COVID : Les particuliers ayant investi à crédit dans les résidences étudiantes ou de tourisme sont pris au piège

Investir à crédit dans l’immobilier nécessite des précautions. Il faut toujours pouvoir rembourser son crédit bancaire sans percevoir le moindre revenu du bien financé. De nombreux investisseurs redécouvrent ce principe de précaution lors de cette crise inédite. Demander à sa banque la suspension du paiement des échéances est le plus souvent nécessaire, mais celle-ci peut refuser. Les intermédiaires professionnels montent au créneau afin de demander une action pour ces milliers d’investisseurs piégés dans cette situation financière délicate et inédite.
COVID : Les particuliers ayant investi à crédit dans les résidences étudiantes ou de tourisme sont pris au piège
Immobilier à crédit : des milliers de particuliers investisseurs en difficulté financière © FranceTransactions.com/stock.adobe.com

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Qui dira encore que l’immobilier est un placement à faible risque ? Alors que le marché de l’immobilier se prépare à affronter sa première vraie crise depuis plus de 30 ans, l’immobilier d’investissement montre déjà ses premières limites. Le financement à 100% en crédit bancaire révèle ses risques.

Le piège des feuilles de calcul...

Les revenus locatifs viennent compenser les mensualités du crédit... Oui, sur une feuille de tableur, mais pas toujours dans la vraie vie. Et en cette période difficile, ce n’est pas plus le cas pour quelques types d’investissements immobiliers. De nombreux investisseurs particuliers sont partis du principe qu’il suffisait d’emprunter et que les loyers ou les revenus tirés du bien immobilier financé allaient permettre de rembourser peu ou prou les échéances, à un effort d’épargne près. C’est justement ce dernier que la feuille de tableur n’aura pas permis de mettre en relief, son effet variable. Quand les loyers s’arrêtent, faute de pouvoir louer son bien, comme en cette période de confinement, ou quand les revenus d’un bail commercial d’une résidence de tourisme ou étudiante se tarissent, que se passe-t-il ? L’effort d’épargne devient colossal. Non seulement, les revenus sont réduits à néant, mais il faut encore rembourser le crédit. Pour ces particuliers englués dans cette problématique, les professionnels du secteur commencent à alerter le gouvernement, car aucune mesure n’est à ce jour prise en leur faveur. Ils sont plusieurs milliers à se retrouver dans cette galère.

Demande de report de 6 mois des mensualités de crédit immobilier

Dans un courrier adressé au Président de la République, Benjamin NICAISE, Président de CONSULTIM Groupe, leader français de l’investissement dans les résidences gérées, demande les suspensions du paiement des échéances des crédits bancaires pour les particuliers investisseurs.

Des résidences de tourisme fermées par décision administrative, des résidences étudiantes vidées de leurs étudiants

Ainsi, Mr Nicaise, indique : "La crise actuelle a frappé de plein fouet trois de ces classes d’actifs, à savoir les résidences de tourisme d’affaires et de loisirs et les résidences pour étudiants. Les résidences de tourisme se sont retrouvées dans l’obligation de fermer en application de l’arrêté du 14 mars 2020 chapitre I, et les résidences pour étudiants se vident depuis la fermeture des écoles et des universités (arrêté du 14 mars chapitre III).".

Suspension du paiement des loyers

"Aussi depuis maintenant 10 jours nous sommes régulièrement informés par les exploitants qu’ils sont dans l’obligation de suspendre le paiement des loyers à nos clients pour assurer la pérennité de leurs entreprises. C’est aujourd’hui un mal nécessaire pour que cette crise conjoncturelle ne devienne pas structurelle en mettant en défaut ces sociétés. Le potentiel locatif des marchés visés reste intact et j’ajoute que le secteur du tourisme de loisirs devrait bénéficier en sortie de crise de la faveur des européens pour un tourisme domestique dont la France devrait pleinement profiter. Le retour à une situation sanitaire normalisée devrait permettre aux exploitants d’honorer leurs loyers conformément aux baux commerciaux qui les lient avec les investisseurs particuliers."

Des suspensions de mensualités trop peu souvent accordées

"Les particuliers investisseurs rencontrent à ce stade d’importantes difficultés pour obtenir la suspension des échéances des financements liées à ces investissements. Ces demandes sont systématiquement refusées lorsqu’ils ont investi en nom propre, leurs banques considérant qu’ils ne s’agit pas d’activité commerciale, et cela alors même que la nature des revenus générés par ce type d’investissement est classée dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux.
Ces investisseurs se retrouvent donc en difficultés en devant honorer le remboursement de leurs prêts sans percevoir les recettes habituelles. L’ensemble de ces difficultés créeront des incidents de crédits (FICP) qui dégraderont sans raison la qualité de crédit de ces investisseurs qui portent un fort potentiel d’investissement dans la perspective du plan de relance.
"

Demande de suspension de 6 mois des mensualités

"Je suis pleinement conscient de l’énorme charge de travail à laquelle doivent actuellement faire face les banques et leurs collaborateurs, et je ne peux que regretter que ce formidable travail ne soit pas mieux valorisé.
Je compte néanmoins sur vous et l’ensemble des banques françaises pour que nos clients et ceux de nos confrères puissent obtenir automatiquement la suspension de leurs échéances pour 6 mois à partir du moment où ils apportent la preuve de la suspension des loyers par la société exploitant la résidence dans laquelle ils sont propriétaires.
" conclut ainsi M. Nicaise.

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