Salaires : la crise a stoppé la réduction des inégalités entre les Français

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Dans son étude de la France Sociale 2014, l’INSEE confirme que la crise a stoppé la disparité salariale entre les Français. De son côté la hausse de la fiscalité a permis de contenir les inégalités, en augmentant la redistribution en faveur des plus modestes.
Sommaire de l'article
La crise porte un coup d’arrêt à la baisse des inégalités de revenu salarial
La période 2002-2007 était marquée par une baisse tendancielle des inégalités de revenu salarial due à une dynamique plus favorable des bas revenus salariaux. Après 2007, ce phénomène de baisse tendancielle des inégalités de revenu salarial s’interrompt. Les plus modestes voient leur revenu baisser de 0,2 % par an entre 2007 et 2012, alors que la médiane (la moitié gagne moins, l’autre plus) progresse de 0,4 %.
Cet accroissement des inégalités est particulièrement vrai pour les plus jeunes. "Les moins de 25 ans sont les plus touchés par la crise : l’écart de revenu salarial qui sépare les jeunes de leurs aînés se creuse depuis 2007", note l’Insee. Illustration avec un homme de moins de 25 ans qui travaille dans le secteur des services. Son revenu salarial a diminué de 2,3% entre 2007 et 2012 quand le même revenu d’un homme de 40 ans n’a baissé que de 1,3%.
Le revenu des plus modestes a diminué
Sur la période 2007-2011, le revenu médian (la moitié gagne moins, l’autre plus) a certes progressé mais nettement moins que sur les quatre ans précédents. Il est passé de 17.500 à 19.200 euros soit une augmentation de 3%. Mais de 2003 à 2007, celui-ci avait augmenté de 5,8%.
La donne est encore plus délicate pour les plus modestes. Le revenu des 10% les plus pauvres a carrément baissé de 1,3% entre 2007 et 2011 alors qu’il avait augmenté de 7,3% durant la période 2003-2007.
La hausse des impôts a de son côté réduit les inégalités, via la redistribution
En 2013, la législation socio-fiscale a évolué. Les mesures nouvelles ont conduit à une augmentation des prélèvements directs à la charge des ménages, en particulier de l’impôt sur le revenu, mais la contribution des ménages les plus modestes a été limitée par le caractère progressif de ce transfert. Dans le même temps, les prestations n’ont été modifiées qu’à la marge. Au total, les mesures nouvelles ont conduit à une légère diminution des inégalités de niveau de vie. En l’absence de réforme, le rapport entre le niveau de vie moyen des 10 % les plus aisés et celui des 10 % les plus modestes se serait établi à 6,6. Sous l’effet des nouvelles mesures prises en 2013, ce rapport passe à 6,5.
Les hausses des prélèvements obligatoires décidées par le gouvernement ont légèrement réduit les inégalités de niveau de vie en France l’an dernier, selon le Portrait social 2014 de l’Insee publié mercredi.
Ces mesures -* gel du barème de l’impôt sur le revenu et de la prime pour l’emploi, fin de l’exonération fiscale des heures supplémentaires, tranche à 45% de l’impôt sur le revenu, réduction de l’avantage du quotient familial et de l’abattement pour frais professionnels -* ont ainsi réduit de 1,7% le niveau de vie moyen des 10% les plus aisés contre 0,3% pour les autres.
Globalement, elles ont fait reculer de 0,6% le niveau de vie moyen.
Le rapport entre le niveau de vie moyen des 10% les plus riches et celui des 10% les plus modestes s’est établi à 6,5, alors qu’il aurait été de 6,6 sans ces mesures.
En 2013, 61% des ménages étaient imposés, soit 16,5 millions, et 55% des foyers fiscaux, précise l’institut de la statistique.
Les nouvelles mesures ont fait augmenter de 670.000 le nombre de ménages imposés et elles se sont traduites par une hausse de 280 euros de l’impôt sur le revenu en moyenne par ménage imposé.
L’impôt sur le revenu des 10% de ménages les plus aisés a augmenté de 800 euros en moyenne.
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