Perspectives boursières 2018 : attendues moins bonnes qu’en 2017, avec un optimisme prudent pour BlackRock

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L’année 2017 devrait être un bon millésime pour les investissements financiers. Le CAC40 affiche ces jours un rendement annuel de près de 14%. Le marché obligataire n’est pas en reste avec une performance remarquable de 7%. 2018 s’annonce cependant un peu plus chagrin, selon les prévisions de BlackRock.
Perspectives boursières 2018 : attendues moins bonnes qu'en 2017, avec un optimisme prudent pour BlackRock
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En cette période de fin d’année, les maisons de gestion d’actifs livrent leurs prévisions pour l’année 2018. BlackRock est optimiste pour 2018 mais invite à rester prudent, compte-tenu des niveaux de valorisation élevés des marchés.

Une excellente année 2017

L’année 2017 a été prodigue pour les investisseurs : à ce jour, le CAC 40 affiche une hausse de 14%, en ligne avec la moyenne européenne, et les actions mondiales de 22%, des records précédemment atteints en 2013 ; mais cette fois les obligations ne sont pas en reste avec 7%, un record depuis 2009 (contre une baisse de 2,5% en 2013). Les moteurs de ces performances exceptionnelles : une croissance supérieure aux attentes, partout mais surtout en Europe, une inflation moindre, et les risques politiques de premier plan— notamment ceux liés aux relations entre les Etats-Unis et la Chine et à une possible désintégration de l’Europe—relégués à l’arrière-plan.

Evolution de l’indice CAC40 en cours journalier sur l’année 2017
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Répéter ces performances en 2018 semble peu probable, car on ne peut plus parier sur les mêmes moteurs et les valorisations de toutes les classes d’actifs sont maintenant élevées.

Mais nous restons néanmoins optimistes et convaincus que les marchés restent fondamentalement favorables à la prise de risque en actions pour trois raisons principales :

  1. Tout d’abord, nos analyses indiquent que la phase d’expansion soutenue dans laquelle se trouve l’économie mondiale a toutes les chances de se maintenir, même si ses moteurs évoluent : plus d’investissement, moins de consommation dans les pays avancés, légère accélération aux Etats Unis, surtout si la réforme fiscale en cours de finalisation est approuvée, mais léger ralentissement probable en Europe et au Japon ; même rotation du côté des pays émergents, entre la Chine, qui devrait ralentir modérément du fait de la priorité désormais accordée par le régime à la qualité de la croissance plutôt qu’à sa quantité, et l’Inde, le Brésil, la Russie qui devraient réaccélérer.
  2. Ensuite, les pressions inflationnistes, tout en se renforçant, vont rester modérées, permettant aux banques centrales de rester accommodantes. La Réserve Fédérale est en bonne voie de voir son objectif d’inflation atteint et devrait donc continuer sa politique de hausse de taux très graduelle. Par contre la BCE et la Banque du Japon en sont loin et devraient donc afficher patience et persévérance au moins pour quelques trimestres. En conséquence, les taux d’intérêt au niveau mondial devraient remonter seulement de manière modérée, rendant plus soutenables des valorisations élevées pour les actions.
  3. Enfin, nous pensons que l’environnement actuel de faible volatilité des marchés a de bonnes raisons de durer, compte tenu de la persistance historique de telles phases en période d’expansion et de faible volatilité macroéconomique, et de l’absence d’excès de levier dans le secteur financier (sauf en Chine, où les autorités s’attachent activement à le réduire). Cela étant, il existe aussi de nombreuses raisons de se montrer prudent. La quête de rendement a conduit les investisseurs à s’orienter massivement vers des stratégies de crédit ou de volatilité peu liquides et sujettes à fortes corrections en cas de hausse même modeste de la volatilité. Une incertitude notable pèse sur l’évolution des taux d’intérêts américains, et donc mondiaux, compte tenu du renouvellement en cours du FOMC, de l’impact sur sa politique de la réforme fiscale en cours d’adoption, et de l’absence de précédents à la réduction graduelle des encours d’actifs acquis par la Fed au titre de sa politique d’assouplissement quantitatif. Enfin, les risques géopolitiques sont loin d’avoir disparu. Parmi eux, les négociations sur l’ALENA sont à suivre de particulièrement près, comme indicateur de l’évolution plus générale de la politique commerciale des Etats-Unis. L’Europe, par contre, ne semble plus une source de risque majeur à court terme, même si beaucoup reste à faire pour convaincre les investisseurs internationaux de la pérennité de l’embellie actuelle. Au total, même si la prise de risque sera probablement moins largement rémunérée en 2018 qu’en 2017, nous restons favorables à une surpondération des actions (de préférence au crédit), et une sous-pondération des obligations souveraines, quoiqu’elles restent fort utiles à des fins de diversification. Parmi les actions, nous préférons les pays émergents, le Japon et l’Europe, les valeurs financières et technologiques, et les facteurs « momentum » et « value ». Enfin, dans un contexte où les rendements de long terme, comme la croissance potentielle et les gains de productivité, restent durablement plus faible qu’historiquement, il peut aussi être utile d’envisager une exposition aux marchés privés, qui offrent un potentiel de rendements et de diversification supérieurs, ainsi que l’accès à un éventail d’opportunités plus riche.

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