PSA a annoncé la suppression de 8 000 postes et la fermeture définitive du site d’Aulnay il y a quelques jours. Face à cette situation l’Etat a décidé de prendre les choses en main, mais peut-il réellement agir ?
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Le président de la République était attendu sur le sujet samedi 14 juillet lors de son interview télévisé en direct de l’hôtel Marine à Paris. Pendant de longues minutes, François Hollande est donc revenu sur l’annonce du plan social de PSA Peugeot Citroën, le qualifiant "d’inacceptable" et affirmant "qu’il devait être renégocié".
Les 8 000 suppressions de postes annoncées et la fermeture complète du site d’Aulnay en 2014, ont eu l’effet d’une bombe cette semaine et porte un sérieux coup à la politique de sauvegarde industrielle voulue par François Hollande.
"L’Etat ne restera pas indifférent, l’Etat ne se laissera pas faire", a d’ailleurs promis le président de la République, avant de préciser qu’un "plan stratégique pour l’industrie automobile" serait présenté le 25 juillet en conseil des ministres.
Le chef de l’Etat s’est aussi étonné du "timing" de cette annonce qui a selon lui été retardée pour arriver juste après les élections présidentielles alors qu’il était prévu depuis longtemps. Théorie du complot ou véritable plan stratégique de déstabilisation ? Les faits restent les mêmes et les marges de manœuvre de l’Etat relativement minces.
A l’inverse de Renault par exemple dont l’Etat détient 15 % du capital, PSA Peugeot Citroën est une entreprise entièrement privée et le gouvernement ne peut donc pas juridiquement s’opposer à la fermeture d’Aulnay ou aux suppressions de postes.
En revanche, François Hollande a annoncé la nomination d’un expert qui aura pour mission d’éplucher les comptes de la société afin d’obtenir des éléments favorables à une renégociation du plan social.
En outre, si le rapport venait à soulever certaines irrégularités, les élus du Comité d’entreprise voire de la Direction du Travail pourraient entreprendre des actions en justice pour annuler le plan. Un scénario qui reste cependant très peu probable.
L’Etat a aussi quelques cartes en main pour faire pencher la balance du bon côté. Avec les mesures de chômage partiel, le financement du crédit impôt-recherche ou encore l’aval nécessaire à l’obtention d’aides financières européennes, le gouvernement Ayrault a encore des moyens de pressions.
Pas sûr cependant, que ces leviers d’actions suffisent à bouleverser le plan social. Le scénario le plus probable reste pour le moment une renégociation afin de "limiter la casse" où le gouvernement obtiendrait la sauvegarde de 500 ou 1 000 postes mais perdrait bien une partie de sa force productive industrielle.
Pour l’instant, les prochaines étapes arrivent rapidement avec une réunion entre le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, et les syndicats dés demain, avant de recevoir le patron de Peugeot, Phillippe Varin mercredi, lors d’un entretien qui s’annonce décisif.
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