Envolée irrationnelle des places financières, un excès de fièvre faisant craindre le pire

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Après avoir navigué la majeure partie de la séance dans le rouge, la Bourse de Paris a finalement terminé en hausse jeudi (+2,51%), pour la troisième journée de suite, la nervosité dominant toujours face à la propagation de l’épidémie de Covid-19.

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Troisième séance de hausse à la suite à la Bourse de Paris

L’indice CAC 40 a pris 111,28 points à 4.543,58 points, dans un volume d’échanges étoffé de 4,4 milliards d’euros. La veille, il avait fini en nette hausse de 4,47%. Le marché parisien a ouvert en baisse, avant de voir ses pertes se réduire au point d’inverser la tendance dans l’après-midi. "Il n’y a pas une annonce ou un facteur qui explique ce retournement de situation", a indiqué à l’AFP Andrea Tuéni, analyste chez Saxo Banque. Néanmoins, "le point d’inflexion a été la publication" aux États-Unis du nombre de nouvelles demandes d’allocation chômage. Il a explosé en raison de lapandémie, avec plus de trois millions de personnes supplémentaires qui ont demandé à bénéficier d’allocations chômage la semaine passée, un record historique. "Le chiffre a été très mauvais, mais il aurait pu être pire. Le fait qu’il soit ressorti [conforme aux ] dernières anticipations permet au marché de maintenir le cap de la hausse qu’on observe sur les deux dernières séances", analyse M. Tuéni.

Le marché a également pu trouver du soutien du côté de la Fed. Le patron de la Banque centrale américaine a promis jeudi que l’institution allait continuerà prêter de l’argent "agressivement" pour combattre l’impact économique de la pandémie de Covid-19, dans une rare interview en direct. Les dirigeants du G20 ont quant à eux annoncé jeudi leur intention d’injecter "plus de 5.000 milliards de dollars" dans l’économie mondiale pour "contrer les répercussions sociales, économiques et financières de la pandémie", lors d’un sommet virtuel d’urgence.

Il s’agit de la troisième séance de hausse à la suite de l’indice parisien, qui avait trouvé du réconfort mardi et mercredi du côté des États-Unis, où le vote parle Sénat américain d’un plan "historique" de 2.000 milliards de dollars a généré un vent d’optimisme.

Une rechute des places financières attendue

"Je ne pense pas que le marché soit parti sur un rebond durable", prévient toutefois Andrea Tuéni. La place parisienne "peut revenir sur des niveaux beaucoup plus négatifs en fonction des événements". Jugeant une "nette chute" du PIB mondial au premier semestre "probable" du fait de la pandémie de Covid-19, la Banque d’Angleterre a elle choisi de maintenir son taux d’intérêt directeur à son plancher historique. Pour le reste des indicateurs, le moral des consommateurs allemands s’est effondré en avril, selon le baromètre GfK, et le climat des affaires en France a accusé une lourde chute.

Le bilan mondial de la pandémie a dépassé les 21.000 morts et le Covid-19 a enfermé chez eux de manière inédite plus de trois milliards de personnes.

  • Sur le front des valeurs, Ipsen a abandonné 1,68% à 46,68 euros, malgré l’annonce de la reprise prochaine de ses essais cliniques liés au palovarotène, pour les patients de plus de 14 ans atteints de la maladie osseuse rare fibrodysplasie ossifiante progressive .
  • ADP s’est adjugé 3,38% à 107,20 euros. L’aéroport d’Orly va temporairement arrêter son activité à compter du 31 mars, victime d’un effondrement de plus de 90% du trafic aérien sous l’effet des fermetures de frontières liées à la propagationdu coronavirus.
  • Casino a pris 1,66% à 35,00 euros. Le groupe de distribution, qui a dégagé une perte nette de plus de 1,4 milliard d’euros en 2019, a annoncé jeudi qu’il suspendait ses objectifs financiers pour 2020 en raison de la pandémie de coronavirus.
  • JC Decaux a reculépour sa part de 0,35% à 16,91 euros après avoir renoncé mercredi à ses prévisions pour le premier trimestre, alors qu’il prévoyait déjà une chute des revenus face à la crise liée au coronavirus, et avoir prévenu que le second trimestre serait pire encore.

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