Gironde : l’Etat va faire désamianter l’immeuble côtier symbole de l’érosion

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L’État va prendre à sa charge le désamiantage du Signal, un immeuble de Soulac-sur-Mer (Gironde) menacé par l’érosion côtière, dont les propriétaires réclament aux pouvoirs publics une indemnisation depuis leur évacuation en 2014.

Gironde : l’Etat va faire désamianter l’immeuble côtier "symbole de l’érosion"

Le préfet de Nouvelle-Aquitaine Didier Lallement aannoncé mardi que l’État, en une "procédure inhabituelle", prendra à sa charge le désamiantage de cet immeuble de 78 appartements, pour empêcher la "catastrophe écologique" d’une "gravité extrême" que constituerait son affaissement soit "12.000 tonnes de gravats contaminés à l’amiante" dans la mer et sur la plage de Soulac, station balnéaire courue du Médoc.

L’immeuble de quatre étages, construit en 1967 à 200 mètres du rivage, n’est plus qu’à 10-12 mètres, sur une petite dune prête à s’effondrer, sous l’effet de l’érosion naturelle du littoral, et à la merci de fortes tempêtes successives, comme celles de l’hiver 2013-2014.

"Personne ne peut savoir combien de temps il tiendra en l’état pas un expert n’a pu me garantir qu’il ne tomberait pas", a insisté le préfet. Dès lors, l’État, appréciant "le risque sécurité", se substitue àqui le désamiantage incomberait, —la commune, qui l’imputerait aux propriétaires— mais "ne leur enverra pas la facture", qu’il pressent en "centaines de millets d’euros".

Les 75 propriétaires ont été évacués en 2014 par arrêté préfectoral, mais pas indemnisés. Ils ont été déboutés depuis en justice de leurs demandes de faire reconnaître l’érosion dunaire au titre des risques naturels donnant droit à indemnisation, comme la submersion marine ou les mouvements de terrain.

Le désamiantage prendra des mois, entre procédure administrative, études, renforcement de la dune par apports de sable, —"non pour pérenniser Le Signal mais pour le sécuriser pendant les travaux"—, puis désamiantage proprement dit, fin 2018-début 2019. Le préfet espère le tout bouclé au printemps 2019.

Pour la démolition définitive, pas d’échéancier encore. La question ne se posera qu’une fois qu’auront abouti "les négociations en cours sur le plan national" sur l’indemnisation des propriétaires, a rappelé le préfet.

Le 5 juin, des représentants des copropriétaires ont été reçus pour la première fois au ministère de la Transitionécologique, avec le député (LREM) girondin Benoît Simian, qui a salué mardi "les premières mesures concrètes" avec l’annonce du désamiantage prochain.

En parallèle, une proposition de loi sur l’évolution du trait de côte et la question de l’indemnisation est en préparation pour l’automne, qui devrait couvrir le cas exceptionnel des infortunés propriétaires du Signal, doubles perdants de l’érosion.

"L’État et Nicolas Hulot en particulier sont très attentifs à la situation" du Signal, a assuré le préfet mardi à la presse. "On est convaincus que l’Étatveut régler le dossier", a déclaré Vincent Duprat, copropriétaire reçu au ministère, qui reste toutefois inquiet "pour le niveau d’indemnisation, et les délais".

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