Plan de relance de l’UE : un accord historique a été trouvé

Plan de relance Européen post-covid © FranceTransactions.com/stock.adobe.com
Un véritable vrai/faux suspens. Un accord a été trouvé pour le plan de relance de l’UE avec 4 jours de négociations, signe d’une UE toujours aussi peu solidaire. Cela n’empêchera toutefois pas les participants de se féliciter de l’unité européenne, en glissant sous le tapis qu’il aura fallu quatre jours aux Etats membres pour se mettre d’accord, sur un plan revu à la baisse.

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Les 27 dirigeants européens ont trouvé un accord sur le plan de relance post-coronavirus dans la nuit de ce lundi au mardi 21 juillet. "Un jour historique pour l’Europe !", s’est félicité Emmanuel Macron sur Twitter au petit matin après que le président du Conseil européen.

Un marchandage digne des marchands de tapis

Signe d’un marchandage intense entre les différentes délégations, la séance en plénière à 27 a été plusieurs fois repoussée dans l’après-midi pour finalement commencer un peu avant 21H30 locales (19H30 GMT). Elle a été interrompue deux heures plus tard pour des discussions sur des “ajustements techniques”, selon le porte-parole du président du Conseil, Barend Leyts. Signe de la cohésion démontrée tout au long de ce sommet par le couple franco-allemand, une conférence de presse commune d’Emmanuel Macron et d’Angela Merkel est prévue à l’issue du sommet.

La nouvelle proposition de Charles Michel, selon un document obtenu par l’AFP, revoit à la baisse la part de subventions dans le plan de relance de 750 milliards d’euros : 390 milliards, contre les 500 milliards prévus au départ et défendus par Berlin et Paris. Ce sera la dette commune à rembourser par les 27.
Par ailleurs, 360 milliards d’euros seront disponibles pour des prêts, remboursables par le pays demandeur.

Compromis sur l’État de droit

La réduction du volume des dons est un geste en direction des pays “frugaux” ―Pays-Bas, Suède, Danemark, Autriche― rejoints par la Finlande. À plusieurs reprises, ils ont menacé de faire capoter ce plan massif de soutien à l’économie, qui profiterait avant tout aux pays du Sud comme l’Italie et l’Espagne, les plus touchés par l’épidémie. Un compromis a d’ores et déjà été trouvé en plénière sur l’un des points épineux des négociations : le lien entre l’octroi de fonds européens et le respect de l’État de droit, selon plusieurs sources européennes.
Selon ce mécanisme, toute mesure de suspension ou réduction éventuelle des fonds européens en raison de violations de l’État de droit devrait être approuvée par une majorité qualifiée des États membres (55% des pays de l’UE représentant 65% de la population totale), ce qui est plus difficile à réaliser que ce que préconisait la Commission.
Cette conditionnalité rencontrait une forte opposition de la Pologne et la Hongrie, deux pays dans le collimateur de la Commission et du Parlement européen qui ont enclenché une procédure à leur encontre pour des violations de l’État de droit.

Rabais accordés aux “frugaux”

La dernière proposition de compromis de Charles Michel prévoit par ailleurs une hausse substantielle des rabais accordés aux “frugaux”, qui jugent leurs contributions nettes au budget de l’UE disproportionnées. La correction accordée à l’Allemagne resterait stable.
Le dirigeant néerlandais Mark Rutte, le plus difficile à convaincre, avait reconnu dans la matinée que des progrès avaient été faits en sa direction. Charles Michel a aussi cherché à répondre à la demande de conditionnalité réclamée par Mark Rutte sur les plans de relance présentés par chaque pays en contrepartie des aides.

1.074 milliards d’euros

Le fonds de relance est adossé au budget pluriannuel de l’UE (2021-2027). Le projet prévoit une dotation de 1074 milliards d’euros, soit 154 milliards d’euros par an.

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