Allocations aux adultes handicapés (AAH) : doublement du nombre de bénéficiaires en moins de 30 ans

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Dans sa dernière étude publiée en octobre 2018, la DREES confirme l’envolée du nombre d’allocataires à l’AAH (Allocation pour Adule Handicapé). Un doublement du nombre de bénéficiaires en l’espace de moins de 30 ans. En cause essentiellement, l’effet démographique et une hausse rapide depuis 2008.

AAH : 1.129.300 allocataires à fin 2017

L’allocation aux adultes handicapés (AAH) est un minimum social destiné à garantir un minimum de ressources aux personnes handicapées. Deux types d’AAH peuvent être accordés selon le taux d’incapacité reconnu. Fin décembre 2017, 1 129 300 allocataires perçoivent l’AAH, dont 55,6 % l’AAH1 (taux d’incapacité supérieur ou égal à 80 %) et 44,4 % l’AAH2 (taux d’incapacité entre 50 % et 79 %). Au total, leur nombre a doublé par rapport à 1990 (537 600 allocataires).

À noter : L’allocation aux adultes handicapés (AAH) augmentera de 41 euros, passant de 819 à 860 euros par mois le 1er novembre 2018. Le gouvernement a annoncé qu’elle serait portée fin 2019 à 900 euros, soit une hausse de 40 euros supplémentaires.
Évolution du nombre d’allocataires de l’AAH
Évolution du nombre d’allocataires de l’AAH © DREES

Qui sont les allocataires de l’AAH ?

52 % des allocataires de l’AAH1 sont des hommes, dont l’âge médian est de 48 ans. Les femmes allocataires de l’AAH1 sont légèrement plus âgées, leur âge médian étant de 51 ans. La répartition par sexe des allocataires de l’AAH2 est identique à celle de l’AAH1. En revanche, les allocataires de l’AAH2 sont plus jeunes (âge médian de 47 ans). Les taux de prévalence à l’AAH2, c’est-à-dire la proportion des allocataires parmi la population de la classe d’âge, sont plus élevés chez les hommes que chez les femmes jusqu’à 43 ans ; au-delà, la tendance s’inverse.

Comment expliquer ce doublement du nombre d’allocataires ?

Entre 1990 et 2017, le nombre d’allocataires de l’AAH a doublé. Plusieurs facteurs expliquent cette croissance : des effets démographiques liés au baby-boom, des modifications réglementaires depuis 2005, dont plusieurs revalorisations exceptionnelles et, depuis 2008, le contexte économique. Le nombre d’allocataires de l’AAH1 a ainsi augmenté de 12,8 % par rapport à 2006 ; la hausse est nettement plus marquée pour celui de l’AAH2, puisque les effectifs ont doublé depuis 2006.

  • Forte hausse entre 2008 et 2013

Dès 2008, le nombre d’allocataires augmente fortement jusqu’en 2012 : 36 600 allocataires supplémentaires par an en moyenne, soit des hausses annuelles allant de 3,7 % à 4,5 %. Au total, le nombre d’allocataires de l’AAH passe ainsi de 810 000 en 2007 à près d’un million en 2012. La forte hausse de 2008 (+4,3 %) peut s’expliquer par le rattrapage des dossiers non traités en 2006 et 2007 par les MDPH, mais également par les mesures réglementaires prises en 2008.

Nombre et proportion des allocataires AAH entre 1990 et 2017
Nombre et proportion des allocataires AAH entre 1990 et 2017 © DREES

L’AAH est en effet versée de façon différentielle sous condition de ressources annuelles. Or, jusqu’en 2007, l’évaluation des ressources des personnes ayant des droits ouverts à l’AAH était effectuée au 1er juillet de chaque année, sur la base des ressources perçues l’année précédente. Ainsi, chaque année, un certain nombre d’allocataires quittaient le dispositif au troisième trimestre, dès lors que leurs ressources réexaminées dépassaient le plafond fixé. En 2008, aucun réexamen de ressources n’a eu lieu puisqu’à partir du 1er janvier 2009, ’évaluation n’a plus été réalisée au 1er juillet mais au 1er janvier de l’année.
De plus, l’année 2008 a coïncidé avec le début de la mise en place du plan de revalorisation du montant maximal de l’AAH à hauteur de 25 % entre 2008 et 2012. Ce plan explique en partie la forte dynamique durant ces cinq années.

Une évolution annuelle de 1,2 % en moyenne des effectifs de l’AAH1 entre 2006 et 2017

Le nombre d’allocataires de l’AAH1 est plus élevé que celui de l’AAH2.Les deux types d’AAH n’évoluent cependant pas au même rythme. La croissance des effectifs de l’AAH1 est faible, voire stagne depuis 2013, alors que les effectifs de l’AAH2 ne cessent d’augmenter à un rythme soutenu depuis 2008 : leur croissance s’élève ainsi à 9,5 % en 2009 et en 2011. Entre 2006 et 2017, le nombre d’allocataires de l’AAH1 a augmenté de 13 %, soit une augmentation annuelle moyenne de 1,2 %. Leurs effectifs ont vieilli, pour
les hommes comme pour les femmes (graphique 5). L’âge médian des allocataires de l’AAH1 s’élève en 2017 à 49 ans, après 44 ans en 2006. Pour les hommes, il est passé de 43 à 48 ans et pour les femmes de 46 à 51 ans.

Par ailleurs, la structure par âge évolue puisque le nombre d’hommes de moins de 44 ans et de femmes de moins de 47 ans bénéficiant de l’AAH1 diminue entre 2006 et 2017.

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