Marchés : CAC 40 +17.90%, au plus haut de l’année, que faire après ce trimestre de fort rebond ?

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Si la chute des places financières a surpris par son ampleur en fin 2018, la hausse de ce début d’année 2019 surprend tout autant. Le premier trimestre 2019 aura suffi, à lui seul, à effacer la chute des marchés enregistrée au trimestre précédent. Les experts de Gaspal Gestion livrent leurs recommandations.

Croissance en berne, taux au plancher et actions en hausse

Évolution de l’indice CAC 40 hors dividende
Évolution de l’indice CAC 40 hors dividende © Copie écran TradingView

L’indice CAC 40 a pris 17,29 points pour finir à 5.580,38 points, son plus haut niveau depuis le 22 mai 2018, dans un volume d’échanges très fourni de 5,4 milliards d’euros. La veille, il avait fini en hausse de 0,62%. Au cours de la semaine écoulée, la cote parisienne a progressé de 1,73%. Ses gains depuis le 1er janvier s’élèvent à 17,96%. Beaucoup de bonnes nouvelles ont déjà été intégrées dans les cours. Pour autant, certaines entreprises et certains secteurs restent encore attractifs. Croissance en berne, taux au plancher et actions en hausse : telle est la configuration actuelle sur les marchés financiers.
Dans ce contexte a priori peu confortable, qui rappelle celui de l’année 2016, les investisseurs peuvent s’interroger sur la stratégie à adopter. Heureusement, des solutions s’offrent toujours à eux.

Perspectives économiques : tout va bien, sauf la croissance


Les premiers mois de l’année ont été marqués par trois tendances majeures :
  1. un ralentissement de la croissance mondiale,
  2. une réaction des banques centrales pour soutenir l’activité économique,
  3. les espoirs d’un accord commercial entre les Etats-Unis et la Chine.

En ce qui concerne l’accord sino-américain, le revirement est total face à la fin d’année dernière où les deux pays semblaient prêts à entrer dans une logique de confrontation et de hausse mutuelle des droits de douane. Chaque semaine apporte désormais le message de « nouvelles avancées » dans les discussions en vue d’un accord que les investisseurs semblent d’ores et déjà considérer comme acquis. Le fort rebond des marchés au premier trimestre est en grande partie lié aux espoirs suscités par cet accord, qui éloigne le risque d’un fort ralentissement de l’économie chinoise.
Les craintes de ralentissement de la croissance mondiale restent néanmoins très présentes, notamment en Europe et plus particulièrement en Allemagne. Les perspectives de croissance pourraient encore être abaissées. Aux Etats-Unis, une décélération de l’activité a également commencé à se faire sentir en début d’année. En conséquence, les résultats du premier trimestre sont attendus en baisse pour la première fois depuis 2016. Les banques centrales ont toutefois pris acte de cette conjoncture dégradée et ont adopté un discours plus accommodant qui a permis de rassurer les investisseurs et soutenir les marchés.

Marchés actions : se tourner vers le luxe, la technologie et les banques


Malgré la forte hausse des actions en début d’année, le trou d’air de la fin d’année 2018 laisse encore certains secteurs et certaines valeurs sur des niveaux de valorisation attractifs. Le marché actions européen reste d’ailleurs dans son ensemble sur son niveau de valorisation moyen de long terme, avec un P/E de 13,9 fois les bénéfices attendus à 12 mois pour les entreprises du Stoxx Europe 600.
Dans un contexte de taux bas, il reste indispensable de privilégier les sociétés de qualité dont les bénéfices continuent à croître et dont les dividendes versés sont à la fois élevés et réguliers.
Du côté des valeurs cycliques, les opportunités sont toujours nombreuses : les bénéfices à venir des grands groupes pétroliers n’ont par exemple pas encore été totalement réintégrés dans les cours et des entreprises comme Total offrent ainsi des dividendes au rendement supérieur à 5% par an. On notera également dans ce domaine la très faible valorisation des valeurs bancaires européennes, qui valent désormais en Bourse environ 60% de leur actif net. Ces entreprises offrent un dividende pérenne dont le rendement dépasse les 6%, y compris pour les acteurs les plus solides du secteur comme BNP Paribas. Le secteur bancaire pourrait par ailleurs bénéficier de nouvelles mesures de la BCE pour contrer les effets des taux négatifs et bénéficier d’un assouplissement des besoins en fonds propres des filiales, ce qui pourrait favoriser les opérations de fusions-acquisitions transfrontalières.
Les opportunités restent également nombreuses sur le segment des valeurs de croissance, même si les valorisations de certains titres sont déjà revenues sur des niveaux élevés. Les excellents résultats de LVMH au premier trimestre 2019 montrent que les valeurs du luxe peuvent encore progresser grâce à des fondamentaux particulièrement solides et une consommation chinoise plus résiliente qu’attendu sur ce segment. Toujours dans le domaine des valeurs de croissance, le secteur technologique présente lui aussi un profil attractif grâce à une croissance structurelle plus forte que la moyenne du marché. En France, des valeurs comme Cap Gemini ou Dassault Systèmes offrent par exemple un profil toujours attractif.

Marchés de taux : la patience est de mise


Les marchés actions ne sont pas les seuls à avoir connu un trimestre de forte appréciation. Les marchés obligataires ont été les premiers à bénéficier du discours accommodant des banquiers centraux. Le report des projets de hausse des taux directeurs a permis de faire baisser l’ensemble de la courbe des taux aussi bien en Europe qu’aux Etats-Unis. Le marché anticipe même une baisse des taux de la Fed en fin d’année.
Dans un marché où les taux sont très comprimés et les écarts de taux sont très faibles, les niveaux de rendement ne sont désormais plus suffisants pour rémunérer les risques. A l’exception de certaines stratégies spécifiques, comme l’investissement sur des titres high yield de court terme sélectionnés avec rigueur, l’attentisme reste donc de mise. Il faudra attendre d’éventuels chocs politiques ou macroéconomiques pour profiter d’une nouvelle hausse des spreads permettant de profiter de couples rendement-risque plus attractifs. Il sera donc préférable d’investir actuellement sur les marchés actions et sur les titres à forts dividendes.

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