L’austérité est-elle la meilleure solution pour sortir de la crise ?

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L’Europe traverse une crise économique sans précédent. Pour y faire face et surtout pour calmer la véhémence des marchés, l’ensemble des gouvernement européens réduisent drastiquement leurs dépenses et pratiquent des politiques d’austérité. Pourtant, cette solution ne semble pas porter ses fruits. Détails...

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Gare à la restriction budgétaire !

Austérité... Ce mot revient maintenant depuis plusieurs mois à la bouche de tous les dirigeants des pays d’Europe qui font face à une crise de la dette sans précédent.

Pour lutter contre cette situation économique dramatique, la solution la plus en vogue serait donc de faire des coupes budgétaires pour réduire les déficits. Pourtant, les exemples de la Grèce, de l’Espagne ou de l’Italie ses derniers mois montrent que cette solution aurait plutôt tendance à aggraver la situation qu’à l’améliorer.

Si limiter les dépenses dans un contexte difficile semble être une bonne idée, il reste primordial de ne pas engendrer dans le processus une contraction de l’activité.

Pourtant, en Octobre 2010, le Fonds monétaire international (FMI) a publié une étude sur les effets macroéconomiques d’une restriction budgétaire qui fait autorité chez les économistes et qui montrent bien ce problème.

D’après le FMI, une restriction budgétaire de 1 % du PIB entraîne en moyenne une baisse de 1 % de la demande intérieure au bout de 2 ans et le creusement du chômage.

Des mécanismes compensateurs peu adaptés...

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Cependant, ces effets négatifs peuvent être compensés par une augmentation des exportations en baissant le taux de change ou grâce au dynamisme économique des partenaires commerciaux.

Le problème pour la France c’est qu’elle n’a pas de moyen direct d’influer seule sur le taux de change de l’euro, et que ses exportations se font très majoritairement au sein de la zone euro.

Une autre possibilité pour limiter les effets négatifs d’un ajustement budgétaire serait une détente monétaire, c’est à dire une baisse des taux d’intérêt qui favorise l’expansion de la masse monétaire, notamment via le crédit. Là encore, la France ne pourra guère en profiter en raison du niveau des taux d’intérêt qui est déjà très bas.

Ainsi, si une restriction budgétaire d’1,5 point avait lieu comme cela est prévu entre 2012 et 2013, on pourrait s’attendre par la suite à une perte de 1,2 point de PIB et une hausse du chômage d’environ 1 % soit 300 000 personnes.

La croissance avant tout ?

C’est pour cette raison précise que François Hollande avait insisté sur la renégociation du traité européen lors de la campagne présidentielle, pour intégrer une variable de croissance aux restrictions qui avaient été décidé par l’axe Merkel-Sarkozy. L’idée étant de favorisé l’action des "stabilisateurs automatiques" pour redresser la situation économique française grâce à la croissance.

Le saviez-vous? : Depuis 2 ans, la surveillance budgétaire de la zone euro utilise la notion de déficit structurel plutôt que de déficit budgétaire pour ses réformes. Cette distinction permet de corriger le déficit d'un Etat de la variable conjoncturelle et donc d'avoir une marge de manœuvre plus importante en période de crise.

Cependant, un peu plus de trois mois après son élection, le nouveau président de la République semble avoir un peu perdu de vue cet aspect, ce qui pourrait rapidement poser problème pour redresser l’économie française de manière durable.

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