Retraites : les médecins libéraux s’inquiètent de perdre la main sur leurs cotisations

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Criant au hold-up, les médecins libéraux s’inquiétaient mercredi de perdre la main sur leurs cotisations de retraite dont le recouvrement pourrait être transféré aux Urssaf avant l’instauration du futur système universel voulu par le gouvernement.
Retraites : les médecins libéraux s'inquiètent de perdre la main sur leurs cotisations
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Retraites : les médecins libéraux s’inquiètent de perdre la main sur leurs cotisations

Actuellement, c’est la caisse autonome de retraite des médecins de France qui collecte les cotisations des médecins libéraux et verse leurs prestations.

Mais dans le "cadre de la transformation publique", le gouvernement envisage une "unification du recouvrement, autour de l’Acoss (agence centrale des organismes de sécurité sociale)et du réseau des Urssaf" de l’ensemble des cotisations sociales, selon un courrier du chef de la mission "Réforme du recouvrement social et fiscal", Alexandre Gardette, et de la directrice de la sécurité sociale, Mathilde Lignot-Leloup, daté du 13 juin et envoyé aux directeurs de divers organismes sociaux.

Les cotisations de retraite des professions libérales, et donc celles des médecins, sont concernées par ce transfert des recouvrements, tout comme celles des salariés du privé pour les retraites complémentaires Agirc-Arrco.

Ses modalités et son calendrier demise en œuvre devraient être précisés dans le prochain projet de budget de la Sécurité sociale, a indiqué la Direction de la Sécurité sociale à l’AFP, excluant que le transfert de cotisations de la Carmf vers l’Acoss intervienne dès 2020.

La mesure figure également parmi les préconisations du haut-commissaire à la réforme des retraites, Jean-Paul Delevoye, dévoilées le 18 juillet et censées servir de base à un projet de loi pour le futur "système universel" voulu par Emmanuel Macron en 2025.

"Il nous semble prématuré de lancer" le transfert du recouvrement avant cette date, a expliqué à l’AFP le directeur général de la Carmf, Henri Chaffiotte.

Plus vindicatif, l’un des principaux syndicats de la profession, la FMF, a dénoncé dans un communiqué "un hold-up (...) inacceptable" alors que les concertations sur la réforme des retraites doivent se poursuivre.

Avec une telle mesure, "nos cotisations ne nous appartiendraient plus, et sans doute par conséquent nos réserves aussi", s’inquiète le syndicat, qui envisage de rejoindre la mobilisation des avocats prévue le 16 septembre contre la réforme des retraites.

Menaçant également de se mobiliser, le SML a réclamé mercredi des "explications" à la DSS et dénoncé "une étatisation de la retraite des médecins libéraux".

L’Acoss recouvre actuellement 72% des montants de cotisations sociales.

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1 commentaire

  • Retraites : les médecins libéraux s’inquiètent de perdre la main sur leurs cotisations

    2 août 13:02, par Tous le monde doit participer aux réformes

    Bonjour
    Je me permets de commenter les propos du syndicat des médecins libéraux :
    "Menaçant également de se mobiliser, le SML a réclamé mercredi des "explications" à la DSS et dénoncé "une étatisation de la retraite des médecins libéraux".
    Comment peut-on avoir le culot d’écrire cela. Pour mémoire, connaissez vous beaucoup de "libéraux ou indépendants" qui à partir du moment leurs clients (pardon patients) rentrent dans leur cabinet , ils sont absolument sur d’être payés ?.
    Pour rafraichir la mémoire et les esprits, c’est la sécurité sociale qui paient le médecins (enregistrement systmématique carte Vitale lors de consultation : ils sont certains de pouvoir être payé de leur acte d’une manière ou d’une autre) et les compléments par les mutuelles quand ce n’est pas la CMU.
    Alors quand on reçoit son revenu principalement (certes indirectement) par l’état, quand bien même organise son emploi du temps au delà d’un quota d’heures (un médecin fait bien plus de 35 heures c’est vrai et certain), mais que ce surplus horaire est effectivement financé par la collectivité, il faut être décent en protestant contre "l’étatisation de la retraite".

    On peut pas être financé par un système collectif, faire une partie significative de ses revenus (pardon "consultations") avec des retraités (reconduction d’ordonnances, envois vers spécialistes etc..) et ne pas accepter que son régime participe en fusionnant les fonds pour garantir les retraites...
    Ces écrits peuvent certainement déranger et contrarier , mais on ne peut pas légitimement vouloir maintenir l’isolement d’un régime qui se construit sur le fond sur la sécurité sociale et mutualisation de tous (Mutuelles, CMU etc..).

    Mes propos n’ont aucune couleur politique particulière, mais dorénavant tous les français doivent accepter de participer à l’effort collectif que doivent traverser toutes les populations occidentales (vieillissement évolution du modèle économique/capitaliste).

    Il n’est plus possible de laisser chaque coorporations (médecins , notaires, taxi, retraités de plus de 2000 euros nets de pouvoir d’achat disponibles (contre la hausse de CSG pour des soins qu’ils consomment plus que les autres...), chômeurs "chroniques ", intermittents du spectacle etc) défendre leur pré carré sinon ce sera une nation toute entière qui déclinera ou leurs enfants sauf si dans leur fond intérieur le futur des jeunes générations les intéresse assez peu ("après moi le déluge..").

    C’est peu être cela la vrai question de société sur tous ces sujets : êtes vous prêts à faire des efforts pour préserver les générations futures...

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