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Retraite au soleil : la Turquie, un nouvel Eldorado fiscal ?

De bonnes nouvelles pour les retraités cherchant un eldorado fiscal au soleil. La Turquie s’apprête à proposer un nouveau régime fiscal attractif. Détails.

Retraite au soleil : la Turquie, un nouvel Eldorado fiscal ? © FranceTransactions.com / stock.adobe.com

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la Turquie apparaît comme un pays aux contrastes marqués, où le coût de la vie est faible pour un Européen. Les récentes dévaluation de livre turque face aux autres devises accélère cette différence de pouvoir d’achat. Si l’inflation est très importante en Turquie, de plus en plus de Français s’y installent pour leur retraite, notamment dans la région d’Antalya. Avec une nouvelle proposition de mesure fiscale favorable aux résidents étrangers, la Turquie entend bien développer l’attrait pour les retraités européens, dont le pouvoir d’achat apparaît élevé par rapport à la population locale.

Vers un nouvel Elodorado fiscal en Turquie

Fin avril 2026, le président turc Erdogan a présenté un projet de régime fiscal attractif pour pour les résidents étrangers venant vivre en Turquie. Ramazan Bicher, associé chez Level International, et Rustam Vakhitov, cofondateur de Academy of BEPS en font la lecture détaillée. Le paquet fiscal turc contient de nombreuses mesures. La mesure phare étant, que pour les particuliers étrangers, la Turquie propose une franchise fiscale totale de vingt ans. Deux décennies sans payer le moindre impôt sur les revenus étrangers, combinés à un taux forfaitaire de 1% sur les successions et les donations. Il s’agit d’une proposition de loi et elle n’est pas encore promulguée en Turquie.

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Retraite au soleil : la Turquie, un nouvel Eldorado fiscal ? © stock.adobe.com

Attirer les capitaux étrangers

C’est, à ce jour, le signal le plus fort indiquant qu’un nouvel acteur est entré dans la concurrence mondiale pour attirer les grandes fortunes, avec la « fenêtre » d’avantages fiscaux la plus longue actuellement disponible sur le marché. Cela est très important pour le secteur. Depuis 18 mois, les conseillers et leurs clients remodèlent leurs stratégies après l’instauration par le Royaume-Uni d’une imposition des revenus mondiaux, le durcissement de facto de la fiscalité en Italie, et la guerre avec l’Iran qui a remis en cause l’attractivité des pays du Golfe.

Retraite au soleil : la Turquie, un nouvel Eldorado fiscal ?
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L’essentiel : 20 ans, zéro impôt. Mais avec des nuances

Quelle est l’essence de la proposition ? Le mécanisme est simple. Un particulier qui n’a pas été résident fiscal de Turquie au cours des trois années civiles précédant son déménagement ne paiera pas d’impôt sur les revenus de source étrangère pendant 20 ans. Il est prévu d’exonérer les dividendes et intérêts provenant de sociétés et de comptes étrangers, les plus-values sur titres cotés sur des bourses étrangères, les revenus locatifs de biens immobiliers situés à l’étranger, les prestations de fonds de pension étrangers, les redevances (royalties) et les revenus d’activité salariée exercée hors de Turquie.

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Cette proposition ne comporte aucune exigence minimale d’investissement.

Il ne faudra payer des impôts que sur les revenus de source turque — salaires versés par un employeur turc, bénéfices d’une société turque, revenus de la location d’un bien immobilier à Istanbul ou à Antalya. La condition d’absence de résidence fiscale pendant trois ans est le « filtre » clé. Elle exclut ceux qui ne seraient sortis que temporairement du système fiscal turc et exigera des preuves : attestations de résidence fiscale, documents confirmant la présence effective, justificatifs de radiation des registres. Il est important de noter que la période de 20 ans d’exonération ne commence que lorsque la personne devient résident fiscal de Turquie. Pour cela, il faut passer 183 jours au total dans le pays au cours de l’année.

