
CAC40 +1.13 % sur la semaine, 8195.21 points !
NOUVEAUTÉ ! CAC40 : Sur la semaine, l'indice CAC40 termine en hausse de +1.13 %, en clôturant à 8195.21 points.
Briefing boursier de la semaine, par Christopher Dembik, Economiste, Saxo Banque.

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La possibilité d’une remontée plus tôt que prévu des taux aux Etats-Unis en raison de l’amélioration de l’emploi a jeté un coup de froid sur les marchés financiers en fin de semaine dernière. Il s’agit surtout d’une réaction épidermique puisqu’à ce jour rien n’indique que la FED envisage de relever ses taux avant juin prochain.
Le durcissement monétaire en ligne de mire outre-Atlantique et la valorisation élevée des principaux indices attisent les craintes de correction en bourse. Pour l’instant, il n’y a aucun élément permettant d’anticiper un tel mouvement à court terme mais il parait de plus en plus inévitable. Pour aller vers de nouveaux plus hauts, les indices devront marquer une pause, à l’instar de ce qui s’est produit en octobre dernier.
En dépit des signes encourageants de retour de la croissance en zone euro qui soutiennent pour l’instant la tendance, comme mis en évidence par l’évolution de l’indice de surprise économique de Citigroup, ce n’est certainement pas le meilleur moment pour être acheteur.
C’est aujourd’hui que les banques centrales nationales de la zone euro vont commencer les rachats d’actifs privés et publics qui visent, officiellement, à éloigner l’Union de la déflation. Dans les faits, c’est surtout une politique monétaire de dévaluation de la monnaie qui est mise en œuvre.
Il est fort probable que, dans les prochaines semaines, les autorités monétaires ne rencontrent pas de difficulté à trouver des vendeurs sur le marché de la dette. A plus long terme, cela pourrait poser problème. Le montant de rachats envisagé est nettement supérieur à l’ensemble des émissions nettes de titres souverains prévu cette année en zone euro. La BCE et les banques centrales nationales pourraient trouver un soutien du côté des investisseurs non-résidents qui sont réputés plus flexibles mais ils ne constituent pas le contingent le plus significatif de détenteurs de dettes. Il faudra que les banques de second rang fassent preuve de coopération, ce qui n’est pas garanti.
Le panorama économique reste très mitigé. Comme l’indiquent le climat des affaires et les récents indicateurs PMI, seul le secteur des services semble bénéficier d’une embellie grâce à une consommation qui reste solide.
Les baisses significatives de l’euro et du pétrole ne paraissent pas enclencher une dynamique économique vertueuse pour le moment, à tel point que la Banque de France a révisé à la baisse sa prévision de croissance au premier trimestre à 0,3% contre 0,4%.
On ne peut en aucun cas nier que la dépréciation de l’euro permet un gain de compétitivité-prix immédiat. Cependant, cette dépréciation étant très rapide, l’appareil productif n’a pas le temps de s’adapter pour conquérir de nouveaux marchés et embaucher de la main d’œuvre. Une stabilisation du taux de change de l’euro/dollar serait donc salutaire.
A ce jour, la Grèce n’est pas un facteur de risque significatif pour la zone euro et pour les marchés financiers. Les discussions en cours ont de fortes chances de s’étaler encore pendant plusieurs mois avant que des points d’accord manifestes n’apparaissent. La présentation de la liste de réformes par Athènes en fin de semaine dernière n’est qu’une première étape.
Le marché fera attention au remboursement le 13 mars prochain de dettes arrivant à échéance. Il s’agit de 336 millions d’euros pour le FMI et de 1,6 milliard d’euros d’obligations émises par le Trésor grec. Certaines voix se font déjà entendre pour plaider en faveur d’une suspension des remboursements le temps des négociations. Il n’y a pas d’urgence, car l’Etat grec a encore les moyens de faire face à ses obligations, le risque de liquidité est très limité dans l’immédiat.
En revanche, toutes les réformes possibles et imaginables n’empêcheront pas l’inévitable, à savoir une nouvelle restructuration de la dette grecque au détriment des Etats européens. C’est la seule solution crédible pour que la Grèce fasse durablement partie de l’Union monétaire.
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