Nouvelle lourde chute des places financières : cette saine baisse pourrait-elle déboucher vers un véritable krach ?

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La Bourse de Paris a de nouveau fini en net repli jeudi (-1,92%), toujours fragilisée par une accumulation de craintes au sujet de l’économie mondiale et de la remontée des taux d’emprunt américains.
L’euphorie inexpliquée des marchés américains depuis cet été connait donc une fin brutale. Les craintes s’accumulent, notamment sur la guerre commerciale opposant les USA et la Chine. Les rappels du FMI sur les risques d’une prochaine crise financière ne rassurent évidemment pas.

Une baisse saine des marchés américains


Les investisseurs sont restés sourds face aux mauvaises nouvelles depuis de trop nombreuses semaines. La guerre commerciale entamée par leur président ne pouvait pas aboutir à une amélioration de l’économie. D’autre part, la remontée des taux d’intérêts marque la politique de l’argent gratuit. Un juste retour à la vraie vie économique. Ce décalage est donc en train de se rétablir, la bulle éclate. C’est sain. Le seul hic pour les Européens est que la chute des places boursières américaines entraîne les indices du reste du monde dans leur sillage fortement baissier.

Le CAC 40 ne se porte pas si mal, mais les marchés américains entraînent toutes les places financières dans leur chute

Évolution de l’indice CAC40 sur une année
Évolution de l’indice CAC40 sur une année © Google.fr / Copie écran cotation CAC40

L’indice CAC 40 a perdu 99,85 points à 5.106,37 points, dans un volume d’échanges très important de 6,2 milliards d’euros. La veille, il avait déjà fini en fort recul de 2,11%. La cote parisienne a ouvert en net repli et n’a pas réussi à se reprendre ensuite. Elle a encore accentué ses pertes en toute fin de séance, au point de perdre brièvement plus de 2%.
"La journée a encore été très difficile, sous le coup de multiples inquiétudes", a résumé auprès de l’AFP Daniel Larrouturou, directeur général délégué chez Diamant bleu Gestion.
"Les marchés boursiers étaient beaucoup montés grâce à des liquidités abondantes et à une croissance soutenue, or la croissance est en train de décélérer tandis que les liquidités sont moins importantes et plus chères, en particulier aux Etats-Unis" avec la remontée des taux d’emprunts, a-t-il complété.
Néanmoins, il est important de constater que les indices européens ne sont pas orientés fortement à la baisse, mais subissent la baisse des indices américains. Un rebond sur les niveaux les plus faibles de l’année est anticipé par de nombreux professionnels de la finance.

Guerre commerciale entre la Chine et les USA : pour gagner, il ne faut pas jouer

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Les investisseurs s’inquiètent aussi des "conséquences sur les résultats d’entreprises et la croissance mondiale de la guerre commerciale que se livrent les Etats-Unis et la Chine", a commenté auprès de l’AFP Andrea Tuéni, analyste chez Saxo Banque. En début de semaine, le Fonds monétaire international a notamment abaissé les prévisions de croissance mondiale pour 2018 et 2019 en raison de la guerre commerciale. Cette fuite des investisseurs s’inscrit également dans un contexte de fin de la politique très accommodante de la banque centrale américaine , engagée dans un processus de hausse des taux d’intérêt, critiqué par le président Donald Trump.

Forte hausse des taux d’intérêts américains


Les rendements obligataires américains sont soudainement remontés la semaine dernière, après des propos du président de la Fed Jerome Powell, qui a laissé entendre que l’institution pourrait encore durcir sa politique monétaire en raison de la conjoncture économique favorable. La publication d’une inflation américaine moins dynamique que prévu en septembre a permis une brève accalmie. "Ces chiffres montraient une certaine décélération qui pourrait inciter la Réserve fédérale américaine à se montrer moins pressée de remonter ses taux directeurs", a noté M. Larrouturou. Mais cet effet apaisant s’est vite dissipé.

Flambée des taux d’intérêts italiens


Côté européen, les finances italiennes suscitent encore aussi de nombreuses inquiétudes. Le gouvernement populiste italien a réaffirmé mercredi qu’il ne modifierait pas ses prévisions budgétaires, malgré les avertissements des marchés et des partenaires européens, désormais rejoints par plusieurs institutions italiennes.

Chute des indicateurs sur l’économie allemande


En terme d’indicateurs, le gouvernement allemand a par ailleurs nettement abaissé jeudi ses prévisions de croissance économique pour 2018 et 2019, principalement en raison de "l’environnement international".
Aux Etats-Unis, les demandes hebdomadaires d’allocations chômage aux Etats-Unis ont augmenté à la surprise des analystes. Les stocks de pétrole brut ont pour leur part augmenté bien plus fortement que prévu la semaine dernière tandis que la production est montée à un nouveau record.

Point sur les actions françaises


En matière de valeurs,Ingenico montait de 4,23% à 65,56 euros, dynamisé par l’intérêt manifesté par Natixis, qui a perdu 4,62% à 5,37 euros.
Le secteur du luxe est resté mal orienté, au lendemain d’un plongeon sur fond de craintes d’un ralentissement des ventes en Chine. Kering a perdu 2,36% à 372,30euros, Hermès 1,39% à 498,40 euros et LVMH 1,26% à 261,95 euros.
Le secteur technologique a en revanche repris des couleurs, au lendemain d’une forte chute des valeurs technologiques à Wall Street. STMicroelectronics a gagné 1,95% à 14,41 euros et Soitec 0,45% à 56,10 euros.
Capgemini a été pénalisé (-2,49% à 101,95 euros) par un abaissement de sa recommandation à "neutre" contre "acheter" précédemment par Oddo BHF.
Les valeurs pétrolières ont glissé dans le sillage de la baisse des prix du baril, à l’instar de Total (-3,43% à 53,21 euros) etde TechnipFMC (-2,60% à 25,85 euros).

Secteur bancaire dans le rouge foncé


Le secteur bancaire n’a pas réussi à sortir du rouge. Crédit Agricole a cédé 2,11% à 12,24 euros, Société Générale 1,58% à 36,07 euros et BNP Paribas 2,49% à 50,19 euros.
Engie a reculé de 2,59% à 11,86 euros, après que les autorités thaïlandaises ont annoncé mettre leur veto à la cession par le groupe Engie de trois milliards de dollars d’actifs dans le royaume.

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