Orienter l’épargne des Français vers l’économie réelle locale (commerces, artisans, etc.), pas si simple

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L’Union nationale des professions libérales (UNAPL) a proposé au gouvernement de drainer vers les entreprises de proximité (commerce, artisanat, professions libérales) l’épargne accumulée par les particuliers pendant le confinement et plus largement, l’épargne improductive qu’ils détiennent actuellement, déclare-t-elle ce mercredi.
Orienter l'épargne des Français vers l'économie réelle locale (commerces, artisans, etc.), pas si simple
Épargner local, pas si simple © FranceTransactions.com/stock.adobe.com

Les appels à la mobilisation de l’épargne des Français se multiplient. Le gouvernement demande aux épargnants de consommer au lieu d’épargner. Mais les craintes d’un avenir encore plus sombre, avec le chômage, la pauvreté n’incite pas les épargnants à être cigales, alors que les nuages incitent plutôt à épargner par précaution. L’idée serait alors de pousser les épargnants à investir localement dans l’économie réelle : les petits commerces indépendants, les artisans, les professions libérales... L’idée est séduisante, la mise en place s’annonce, par contre, ardue.

L’organisation patronale des professions libérales veut mobiliser l’épargne des particuliers

Plaidant que les petites entreprises de ces secteurs ont été « encore davantage impactées par la crise sanitaire que les autres entreprises », l’UNAPL propose de « faire en sorte que les aides financières accordées à des TPE (exploitées en nom propre ou en société) sous la forme de prêts à échéance de cinq ans puissent bénéficier des mesures d’incitation fiscale actuellement prévues pour les seules prises de participation dans des sociétés ».

Une épargne sécurisée à 80%

L’épargne des Français est essentiellement sans risque de perte en capital. L’idée de contribuer localement à l’économie réelle est sans conteste un réel souhait des épargnants. Mais il faut bien comprendre que si les épargnants "empilent" leurs dépôts, même sur des placements épargne ne rapportant que très peu, il s’agit avant tout d’une épargne de précaution. Peu d’épargnants ont toute confiance en l’avenir, et rien n’est fait pour les rassurer. Le financement participatif, via le crowdlending, est également un moyen de financer les entreprises locales de son choix. Mais là encore, le taux de défaut peut augmenter de façon significative avec la crise, aucune garantie n’est apportée à l’argent investi. Du reste, le gouvernement a plafonné les investissements des particuliers afin de les protéger, montrant ainsi les limites du système.

Tout doit être mis à contribution pour satisfaire les besoins des entreprises locales

Ces entreprises locales vont encore faire face « à d’importants besoins de financement durant la période qui s’ouvre devant nous », affirme encore l’UNAPL, pour qui « tout doit être mis à contribution pour satisfaire ces besoins ». L’UNAPL, organisation patronale qui fédère 67 organisations syndicales des professions de la Santé, du Droit, du Cadre de vie et technique, indique avoir fait la démarche « avec le soutien de l’U2P », l’Union des entreprises de proximité.

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