Arnaques aux investissements sur des places de parking

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Le quotidien Le Parisien révèle l’affaire ce jour, avec la mise en examen de deux principaux suspects d’une combine liée à la rénovation puis la mise en location de places de parking en sous-sol.

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Rénovation de places de parking : mise en examen de deux suspects

Elles seraient au nombre de 700, les victimes répertoriées d’une gigantesque arnaque sur un investissement pourtant réputé : des places de parking en Ile de France.

Après sept années d’une enquête menacée d’enlisement, la chambre de l’instruction de Paris vient d’exiger la mise en examen des principaux suspects de cette combine.

De 2003 à 2009, des milliers de places de parking sont commercialisées à travers toute la France. La société à l’origine de cette affaire, Bonne Nouvelle Investissement (BNI), promet une appétissante réduction fiscale à la clé car ces emplacements doivent être remis à neuf, ce qui permet de toucher des aides d’Etat. 2 500 places ont ainsi été vendues à 1 300 particuliers, de 7 000 à 26 000 euros l’unité, dans une douzaine de parkings, majoritairement situés en Ile-de-France.

Les acheteurs se laissent d’autant plus facilement séduire que BNI promet d’assurer la mise en location. Mais les loyers finissent par se tarir. Côté travaux, c’est une autre entreprise, Park Renov, qui est censée s’en charger. Mais alors même que de très onéreuses rénovations sont facturées, il apparaît qu’elles n’ont jamais été réalisées, ou alors en dépit du bon sens. « Certains emplacements sont inaptes, ne permettant pas l’ouverture des portières d’un véhicule », notent les juges. D’autres sont « positionnés sur des issues de secours. »

Une première plainte est déposée en 2009, classée sans suite. Plusieurs dizaines de victimes décident alors de se constituer partie civile. Une instruction est ouverte, confiée au juge parisien René Cros, lequel rend finalement un non-lieu. « Il estimait que nous avions manqué de prudence, et que la responsabilité de ce fiasco nous incombait ! » s’étrangle Claude Guilbault, qui a pris la tête de l’association de défense des victimes, l’ADCGB.

  • Park Renov liquidée après avoir dégagé 8 millions d’euros de bénéfice en un an

La décision du juge Cros est immédiatement attaquée et la chambre d’instruction lui demande donc désormais de revoir sa copie, et de mettre notamment en examen Marc Prunier, ex-gérant de fait de Park Renov, ainsi que sa femme Chantal, laquelle pilotait... BNI. Un business familial des plus rémunérateurs. Les magistrats estiment ainsi que 8 millions d’euros de bénéfices ont été dégagés par Park Renov, liquidée depuis. « Et encore, ils ne prennent en compte qu’une seule année de fonctionnement, soupire Claude Guilbault. L’ardoise est beaucoup plus lourde. »

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