Investir autrement : le grand boum du marché de l’art contemporain auprès des Chinois et des Américains

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En période de crise, les placements tangibles ont la cote. L’art contemporain n’échappe pas à cette manne de liquidités prête à être investie sur des oeuvres tendances. Le marché de l’art contemporain a dépassé 2 milliards de recettes sur un an, mais en France, ce marché ne décolle pas véritablement. Ce sont les Chinois et les Américains qui se battent pour acquérir les oeuvres et font ainsi grimper les prix.
Investir autrement : le grand boum du marché de l'art contemporain auprès des Chinois et des Américains
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Jamais le marché de l’art contemporain aux enchères ne s’est si bien porté : dopé par un accroissement considérable de la demande et la rivalité entre Chinois et Américains, il a franchi la barre des 2 milliards de dollars de recettes sur un an.

Un marché de l’art en plein boum

Entre juillet 2013 et juillet 2014, le produit des ventes aux enchères publiques d’art contemporain (artistes nés après’45) a atteint 2,046 milliards de dollars (1,5 md d’euros), en hausse de 40% par rapport à la période précédente (+ 34,3% en euros), a annoncé mardi en exclusivité à l’AFP Artprice, numéro un mondial des données sur ce secteur.

Sur la décennie, le chiffre d’affaires a progressé de 1.078% et les prix de 70%.

Symbole de la vitalité du haut de gamme, un "Balloon Dog", une des créations les plus populaires de l’Américain Jeff Koons, est devenu le 11 novembre 2013 l’œuvre contemporaine la plus chère du monde à 58 millions de dollars.

Pas moins de 58.405.000 dollars, adjugé chez Christie’s, pour ce ballon dog orange de Jeff Koons. De dimensions impressionnantes, plus de 3 mètres de large et 3m60 de haut ! Il existe aussi en bleu, magenta, rouge et jaune.

Les investisseurs français peu présents sur le marché de l’art, 2% du marché !

Malgré les records réalisés par les artistes américains, la Chine a devancé les Etats-Unis avec 40% du marché mondial, soit 811 millions de dollars contre 752 millions pour le rival américain (601 millions d’euros contre 552 millions). Au coude à coude l’an dernier, les deux grandes puissances réalisent ensemble 78% des recettes mondiales, contre 15% pour la Grande-Bretagne avec 316 millions de dollars (231 millions d’euros ) et seulement 2% pour la France avec 35,9 millions de dollars (26,3 millions d’euros) !

Marché de l’art : un engouement développé avec la crise

Le placement dans l’art contemporain a explosé avec la crise financière. Le besoin d’investir ses capitaux dans des biens tangibles et la méfiance envers les placements financiers sont de véritables moteurs pour le marché de l’art.
"Ce qui est historiquement important, c’est de remarquer que l’art contemporain, de’70 jusqu’à la fin des années 90, était le maillon faible de la chaîne du marché de l’art", a commenté à l’AFP Thierry Ehrmann, président et fondateur d’Artprice.

Or, cette fois, malgré la grave crise économique et financière, il "a non seulement parfaitement tenu, mais s’est aussi affirmé comme un segment majeur".

"La demande s’est considérablement accrue" (....) et il se vend cinq fois plus d’œuvres aujourd’hui qu’il y a dix ans à des prix comparables, souligne Artprice. "Nous sommes passés des 500.000 grands collectionneurs d’après-guerre à 70 millions d’art consumers, amateurs et collectionneurs", souligne M. Ehrmann.

Investir autrement : le grand boum du marché de l’art contemporain auprès des Chinois et des Américains

22% du marché mondial détenus par trois artistes

Treize pièces contemporaines ont dépassé les 10 millions d’euros -* il n’y en a eu que quatre sur les 12 mois précédents et 26 sur l’ensemble de la décennie. 179 enchères ont dépassé le million d’euros, soit une hausse de 61% par rapport à la période précédente (elles étaient neuf il y a dix ans) et 3.663 artistes ont vu leur record personnel battu pour une œuvre.

A eux seuls trois artistes, tous américains, Jean-Michel Basquiat (décédé en’88), Jeff Koons (59 ans) et Christopher Wool (né en’55) représentent 22% du marché mondial de l’art contemporain et 10 des treize adjudications à 10 millions d’euros.

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