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Que penser du trading social ?

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Le trading social attire les débutants avides de gains faciles et automatisés. Une analyse plus approfondie révèle une réalité qui profite surtout aux brokers.

Trading Social : de quoi parle-t-on exactement ?

Le trading social est dans l’air du temps. Beaucoup de plateformes proposent ce type de service (eToro, Admiral Markets XTB…). Ou plutôt ces services, car le trading social se retrouve sous diverses variantes : signaux de trading, copy trading, mirror trading. Or les risques sont très élevés, et les gains à long terme s’avèrent finalement faibles voire inexistants. Nous vous expliquons pourquoi.

Les différentes formes de trading social

On peut comprendre l’intérêt des particuliers pour le trading social : facile à mettre en place, des performances qui font rêver, un vivier de milliers de traders à copier… Il y a plusieurs formes de trading social :

  • Les signaux de trading : transmis via un canal Telegram, avec des indications sur les ordres à placer sur un actif,
  • Les produits « packagés » : des portefeuilles d’actifs préalablement sélectionnés, que l’on peut copier librement ou de manière automatique comme en assurance-vie pilotée,
  • Le copy trading : entièrement automatisé, où tous les trades pris par le trader copié seront reproduits dans votre portefeuille, en respectant les échelles de capital.

Les risques du trading social

Parmi les formes de trading social, c’est le copy trading qui sans surprises est la forme la plus risquée.
Les facteurs de risque sont les suivants :

  • Le copy trading n’est pas régulé par l’AMF
  • Des gestions de risque mal construites voire inexistantes
  • Des objectifs opposés entre broker et client

Le copy trading n’est pas régulé par l’AMF

C’est tout le paradoxe du trading social, qui n’est pas considéré comme du conseil en investissement. Or donner l’autorisation à un trader de passer des ordres sur votre compte, de manière automatique, c’est de la gestion de portefeuille.

En temps normal, le conseil en investissement et la gestion de portefeuille sont strictement encadrés. Il faut détenir un agrément de CIF (Conseiller en Investissement Financier) pour être autorisé à pratiquer ces activités :

  • Dans le cadre d’un mandat de gestion en assurance-vie
  • Sur un site de trading

L’absence de réglementation du copy trading ouvre la porte à de nombreuses dérives. Il est donc étonnant de constater que l’AMF ne soit pas plus strict envers les services de copy trading, si son objectif est de protéger les clients contre les agissements des brokers. De nombreux traders font perdre de l’argent à leurs copieurs, mais aucune voie de recours n’existe pour le moment. D’autant que la majorité des brokers proposant ce service sont régulés à Chypre.

Des gestions de risques mal construites voire inexistantes

Le problème du copy trading vient de la surenchère sur les performances. Si un trader veut attirer le maximum de copieurs, il doit afficher des performances très élevées et les plus alléchantes possibles. Or la performance ne va jamais sans prise de risque. Et les traders débutants s’intéressent rarement à un trader qui affiche +20% à l’année…
Pour conserver sa base de copieurs, le trader doit continuer à prendre des risques :

  • En augmentant son levier
  • En augmentant la taille de ses positions
  • En tradant les actifs les plus volatiles

Alors oui le trader va afficher une performance de +500% à l’année, mais au prix d’une gestion de risque très mal construite – voire carrément reléguée aux oubliettes. Derrière des traders qui affichent +500% à l’année, on observe souvent un drawdown
dépassant les 70% (drawdown = perte maximale subie, un drawdown de 70% indique qu’à un moment donné, le compte a perdu 70% du capital).

Ces traders vous feront gagner de l’argent pendant 1 ou 2 mois, certes. Mais ils finissent par faire tomber votre compte à zéro, à un moment ou un autre. C’est la raison pour laquelle le copy trading demeure avant tout une démarche (très) temporaire. Les avis fiables sur eToro (le leader du trading social) le mentionnent bien : le copy trading ne peut constituer une fin en soi.

Des objectifs opposés entre broker et client

Les véritables gagnants du copy trading sont les brokers et les traders fournisseurs de signaux. Les traders copiés sont rémunérés sur les volumes d’ordres qu’ils génèrent à travers leurs abonnés. Plus ils ont de copieurs, plus ils sont susceptibles de gagner de
l’argent ! Le broker quant à lui se rémunère en commissions de trading. Si un trader expert multiplie les volumes d’ordres grâce à sa base d’abonnés, c’est tant mieux. Et si les traders font appel à l’effet de levier, c’est encore mieux. Au final, le client s’avère être le seul perdant. C’est lui qui paie les commissions, c’est son capital qui est rogné par les pertes …

Conclusion

A moyen terme, copier un trader ne fera pas de vous un trader gagnant. Comme nous l’avons vu, les dés sont en quelque sorte pipés contre le client, qui part avec plusieurs longueurs de retard. Si vous voulez gagner durablement de l’argent sur les marchés financiers, investissez sur vous-même. La formation, le money management, une bonne stratégie de trading… Le trading social, à travers les signaux de trading et le copy trading, ne sont que des démarches temporaires et risquées.

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