Ophèle (AMF) : tendances favorables en 2018 sur les marchés malgré des risques accrus

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Le patron du gendarme français de la Bourse, Robert Ophèle, a estimé jeudi que les tendances favorables à l’oeuvre en 2017 sur les marchés se confirmaient cette année, même si les risques se sont clairement accrus.

Ophèle (AMF) : "tendances favorables" en 2018 sur les marchés malgré des "risques accrus"


L’état des marchés "ne semble pas contrecarrer à ce stade la reprise des émissions d’actions et d’introductions en Bourse que nous avions observée l’an passé", avec déjà pour les quatre premiers mois de l’année autant d’entrées en Bourse que sur l’ensemble de 2017, a-t-il affirmé en présentant à la presse le rapport annuel de l’Autorité des marchés financiers .
Il a néanmoins identifié plusieurs facteurs de risques à surveiller, à commencer par "l’incidence probable sur la croissance de la montée de la rhétorique protectionniste et des sanctions décidées par les États-Unis", ou le niveau des valorisations boursières outre-Atlantique, "très au-dessus de ses fondamentaux" économiques, ce qui n’est "pas le cas en France et en Europe".
Il s’est également inquiété du "niveau élevé d’endettement des agents économiques, publics et privés, ménages et sociétés, alors même que la normalisation monétaire n’a pas réellementdébuté dans la zone euro et n’est pas achevée aux Etats-Unis".
Concernant l’activité de l’AMF, l’année 2017 a été marquée par une forte hausse du montant total des amendes prononcées.
- Près de 41 millions d’euros de sanctions -
La Commission des sanctions, instance indépendante au sein de l’AMF et seule habilitée à sévir, a prononcé un total de 40,756 millions d’euros de sanctions contre 9,725 millions d’euros l’année précédente. Une hausse qui s’explique principalement par la sanction record de 35 millions d’euros infligée au gestionnaire d’actifs Natixis Asset Management pour manquements à ses obligations dans la gestion de certains fonds de placement.
Sur le plan financier, l’année s’est soldée par une perte de près de 7 millions d’euros.
"L’AMF, qui collecte plus de 110 millions d’euros de contributions de ses assujettispour financer ses missions, n’est autorisée à en conserver que 94", a regretté M. Ophèle, en renouvelant la requête de son prédécesseur Gérard Rameix de disposer de davantage de marges de manœuvres budgétaires.
"Alors même que l’AMF a déjà des moyens sensiblement inférieursà ceux de ses homologues étrangers et que ses besoins augmentent en raison de l’accumulation des nouvelles réglementations, de la recomposition européenne en cours et des défis posés par l’innovation financière et le traitement d’un nombre croissant de données (...), c’est naturellement uneaugmentation de nos revenus nets de reversement à l’Etat dont nous avons besoin", a-t-il ajouté.
M. Ophèle a également évoqué "les difficultés que rencontre l’émergence d’une supervision financière européenne". Pour lui, "le Brexit, qui pourrait avoir un rôle d’électrochoc pourrevoir en profondeur l’architecture institutionnelle et faire de l’UE une zone financière cohérente, attractive et puissante, ne joue pas ce rôle actuellement".
Le patron de l’AMF a évoqué par ailleurs des "conséquences, à ce stade en demi-teinte", pour les premiers mois d’entréeen vigueur de la directive européenne Mifid II destinée à améliorer la transparence des marchés financiers.
Le point positif est que "cette réforme n’a pas perturbé les marchés qui se sont adaptés sans perte de substance", mais sur certains points il n’est "pas certain que la transparence y ait gagné".
Et d’ajouter : "Nous avons donc devant nous un important travail à conduire avec l’industrie pour analyser les évolutions dans la structure des marchés, l’efficacité des mesures prises et combattre les éventuels contournements".
abx/soe/tes

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