Les retraités français de plus en plus nombreux à s’installer au Portugal

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Le soleil bien-sûr, mais surtout le coût de la vie moins élevé, ajouté à un atout de taille : la non imposition des pensions de retraite... Un élément qui fait réaliser de jolies économies.

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Ils sont en quête de vie moins chère et plus ensoleillée, la retraite au soleil, avec un coût de la vie moins élevé. Les retraités français semblent de plus en plus se tourner vers l’Algarve au sud du Portugal. Douceur du climat, prix modérés, et fiscalité attractive. En effet, les pensions sont exonérées d’impôt si l’on y réside au moins la moitié de l’année. Ceux qui ont fait le pas fuient aussi une France dans laquelle ils ne se reconnaissent plus. Selon la chambre de commerce et d’industrie franco-portugaise, 4000 français, dont une majorité de retraités, auraient ainsi migré l’an passé.

Sur France Info, le témoignage de Jean-Michel est le reflet de cette vague de départ.

L’Algarve, le sud du Portugal, reçoit toutes les faveurs des retraités français
L’Algarve, le sud du Portugal, reçoit toutes les faveurs des retraités français © stock.adobe.com

"En 2013, alors que je réduisais progressivement mon activité, mon imposition a augmenté de 5.000 euros alors qu’elle était déjà copieuse. Là j’ai dit : j’arrête". A 69 ans, Jean-Michel Avit prend sa retraite et une amie "qui travaille aux impôts" lui parle du Portugal et de son statut de résident fiscal non habituel. Depuis mars 2013, les pensions privées des retraités étrangers qui y vivent au moins 183 jours par an sont exonérées d’impôt sur le revenu. Deux mois plus tard, l’ancien médecin débarque à Portimao avec deux valises. Il loue un 80 m2 meublé avec double terrasse et piscine collective pour 580 euros par mois. Sur l’année écoulée, il n’est rentré que trois mois en France.

"Cela nous fait gagner 25.000 à 30.000 euros par an" (un couple de Français installé au Portugal)

Michel et Pascale eux n’ont pas l’intention de rester en Algarve plus que les six mois requis pour bénéficier du cadeau fiscal. Lui est cadre dirigeant dans l’industrie et elle, responsable de la communication dans des ministères. Ils ont, la retraite venue, étudié sur tableau Excel les avantages d’une installation au Portugal. "Cela nous fait gagner 25 à 30 K euros [ndlr : 25.000 à 30.000 euros] par an", explique Michel. En plus de l’exonération fiscale, sa pension est aussi exemptée de CSG et de CRDS. "Et puis le coût de la vie est ici 25 à 30% inférieur", poursuit le jeune retraité, "la sole que nous payons 30 euros le kilo à Paris est ici à 12 ou 13 euros". Après trois séjours de 15 jours, le couple a acheté il y a six semaines une maison de 200m2 dans un village au bord de la mer. Ils se sont mis au golf, très nombreux dans la région.

Bien accueillis et en sécurité

Au-delà du cadre et du niveau de vie, tous les retraités français croisés saluent le grand sens de l’accueil des portugais. Dans les commerces, certains parlent d’ailleurs le français, quasiment tous l’anglais dans cette zone touristique. Beaucoup de nouveaux venus disent également se sentir en sécurité ici. Et puis l’éloignement de la famille est relatif, avec l’aéroport régional de Faro, depuis lequel des compagnies low-cost desservent la France.

Aucune ombre alors à ce tableau portugais ?

Patrick délégué pour l’Algarve de l’Union des Français de l’Etranger n’en voit pas. Il fait pourtant figure de pionnier, cela fait près de huit ans qu’il habite à côté de Portimao. Le système de santé peut-être ? "La médecine publique est de bonne qualité, mais il peut y avoir quelques soucis d’accès, de longues listes d’attente. Sinon, dans le privé, il faut payer". Ou alors revenir se faire soigner en France. Les retraités exilés sont toujours pris en charge par la sécurité sociale.

"Je n’ai aucun scrupule", martèle Michel. "J’ai cotisé en France pendant plus de 40 ans et on voulait aussi signifier qu’on était capables d’arrêter d’être tondus". Lui et son épouse Pascale déplorent aussi une France où la "morosité" a pris le dessus. "Perte des valeurs", pointe de son côté Jean-Michel, avant d’ajouter "qu’ici il n’y a pas de femmes en burqa". "On n’est plus chez nous en France", conclut Albert, pré-retraité de 57 ans. "Puisqu’il y a déjà beaucoup d’immigrés en France, je préfère émigrer ailleurs".

(Source : FranceInfo.fr)

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