Fonds structurés : les déceptions ne manquent pas, rappels de bon sens de l’AMF

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Les fonds à formule ou fonds structurés sont légions. Proposés essentiellement aux épargnants souhaitant placer leur épargne à terme, sans avoir à s’en soucier entre temps, ces fonds font la part belle à des potentiels rendements. Les épargnants oublient toujours trop vite les contraintes et conditions de marché qui doivent être réunies afin que le scénario le plus favorable se réalise... Au final, les déceptions ne manquent pas.

L’AMF a publié un rappel de bon sens sur le bon usage pour une bonne compréhension des fonds à formule. Le plus souvent maintenant appelés maintenant Fonds structurés, terme bien plus marketing, moins négatif que "fonds à formule". Le terme de fonds à formule souffrant d’une image ternie par les nombreuses affaires de plaintes contre les banques.

Ces fonds à formule sont le plus souvent éligibles aux contrats d’assurance-vie de la banque qui les commercialise. Accessible également via un compte-titres, ces fonds portent la marque de la banque, afin d’éliminer les appréhensions des épargnants. Au final, il ne s’agit évidemment que d’une commercialisation d’un placement financier. La banque ne prenant aucune part dans la gestion du fonds, à l’instar de son absence totale de gestion des contrats d’assurance-vie. Les banques ne sont que des intermédiaires financiers.

Les fonds à formule ou fonds structurés sont massivement commercialisés par les banques. La cible est idéale, des épargnants peu enclins à gérer leur épargne en direct, et faisant toute confiance en leur banque pour leurs placements. Un comble, puisque les contrats d’assurance-vie des banques sont toujours parmi les plus mauvaises du marché. Mais il s’agit d’un autre point.

Fonds à formule : la déception est souvent de mise

Certains épargnants sont déçus par le rendement des placements à formule (fonds ou obligations). Cette déception peut résulter d’une mauvaise compréhension du fonctionnement de ces produits : voici les points à retenir.

Une formule de calcul et une date d’échéance

Les placements à formule, parfois appelés « produits structurés », prennent la forme de fonds ou d’obligation et sont proposés lors de périodes de souscription limitées à 1 ou 2 mois. Leurs points communs :

  • Leur durée est connue à l’avance (par exemple 6 ou 8 ans) ;
  • La valeur de remboursement à l’échéance est calculée selon une formule également connue à la souscription.

Pour calculer la valeur de remboursement du placement à l’échéance, les formules prennent en compte, en général, l’évolution d’un indice boursier ou d’un panier d’actions.

Distinguer capital garanti et capital non garanti

Certaines formules garantissent le remboursement du capital investi à l’échéance et d’autres non. Les placements à capital garanti assurent à l’investisseur de retrouver au moins son investissement initial hors frais, quelle que soit l’évolution des marchés financiers.

Les placements à capital non garanti, en cas de scénario défavorable, n’offrent aucune protection du capital. Le risque est alors maximal.

Certains fonds, dits à « capital protégé », garantissent au moins une partie du capital investi, même en cas de scénario défavorable (par exemple 90 %).

Attention à la sortie anticipée

Avec ces placements, l’application de la formule n’est acquise que si l’investisseur conserve ses parts jusqu’à l’échéance prévue dans la formule. Dans le cas où l’épargnant souhaite demander le rachat de ses parts avant la fin, il s’expose à un risque de perte en capital, même si la formule prévoyait une garantie sur le capital. Il est donc très important, avant de s’engager, d’être sûr de pouvoir bloquer son épargne sur la durée prévue.

Pas de rendement potentiel élevé, sans une prise de risque élevée

Si une prise de risque élevée n’est pas synonyme de rendement potentiel élevé, un rendement potentiellement élevé est forcément lié à une prise de risque élevée.

Certains placements à formule semblent tout à la fois offrir une perspective de rendement intéressant et un faible risque. C’est le cas parfois de ceux dont la formule prévoit des possibilités de sortie anticipée, en cas de scénario favorable. Mais, en contrepartie, si le scénario est défavorable, le capital n’est pas garanti à l’échéance et la perte peut être importante.

L’investisseur doit donc garder à l’esprit que les placements à formule ne peuvent pas faire de miracle : une possibilité de rendement élevé s’accompagne toujours d’un risque élevé.

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