La Bourse de Paris finit stable, tiraillée entre bonnes et mauvaises nouvelles

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La Bourse de Paris a terminé stable jeudi, écartelée entre les bonnes nouvelles sur le front commercial et des données macroéconomiques ainsi que des résultats d’entreprises plutôt défavorables.

La Bourse de Paris finit stable, tiraillée entre bonnes et mauvaises nouvelles


L’indice CAC 40 a pris 0,16 point à 5.196,11 points, dans un volume d’échanges modéré de 3,60 milliards d’euros. La veille, il avait fini en hausse de 0,69%.
La cote parisienne a ouvert à l’équilibre, oscillant autour de ce point neutre toute la séance.
"Le marché est d’un côté soutenu par les bonnes nouvelles sur le front commercial et le ton plutôt rassurant de la Réserve fédérale américaine, puis tiraillé de l’autre par de nouvelles données macroéconomiques de mauvaise facture ainsi que des résultats d’entreprises pas forcément très bons aujourd’hui", a résumé à l’AFP Andrea Tuéni, analyste chez Kiplink Finance.
"Cela donne un marché plat qui se cherche un peu" mais "qui résiste tout de même pas mal aux mauvaises nouvelles", a-t-il observé.
Les investisseurs, qui avaient été réconfortés par le compte-rendu de la veille confirmant la posture prudente de la Banque centrale américaine, ont eu beaucoup de nouvelles à digérer sur le plan macro et microéconomique.
Sur la macroéconomie, les chiffres ont été "globalement mauvais", note M. Tuéni.
Même si la croissance de l’activité du secteur privé en zone euro a légèrement accéléré en février, ressortant légèrement au-dessus des attentes,"le PMI manufacturier est plutôt catastrophique" et "montre que la situation économique est compliquée en zone euro", estime-t-il.
La puissante machine industrielle allemande s’est en effet grippée en février : "la production a reculé pour la première fois depuis près de six ans tandis que le volume des nouvelles commandes a nettement diminué, affaibli par les difficultés du secteur automobile", selon le cabinet IHS Markit.
Le tableau n’a pas été tellement plus réjouissant aux Etats-Unis. Les commandes industrielles de biens durables ont augmenté en décembre comme s’y attendaient les analystes mais l’activité manufacturière de la région de Philadelphie a ralenti en février pour la première fois depuis presque trois ans.
Contrairement aux attentes des analystes qui tablaient sur un léger rebond, les reventes de logements aux Etats-Unis ont reculé en janvier pour le troisième mois d’affilée.
Sur le sujet central des discussions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis, qui les préoccupent, les investisseurs ont reçu "un flot de bonnes nouvelles", souligne l’expert.
D’après des informations de presse, des esquisses de protocoles d’accord seraient en cours d’élaboration, notamment sur le respect de la propriété intellectuelle ou les transferts de technologies imposés par Pékin aux firmes américaines, sujets épineux au cœur du différend commercial.
Les négociations commerciales à haut niveau entre Américains et Chinois ont repris jeudi à Washington pour tenter d’aboutir à un accord après des mois de tensions et de menaces.
La Banque centrale européenne s’est inquiétée d’un ralentissement économique prolongé en zone euro du fait del’aggravation des tensions commerciales, selon le compte-rendu de sa dernière réunion de politique monétaire publié jeudi.
L’Allemagne et ses constructeurs automobiles, déjà fragilisés par le scandale du diesel, seraient particulièrement affectés en Europe si les Etats-Unis mettaient à exécution leur menace de droits de douane supplémentaires sur les importations de voiture.
Bouygues en tête du CAC 40
Bouygues a profité (+3,61% à 32,71 euros) d’un bénéfice net en claire progression en 2018, qui a déjoué les prévisions des analystes, avec une promesse d’amélioration de la rentabilité cette année.
Vallourec a décollé de 24,18% à 2,15 euros, propulsé par l’amélioration des résultats en 2018 annoncée par le fabricant de tubes pour l’industrie pétrolière qui prévoit de renforcer son plan d’économies.
Eramet s’est enfoncé de 16,32% à 51,80 euros, pénalisé par la chute de 74% en 2018 de son bénéfice net, en raison notamment de 65 millions d’euros de provisions passées pour couvrir des problèmes de contrôle qualité dans sa branche alliages.
TechnipFMC a plongé de de 7,28% à 22,80 euros, lesté par une perte nette de près de 2 milliards de dollars en 2018.
Fnac Darty a bondi de 7,01% à 70,25 euros, profitant d’un bénéfice net en 2018 quasiment multiplié par quatre et de ventes stables.
AccorHotels a perdu 3,69% à 38,58 euros, malgré la publication d’unbénéfice net record pour 2018, les investisseurs s’interrogeant au sujet du retour sur investissement des nouveaux axes annoncés et s’inquiétant des perspectives pour 2019 du fait des incertitudes autour de la croissance chinoise et de la guerre commerciale.
Orange est resté stable à13,65 euros après un bénéfice net en hausse de 6% sur l’année 2018, grâce à une progression de ses ventes sur l’ensemble de ses marchés.
pan/ef/eb

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