Etat providence, les limites du système : 76% des Français jugent qu’il est plus avantageux de percevoir des minima sociaux que de travailler avec un bas salaire
Avec la crise, Les Français des classes moyennes avouent leur mécontentement face à l’Etat providence. L’optinion portée sur les chômeurs et les bénéficiaires des minima sociaux devient de plus en plus dure. C’est une étude du Crédoc, publié par Le Parisien qui le révèle.
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Selon la dernière étude du CREDOC (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie), en 2014, « l’opinion porte un regard plus sévère sur les chômeurs ou les bénéficiaires de minima sociaux ».
Le modèle français de l’Etat-Providence n’est plus plébiscité, et c’est une nouveauté car « habituellement, en temps de crise, l’opinion attend généralement davantage d’intervention de la part des pouvoirs publics en direction des plus démunis ».
Les pauvres doivent s’en prendre à eux-mêmes
C’est ce qui transparait des réponses fournies au Crédoc. « Depuis 2009, les opinions se sont franchement durcies », notent les experts.
Ainsi, l’idée que « s’ils le voulaient vraiment, la plupart des chômeurs pourraient retrouver un emploi » recueille désormais 64% d’opinions favorables contre 60% en 2013.
Plus sévère encore, 37% des personnes interrogées estiment que « les personnes qui vivent dans la pauvreté n’ont pas fait d’effort pour s’en sortir ». Au lendemain de la crise économique, en 2009, elles n’étaient que 25% à le penser.
Et la solidarité semble aussi avoir un effet pervers aux yeux des sondés : 44% considèrent que « faire prendre en charge par la collectivité les familles aux ressources insuffisantes leur enlève tout sens des responsabilités ».
Le bien-fondé et l’efficacité de ces politiques sont clairement remis en cause. Pour une majorité de sondés, elles mènent à une « déresponsabilisation ».
76% des Français questionnés jugent « qu’il est plus avantageux de percevoir des minima sociaux que de travailler avec un bas salaire ». 54% pensent que les pouvoirs publics font ce qu’il faut voire trop pour les plus démunis, et 53% considèrent que « le RSA incite les gens à s’en contenter et à ne pas travailler ». Et les aides aux familles qui ont des enfants sont jugées largement « suffisantes » à 63% contre… 31% seulement en 2008. En résumé, les allocations familiales, ça suffit.
Alors que 71% des Français souhaitaient une plus grande redistribution des richesses en 2012, ils ne sont plus que 55% en 2014, après deux ans de présidence Hollande. « Le sentiment que les riches sont déjà suffisamment taxés n’est certainement pas sans lien avec l’arrivée de la gauche à la tête de l’État », analysent les chercheurs.
« Les mesures prises par le gouvernement socialiste (augmentation des impôts) ont pu amener à renforcer l’idée que la redistribution des riches vers les plus modestes est déjà assez ou trop élevée en France », note le Centre de recherche.
Le ras-le-bol des classes moyennes.
Pour expliquer ces tendances, le Crédoc lance des hypothèses. Tout d’abord, « les Français pensent que les caisses de l’État sont vides et que les aides sociales ne peuvent plus être aussi généreuses que par le passé ».
Mais « il importe aussi de prendre en compte la situation financière des classes moyennes, qui s’est dégradée continûment depuis une vingtaine d’année. (…) Ces difficultés financières croissantes des strates intermédiaires de la population rendent de plus en plus
difficilement acceptables la relative inefficacité du système socio-fiscal français ».
Enquête permanente du Crédoc sur les « Conditions de vie et Aspirations » de la population, réalisée en face-à-face, entre décembre et janvier de chaque année depuis 1978, auprès d’un échantillon représentatif de 2 000 personnes, âgées de 18 ans et plus, sélectionnées selon la méthode des quotas.
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