Epargne / Financement de la dette : Hollande favorable au retour des grands emprunts auprès des épargnants

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François Hollande a confirmé hier dans l’émission Le Grand Journal de Canal + son souhait d’étudier de nouveau la mise en place de grands emprunts auprès des particuliers. Un souhait motivé par la réduction de la dépendance de la France auprès des marchés financiers. Détails...

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Financement de la dette française : Le retour des grands emprunts, type Balladur ?

"Plus on empruntera auprès des Français, moins on empruntera auprès des marchés." François Hollande a affirmé jeudi 19 avril qu’il souhaitait que l’épargne des Français puisse être davantage "mobilisée" afin de financer une partie de la dette. Sur le plateau du "Grand Journal" de Canal Plus, le candidat socialiste a envisagé pour cela des "emprunts d’Etat auprès des particuliers", afin d’être "moins dépendant des fonds d’investissements".

"J’ai l’idée que l’épargne des Français, qui est à un niveau très élevé, [17% des revenus sont épargnés] puisse être mobilisée (…) pour la dette", a dit François Hollande, même si cela ne devra pas se faire à n’importe quelle "condition". Sous la forme d’emprunts d’Etat auprès des particuliers ? "J’y réfléchis. Ça existe déjà. Ce qu’on appelait autrefois les bons du Trésor, les grands emprunts d’Etat. Plus on emprunte sur nos propres marchés avec l’épargne des Français, moins on est dépendant de fonds d’investissements".

Grand emprunts auprès des particuliers : Nicolas Sarkozy l’avait proposé, puis renoncé devant le coût d’un tel dispositif

En juin 2009, le président Nicolas Sarkozy avait souhaité lancer un nouvel emprunt auprès des Français. Il y avait renoncé, car le coût d’un appel public à l’épargne aurait alors été beaucoup plus élevé que les marchés.

Ainsi François Hollande a rapidement tempéré ses propos "Après, il faut voir les conditions. Il faut que ce soit un taux qui ne soit pas supérieur à celui du marché. Pas la peine de payer plus cher une dette même si elle est souscrite par les Français."

Le taux du livret A étant actuellement à 2,25% net d’impôt, le taux des emprunts d’Etat étant à 2,90% brut sur les marchés financiers, François Hollande pense que cela pourrait intéresser les épargnants de souscrire à un grand emprunt au même taux de marché.

L’objectif étant bien de réduire la part des créanciers étrangers. A la fin 2011, 65,4% de la dette négociable de l’Etat (sous la forme de titres) était détenue par des non-résidents, et 34,6% par des résidents français, selon les données de l’Agence France Trésor, chargée de gérer la dette française.

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