Il est également important que la frontière entre revenus turcs et revenus étrangers nécessite une analyse approfondie avant l’arrivée dans le pays. Cela concerne en particulier les personnes travaillant à distance et prévoyant de vivre en Turquie, les membres de conseils d’administration, ainsi que les dividendes de holdings à structure d’actifs mixte.

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Impôt de 1% sur les successions : une révolution silencieuse

Une disposition encore plus importante pour de nombreuses familles est le taux forfaitaire de 1% sur les successions et les donations. La Turquie propose de l’introduire à la place du barème progressif actuel. Le taux standard dans ce pays atteint 10% sur les successions et 30% sur les donations dans les tranches supérieures du barème progressif.

Cette proposition n’a pas d’équivalent en Italie, en Grèce, au Portugal ni aux Émirats arabes unis : ce régime de droits de succession et de donation à 1%, applicable pendant 20 ans, conjugué à l’exonération d’impôt sur le revenu, constitue la caractéristique la plus distinctive de la nouvelle réforme fiscale turque du point de vue de la planification intergénérationnelle.

Pour une famille envisageant la résidence turque avec des actifs offshore de 50 à 500 millions de dollars, l’écart entre un régime progressif et un taux forfaitaire de 1% correspond à la différence entre une refonte complète du plan successoral et un ajustement modéré. Les testaments rédigés sur la base de la fiscalité successorale turque standard, les trusts offshore mis en place pour éviter l’impôt turc, les plans de succession couvrant plusieurs juridictions — tout cela mérite une nouvelle analyse.

Comment la Turquie se compare à ses concurrents

Dans l’ensemble, la proposition turque surpasse presque tous les concurrents européens en termes de durée. Voici quelques exemples : l’impôt forfaitaire italien pour les nouveaux résidents prévoit une exonération des revenus étrangers jusqu’à 15 ans, mais impose une contribution annuelle de 300 000 €, relevée cette année de 100 000 €.
Le régime non-dom en Grèce s’applique pendant 15 ans — avec une contribution annuelle de 100 000 €, et un investissement unique de 500 000 €.

Le régime portugais IFICI prévoit une exonération des revenus étrangers pendant 10 ans sans redevances, mais le pays applique des critères d’éligibilité. Ils sont fondés sur les types d’activité, ce qui réduit sensiblement le nombre de candidats.
En Suisse, un impôt forfaitaire (lump-sum) est en vigueur sans limitation de durée pour les étrangers fortunés. Il est négocié au niveau des cantons, et l’assiette est déterminée sur la base des dépenses annuelles du contribuable et de sa famille. Le seuil minimal de dépenses commence à 435 000 francs suisses (minimum fédéral pour 2026 ; à Genève, il est de 500 000 francs, et dans le canton de Vaud — 450 000 francs).

Ce qui est proposé aux entreprises : un horizon de planification à 20 ans

L’impôt sur les sociétés pour les producteurs-exportateurs a été abaissé de 25% à 9–14% (baisse permanente du taux, non limitée à une période de 20 ans). Il s’agit d’un pas radical pour attirer des investissements directs étrangers dans la production. Les exportateurs de logiciels, de jeux vidéo, de services de tourisme médical et d’éducation, d’ingénierie, de design et d’architecture sont totalement exonérés d’impôt sur les bénéfices pendant 20 ans. Actuellement, 80% de leurs bénéfices ne sont pas imposés.

Les entreprises enregistrées au Centre financier d’Istanbul (IFM), ouvert il y a trois ans, bénéficient d’un impôt sur les sociétés pratiquement nul sur les revenus du commerce de transit et des activités d’intermédiation, ainsi que d’une déduction de 95% pour les mêmes activités exercées en dehors du centre.

Les entreprises transférant des fonctions de siège régional à l’IFM obtiennent une exonération d’impôt sur les sociétés pendant 20 ans et une déduction de 95% — en cas de transfert du siège vers d’autres régions de Turquie. Les employés de ces sièges régionaux, sous certaines conditions, bénéficient d’une exonération d’impôt sur le revenu pour un revenu mensuel allant approximativement jusqu’à 3 000 dollars (quatre fois le salaire minimum en Turquie).

