Hausses de prix des produits alimentaires après l’entrée en vigueur de la loi anti prix coûtant

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La mesure anti-prix coûtant de la loi alimentation semble être d’une stupidité inégalée. Depuis le 1er février les distributeurs ne peuvent plus vendre des produits alimentaires transformés sans prendre une marge minimale de 10%. La vente à prix coûtant n’est donc plus possible. France Info a scruté les prix, sur la base d’un panier d’achat type, avant et après la loi. Bilan : des variations de prix de -0.8% à +51% selon les produits. Une vraie baisse insidieuse du pouvoir d’achat des Français. Mais les enseignes en profitent pour mettre en avant leurs cartes de fidélité maison, ristournes à l’appui, compensant en partie ces hausses.

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Les parades contre cette mesure de "loi anti prix coûtants" existaient déjà : les cartes de fidélité des enseignes. Il suffit alors qu’elles accordent des ristournes sur les produits visés par la loi et le tour est joué. Les produits sont bien vendus avec une marge suffisante, et les enseignes dépensent des frais de marketing en attribuant des ristournes sur les cagnottes maison. Il est fort probable que les agriculteurs ne ressentent pas la moindre hausse de leurs revenus sur la base de cette loi.

Les enseignes les plus chères n’ont pas augmenté leurs prix

Cette loi alimentation est surtout une bonne nouvelle pour les enseignes les plus chères du marché. Elles n’ont tout simplement pas modifié leurs prix, car elles respectent la mesure. Par contre, les enseignes les plus compétitives ont été contraintes de revoir leurs prix.

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Franceinfo a relevé les prix juste avant la nouvelle loi et juste après. Dans l’intervalle, une seule toute petite baisse de prix a été constatée, sur les pains au lait : -0,8% chez Leclerc. À l’inverse, plusieurs prix ont grimpé : huit augmentations constatées. Elles ne sont pas toujours perceptibles pour les consommateurs : +13% par exemple pour des spaghettis Panzani chez Leclerc, ça fait "seulement" huit centimes.

51% de hausse sur les Chocapic

En revanche, le lait Guigoz, chez Auchan, c’est 7% de hausse, soit un euro plus cher qu’avant la loi. Pour les céréales Chocapic, toujours chez Auchan, c’est pire : 51% de hausse, le prix a grimpé d’1,70 euro.

Les cartes de fidélité comme parade anti-loi prix coûtants

Chez Leclerc, sur une vingtaine de produits censés augmenter, les clients obtiennent 10% en bons d’achat maison avec la carte de l’enseigne. Leclerc le dit haut et fort et en fait même un argument marketing : "Quand la loi nous oblige à augmenter les prix, cette formule est là pour défendre votre pouvoir d’achat."

Des hausses de prix favorables aux revenus des agriculteurs ? Vraiment ? Qui peut croire une telle chose ?

Reste à savoir si ces hausses vont bénéficier, comme prévu, aux agriculteurs. Les clients sont sceptiques : "C’est une arnaque terrible, l’argent ne reviendra pas aux éleveurs", estime cette dame interviewée par France Info. "Je n’y crois pas du tout. Pour faire vivre un agriculteur, il faut mieux passer par des circuits courts que des grandes surfaces. Elles se débrouillent pour acheter les produits à prix très très bas. Les petits agriculteurs ne peuvent pas suffisamment gagner leur vie", juge pour sa part ce client. Une femme renchérit : "Moi je voudrais qu’on demande leur avis aux agriculteurs et savoir dans quelques mois si effectivement ils se sont rendus compte qu’il y a eu une amélioration de leur situation. Si c’est le cas, je suis d’accord."

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