Bourse : bilan d’un mois de janvier en forte reprise, malgré des indicateurs pour le moins négatifs

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Francfort, Paris et Londres ont toutes les trois bouclé un mois de janvier en forte hausse, encouragées par les espoirs de détente commerciale entre les Etats-Unis et la Chine. Les Bourses européennes vont continuer à vivre au rythme des résultats d’entreprises la semaine prochaine, en essayant de confirmer un début d’année favorable, en particulier à Londres malgré les incertitudes du Brexit.

Un bon début d’année 2019

Évolution de l’indice CAC40 d’octobre 2018 au 1er février 2019
Évolution de l’indice CAC40 d’octobre 2018 au 1er février 2019 © Copie écran TradingView

« Jusqu’à présent, 2019 n’a pas été mauvais pour les investisseurs compte tenu du fait que l’ensemble des principaux indices ont engrangé des gains. Les marchés montrent des signes d’optimisme concernant une issue positive de la guerre commerciale », remarque Russ Mould, analyste au sein du courtier britannique AJ Bell.
Les marchés sont toutefois loin d’être sortis d’affaire et s’interrogent encore sur l’ampleur du ralentissement économique mondial. Celui-ci dépendra beaucoup de la Chine, qui montre des signes d’essoufflement inquiétants.

Un mois de janvier optimiste, trop optimiste ?


« Les investisseurs se posent encore beaucoup de questions  », prévient Isabelle Enos, conseillère en investissement financier chez BNP Paribas Banque Privée, qui relève toutefois « un mois de janvier plutôt optimiste » après des soubresauts en décembre. Les dernières séances ont été toutefois plus contrastées, les marchés bougeant davantage au gré des nombreuses publications de sociétés, plutôt positifs à Paris, tandis que Londres trouvait du soutien grâce aux matières premières et à une livre un peu moins forte.

L’Italie en récession


L’Italie, dont le produit intérieur brut (PIB) a reculé de 0,2 % au 4e trimestre, après -0,1 % au précédent, est le seul pays de la zone euro a être officiellement entré en récession. L’Allemagne, de son côté, y a échappé de justesse. Deuxième pays manufacturier d’Europe, l’Italie a déjà connu une dure récession en 2012-2013. Depuis 2014, il n’avait retrouvé qu’une croissance exsangue.

Tout va encore bien pour le UK


L’indice vedette britannique s’est même permis de dépasser les 7.000 points pour la première fois depuis début décembre.
Francfort a en revanche fait grise mine, pénalisée par le début en demi-teinte des publications d’entreprise, ainsi que par les incertitudes macroéconomiques. Comme attendu, le gouvernement allemand a fortement abaissé ses prévisions de croissance pour cette année, entérinant le ralentissement mondial en cours.
Plusieurs indicateurs seront au programme la semaine prochaine avec notamment les commandes à l’industrie aux Etats-Unis ou encore les ventes au détail en zone euro, mais ce sont surtout les nombreux résultats d’entreprises qui nourrissent l’agenda.
Les investisseurs scruteront en France le géant pharmaceutique Sanofi, le sidérurgiste ArcelorMittal, le pétrolier Total ou encore la banque BNP Paribas. En Allemagne, le constructeur automobile Daimler sera suivi tout comme au Royaume-Uni la compagnie pétrolière BP et en Irlande la compagnie aérienne Ryanair.
« La période de résultats va s’intensifier la semaine prochaine en Europe, où les discours des chefs d’entreprises seront particulièrement importants », afin notamment d’y voir plus clair sur la vigueur de l’économie mondiale, souligne Isabelle Enos.
La saison des publications, qui bat son plein, donne du grain à moudre aux investisseurs et permet de leur faire un peu oublier les tensions politiques, qui restent présentes notamment sur le marché britannique.

Quel Brexit ?

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Les nouvelles autour du Brexit continueront néanmoins de donner le ton à Londres, à deux mois de la date prévue de sortie de l’UE, les analystes étant bien en peine d’en prévoir l’issue entre risque d’absence d’accord et ou entente de dernière minute au Parlement britannique. Bruxelles a refusé catégoriquement toute renégociation de l’accord négocié par la Première ministre Theresa May, entretenant le flou, ce qui a pesé sur la livre, baromètre de l’humeur du marché, ainsi que sur les valeurs les plus exposées à l’économie britannique.
Le marché britannique surveillera toute nouvelle sur le sujet et cherchera davantage de certitudes auprès de la Banque d’Angleterre (BoE) qui tient sa réunion de politique monétaire dont les conclusions seront dévoilées jeudi.
La banque centrale ne devrait pas toucher à ses taux, en attendant d’y voir plus clair sur le Brexit. Elle devrait en outre dévoiler ses prévisions économiques, qui sont pour l’heure loin d’être catastrophistes, en tablant certes sur un Brexit doux.
Les entreprises au Royaume-Uni sont néanmoins contraintes d’accélérer leurs préparatifs afin d’être prêtes à toute éventualité, ce qui passe par l’augmentation des stocks ou des projets de déplacements d’activité vers le continent.

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