Grèce : un Eurogroupe décisif ?

Ce lundi, les ministres des finances de la zone euro se retrouvent pour un nouveau sommet de l’Eurogroupe où le destin de la Grèce sera encore une fois à l’ordre du jour. Détails...
Grèce : un Eurogroupe décisif ?
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Grèce : 31,2 milliards pour éviter la catastrophe...

Après l’échec de l’Eurogroupe de mercredi dernier, les ministres des finances retournent donc à la table des négociations afin de donner enfin leur aval à une nouvelle tranche d’aide de 31,2 milliards d’euros (au lieu des 44 milliards prévus initialement).

L’objectif de la réunion reste inchangé : trouver des modalités acceptables pour débloquer la tranche d’aide prévue dans le second plan de sauvetage, alors que la situation en Grèce est critique, puisque les caisses de l’Etat sont vides.

Hier, Pierre Moscovici affichait un certain enthousiasme sur la possibilité d’une issue positive, lors d’un entretien accordé à BFM TV. Le ministre des finances, estimait que l’Eurogroupe était "tout près" d’un accord.

Pour l’instant, c’est l’exigence du FMI, un des principaux créanciers de la Grèce avec la BCE et l’Union européenne, qui pose problème. Le Fonds souhaite que les pays de la zone euro acceptent une décote de la dette grecque afin qu’elle atteigne 120 % du PIB grec en 2020, alors qu’elle atteint aujourd’hui 190 % du PIB.

Une solution que les Etats espèrent éviter puisqu’elle plomberait aussi les Etats de la zone euro qui ont prêté à la Grèce. La France serait d’ailleurs une des premières touchées avec l’Allemagne.

Grèce : un effacement partiel de la dette obligatoire ?

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L’enjeu de la réunion au-delà du déblocage de la tranche d’aide qui sera obligatoire pour que la Grèce ne se retrouve pas en défaut de paiement, est de rendre la dette grecque "soutenable" pour Athènes.

Pour le moment, différentes solutions sont à l’étude, comme la baisse des taux d’intérêts, ou le versement à la Grèce de profits réalisés par la BCE sur les titres helléniques. C’est la première solution qui a pour le moment les faveurs de l’Allemagne qui espère éviter un effacement partiel de la dette grecque qui apparaît pourtant inévitable pour de nombreux observateurs.

Si aucun chiffre officiel n’a été avancé pour l’instant, un Eurogroupe téléphonique qui s’est déroulée samedi afin de "déblayer" la réunion d’aujourd’hui aurait déjà fait quelques avancées. D’après une source ministérielle grecque, un endettement de la Grèce à hauteur de 124 % en 2020 serait d’ailleurs jugé acceptable par le FMI.

Une solution qui passerait forcément par une décote de la dette grecque et donc une perte considérable pour la France. Dans un rapport publié par Christian Paul, le député socialiste estime que le montant des prêts à la Grèce que devra garantir la France dans le cadre du Mécanisme européen de stabilité financière s’élève à 50,8 milliards d’euros.

Un effacement partiel de la dette grecque pourrait donc coûter très cher à la France, d’autant que lors de la dernière décote de la dette grecque, les investisseurs privés avaient au final accepté une diminution de près de 70 %.

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