En outre, la Turquie envisage une nouvelle — huitième — phase du programme d’amnistie des capitaux. La « fenêtre » de 2026 permettra de rapatrier dans l’économie turque des liquidités, de l’or, des titres et des cryptoactifs détenus à l’étranger, à un taux préférentiel de 2–3%.

Le facteur Golfe et le facteur temps

La nouvelle offre fiscale généreuse de la Turquie n’apparaît pas par hasard. La guerre avec l’Iran cette année a non seulement causé d’importants dégâts aux infrastructures du Golfe et provoqué un choc sur les marchés des matières premières, mais elle a aussi suscité l’inquiétude des personnes fortunées qui choisissaient de s’installer principalement aux Émirats arabes unis, mais aussi dans d’autres pays riches du Golfe, précisément sur l’hypothèse d’une stabilité de la vie sur place.

En conséquence, des dizaines d’entreprises opérant dans les pays du Golfe envisagent déjà de transférer une partie de leurs activités vers le Centre financier d’Istanbul, rapporte Reuters en citant le directeur du centre, Ahmet Ihsan Erdem. Au total, en mars et début avril, environ 40 entreprises d’Asie et des pays du Golfe ont tenu des réunions avec des représentants de l’IFC.

Si l’on ajoute à cela la suppression du régime non-dom au Royaume-Uni, qui met sur le marché des alternatives un groupe important de personnes fortunées, le choix du calendrier apparaît stratégique.

La Turquie mise sur des personnes fortunées que les pays du Golfe, le Royaume-Uni et une partie de l’Europe du Sud ont soit déjà perdues, soit risquent de perdre.

Dans son discours à Istanbul, Erdogan a présenté la Turquie comme une « île de stabilité » et comme l’un des grands pôles de l’ordre mondial multipolaire en formation — des formulations délibérément choisies pour un public envisageant un déménagement lors d’une année agitée.

Ce qui changera dans le programme de citoyenneté par investissement

L’exonération de 20 ans de l’imposition des revenus étrangers, combinée au programme existant d’obtention de la citoyenneté turque par investissement, requiert une attention particulière. Le passeport turc offre un accès sans visa à environ 116 pays. Le programme de citoyenneté par investissement (CBI) exige un investissement de 400 000 dollars dans l’immobilier avec une interdiction de revente pendant trois ans, ou de 500 000 dollars dans des instruments alternatifs.

Cependant, les titulaires de la citoyenneté via le CBI étaient auparavant soumis à un impôt progressif sur le revenu de 15–40% sur les revenus mondiaux, et les conventions de non-double imposition n’assuraient qu’une exonération partielle des revenus.

Il est supposé que la nouvelle réforme fiscale éliminera totalement ce problème pour les nouveaux résidents.

La formulation finale de la loi déterminera si les demandeurs de citoyenneté via le CBI, qui n’étaient pas auparavant résidents fiscaux de Turquie, pourront prétendre à l’exonération. Cela influera sensiblement sur la nécessité de planifier conjointement ou séparément l’obtention du passeport et la résidence fiscale.

Ce qu’il faut prendre en compte et faire dès maintenant

À ce stade, cette réforme fiscale n’est qu’une proposition. Le ministre turc des Finances et du Trésor, Mehmet Simsek, a déclaré le 27 avril à Ankara que le paquet fiscal serait prochainement soumis au parlement — la Grande Assemblée nationale — et présenté à l’avance à la communauté d’affaires. C’est une raison de ne pas agir prématurément. Il est important de comprendre que toutes les conditions finales ne seront claires qu’après l’adoption de la loi et la publication des communiqués correspondants au Journal officiel.

Bien sûr, il faut aussi tenir compte des réalités économiques du pays — inflation élevée en Turquie (le taux annuel en mars s’est établi à 30,87%), livre volatile et contrôle strict des changes, en particulier s’il s’agit de transférer de gros montants. En outre, un horizon de planification de 20 ans comporte en soi des risques de changements politiques possibles.

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