La dette élevée en zone euro n’est pas un souci pour la directrice de la BCE

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L’endettement a beau être « élevé » en zone euro, il peut encore être stimulé tant qu’il favorise l’économie, a expliqué à l’AFP une dirigeante de la Banque centrale européenne, justifiant le maintien d’un coût du crédit très bas.
La dette élevée en zone euro n'est pas un souci pour la directrice de la BCE
Zone Euro © Fotolia.fr

Encore plus de dette en zone euro reste possible

Le plus important est de « voir si la dette nouvelle est contractée par des émetteurs de qualité et si elle est là pour favoriser la croissance future », estime Natacha Valla, directrice générale adjointe pour la politique monétaire au sein de la BCE.

Dettes records en Italie et en France

A l’instar de l’Italie et la France, les pays dont la dette publique est élevée « doivent continuer à reconstituer des réserves budgétaires », et tous « devraient intensifier leurs efforts vers une composition des finances publiques plus propice à la croissance », souligne Mme Valla. La BCE, en maintenant ses taux à leur plancher historique depuis mars 2016 et au moins jusqu’à mi-2020, s’efforce aussi de préserver l’accès des entreprises et ménages solvables « à du crédit bon marché », précise la responsable.

Réunie à Vilnius en juin, l’institution gardienne de l’euro a non seulement repoussé l’heure de relever ses taux, face à une croissance et une inflation affaiblies, mais a envisagé de les baisser encore, selon son président Mario Draghi.

Depuis des années, cette politique monétaire ultra accommodante alimente les critiques venues notamment d’Allemagne : non seulement elle dégrade la rentabilité des banques, mais elle favoriserait le gonflement de l’endettement public et privé et la formation de bulles, susceptibles d’exploser à l’heure de relever les taux.

Le coût du crédit ne restera pas aussi bas

Mais lorsqu’il faudra durcir le coût du crédit, assure Natacha Valla, « la BCE ne basera sa décision que sur l’analyse des trajectoires d’inflation et de conjoncture », indépendamment de toute pression politique des Etats les plus endettés. L’institut pourrait aussi relancer en cas de besoin ses rachats nets de dette sur le marché, arrêtés fin décembre, utilisant pour cela des critères « simples, transparents et compatibles avec l’interdiction pour la BCE de s’engager dans le financement monétaire de la dette publique », ajoute-t-elle.

Mme Valla a ainsi balayé la suggestion récente de l’institut économique allemand ZEW, qui proposait de voir l’institut monétaire exclure de ses rachats de dette les Etats de la zone euro ciblés par Bruxelles pour déficits excessifs.

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