Affaire Vinci : sanction de 5 millions d’euros requise contre Bloomberg (AMF)

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Le régulateur boursier français a requis vendredi une amende de 5 millions d’euros contre l’agence américaine Bloomberg pour diffusion d’une fausse information qui avait fait chuter le titre Vinci il y a trois ans, une sanction jugée disproportionnée par le média, qui souligne avoir été une victime dans cette affaire.
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Bourse © stock.adobe.com

Affaire Vinci : sanction de 5 millions d’euros requise contre Bloomberg (AMF)

Le représentant du collège de l’Autorité des marchés financiers a réclamé une sanction de "cinq millions d’euros contre Bloomberg L.P", qui a comparu devant la commission des sanctions du régulateur boursier vendredi, a indiqué l’AMF.

L’affaireremonte à trois ans, en novembre 2016, quand l’agence financière Bloomberg avait diffusé une fausse information sur la base d’un communiqué de presse frauduleux qui avait annoncé de prétendues irrégularités dans les comptes du groupe de BTP Vinci ayant entraîné prétendument le licenciement de son directeur financier.

Dans la foulée, l’action Vinci s’était effondrée de plus de 18%. Le groupe avait alors rapidement démenti puis déposé plainte "contre X" au parquet national financier pour actes de "diffusion de fausses informations de nature à agir sur les cours", "escroquerie en bande organisée" et "contrefaçon d’œuvre de l’esprit".

Le gendarme de la Bourse avait annoncé dès le lendemain du couac médiatique mener une enquête afin de "déterminer toutes les responsabilités" après ce "grave dysfonctionnement du marché".

Plusieurs médias avaient relayé cette fausse information d’origine inconnue diffusée par les agences de presse Bloomberg et Dow Jones.

Le communiqué frauduleux avait été reçu également par l’AFP, qui n’avait pas donné suite après s’être aperçue que ce document avait été mis en ligne surun site internet miroir, très similaire du vrai site mais avec une adresse distincte . Ce communiqué avait même été signé du nom du véritable responsable des relations presse de Vinci, tout en renvoyant à un faux numéro de téléphone portable.

Vendredi soir, l’agence Bloomberg a jugé que "la sanction proposée aujourd’hui par le Collège de l’AMF est sans précédent et disproportionnée", dans une réaction transmise à l’AFP.

"Nous sommes fermement convaincus que Bloomberg News n’a manqué à aucune disposition légale régissant les marchés financiers", affirme-t-elle.

"Dans l’affaire Vinci, le +hoax+ (fausse information propagée par messagerie électronique, ndlr) extrêmement sophistiqué a momentanément trompé un certain nombre de journalistes, dont certains chez Bloomberg News. Seulement quelques minutes après la publication du faux communiqué par différents organes de presse financiers, Bloomberg News a été le premier à publier un rectificatif", indique l’agence.

Elle estime avoir été, "comme l’entreprise qui était visée et les autres organes de presse impliqués, une victime de ce +hoax+".

"Bloomberg News a toujours pris très au sérieux la cybercriminalité et dispose de procédures internes robustes et complètes afin de lutter contre cette menace sans cesse grandissante. L’impartialité et l’exactitude sont cruciales pour le journalisme et nous nous efforcerons toujours d’offrir à nos lecteurs un contenu de la plus haute qualité", conclut l’agence.

pan-bur/kd/ak/cam

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