Réforme de l’assurance-vie 2018, #pacte et orientation de l’épargne vers les PME : les épargnants exclus des réflexions ?

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Le gouvernement semble se diriger tout droit vers un nouveau fiasco pour cette réforme de l’assurance-vie 2018. Après l’échec de l’euro-croissance du gouvernement précédent, cette nouvelle tentative dl’orientation de l’épargne vers les PME semble tourner à la décision unilatérale. Les intérêts et objectifs des épargnants ne sont que peu considérés. Antoine Delon, Président de LinXea, publie une tribune à ce propos en soulignant les incohérences de cette démarche.

Antoine Delon, Président de LinXea, a publié cette tribune le 9 février 2018.

L’épargnant a-t-il encore son mot à dire dans ses choix et options sur l’assurance-vie ?

Dans le débat sur la réforme de l’assurance vie, relancé avec agilité derniers jours par le gouvernement, on constate que le compte n’y est pas et que l’épargnant reste le grand absent du projet. Les politiques mènent la danse, les entreprises vers qui Bercy entend réorienter l’épargne des français sont courtisées, et les banquiers comme les assureurs, récemment conviés en colloque à l’Assemblée Nationale, ne cachent pas leur enthousiasme.

Tous s’entendent donc bien pour décider à la place de l’épargnant. Je constate même que Bercy envisage ni plus ni moins une refonte choc des fonds en Euros pour leur substituer des placements longs et productifs. Avec pour seul argument que les nouveaux supports seraient beaucoup plus performants.

Habile proposition mais dénouement aléatoire ! D’autant qu’ils restent à ce jour beaucoup plus risqués. Je vois trois objections à cela :

  • Jamais les souscripteurs n’accepteront de voir leur épargne bloquée pendant près de dix ans, avec l’impossibilité de disposer de leurs fonds en cas de coup dur ;
  • Jamais les épargnants n’entreront dans une logique libérale pour faire grossir l’enveloppe d’aide au développement des entreprises françaises juste pour la bonne cause, aussi nationale soit-elle ;
  • Jamais les petits épargnants ne se déferont de leur réflexe de bon père de famille en risquant leurs deniers.

Le Conseil des Prélèvements Obligatoires peut, fort opportunément, apporter son soutien à cette croisade en recommandant de fiscaliser davantage l’assurance-vie, ce sera vain.

L’expérience nous rappelle que les français n’aiment pas les placements à risque

Lancée sur de telles bases, cette énième réforme de l’assurance-vie provoquera immédiatement la colère des épargnants et ajoutera de la méfiance quant aux produits proposés. Ce projet s’attaque à une liberté fondamentale, celle de pouvoir opter pour un placement sécurisé. C’est inacceptable et grave ! Le gouvernement doit comprendre qu’on ne peut pas forcer ainsi la main des français pour les contraindre à choisir des placements plus risqués. Qu’il ne s’y trompe pas : mettre fin aux fonds en Euros tels qu’ils existent aujourd’hui en imposant d’autres supports, fera rapidement fuir l’épargnant. C’est un risque réel.

J’ajoute qu’il est faux de marteler que l’assurance-vie ne rapporte rien, n’en déplaisent à certains élus. Evidemment que le fonds en Euros rapporte moins dans les réseaux bancaires, par contre il est toujours facile de trouver des fonds en Euros très performants sur le net ainsi qu’auprès de Conseillers en gestion de Patrimoine.

C’est aux professionnels d’investir dans les PME et les ETI. C’est à eux d’assumer les risques et non de les faire assumer à l’épargnant. D’ailleurs les chiffres sont probants et sans ambiguïté, si les banques et assurances investissaient ne serait-ce qu’1% de leurs fonds en Euros, cela ferait déjà 13 milliards pour les entreprises Françaises.

La France dispose d’une épargne dynamique et importante, notre système fonctionne. L’épargnant français -le grand oublié du débat actuel- est même très avisé : il veut de la liquidité, de la sécurité, un peu de rendement et ne pas avoir à s’en préoccuper.

L’assurance-vie est la seule propriété des épargnants

L’interventionnisme d’Etat ne doit pas tromper le système. L’épargne des Français ne lui appartient pas. L’assurance-vie est la seule propriété des épargnants.
Il est donc fondamental qu’ils conservent leur liberté de choix.

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