors des débats budgétaires, une mesure qui devait s’éteindre fin 2025. L’exonération des charges sociales et fiscales sur les pourboires payés par carte bancaire, qui devait prendre fin le 31 décembre 2025, sera prolongé jusqu’au 31 décembre 2028.
Niches fiscales
La France compte 474 niches fiscales pour un coût total de 85,1 milliards d’euros. Si dix de ces « niches » ont « un fait générateur déjà atteint », c’est-à-dire qu’elles ne produisent plus aucun effet budgétaire, le gouvernement entend ainsi récolter cinq milliards d’euros au total par ce biais, sur les 30 qu’il ambitionne d’économiser dans son budget 2026.
Frais de scolarité
Le cadeau fiscal pour frais de scolarité dans le secondaire et le supérieur sera supprimé. Les parents ayant un enfant à charge au collège, au lycée ou dans l’enseignement supérieur, bénéficiaient d’un crédit fiscal : 61 euros, 153 euros ou 183 euros dans chacun des cas. Ce sera terminé en 2026.
Cotisations des apprentis
Suppression de l’exonération des cotisations des apprentis. Le projet de loi de finances pour 2026 entend enfin revenir sur le régime favorable des apprentis, dont le nombre a triplé entre 2017 et 2027, dépassant 870 000 contrats signés en 2024. Alors que les avantages accordés avaient eux aussi déjà été réformés par la loi de finances pour 2025, le gouvernement entend y mettre fin. Les nouveaux contrats conclus à partir de janvier 2026 pourraient donc être assujettis aux mêmes cotisations que les salariés classiques.
Loi de finances 2026 - Calendrier
Le gouvernement Lecornu II doit encore faire valider son projet de loi de finances 2026.
Loi de finances 2026 : le calendrier
- Juillet / août 2025 : rédaction du Projet de Loi de Finances 2026, la direction du Budget procède à la finalisation des articles du PLF ainsi qu’à la rédaction de ses multiples annexes.
- Septembre 2025 : Avis du Haut Conseil des finances publiques (HCFP) et Saisie du Conseil d’Etat pour valuations de recettes et des plafonds en crédits par programmes.
- Début octobre 2025 : Le projet de loi de finances 2026 est présenté au Conseil des ministres (14 octobre 2025).
- Jusqu’à fin décembre 2025 : Le projet de Loi de Finances 2026 est débattu à l’Assemblée nationale.